XI. Cùntenatùm d^Mé m ffmuer, exprès son ^traeUon dusiio
Le procès-verbal de la dernière visite du silo a indiqué Vétat dans leq[uel
se trouA'ait le blé à sa sortie du silo.
LaCommission,en rendant compte des espériences de mouture, a déjà eu l'occasion de dire que la totalité du blé extrait du silo avait été transportée dans le magasin de la Limerie, et que ce transport avait été terminé le 6 juin. Cinq jours après, le 11 juin, et A, l'occasion du prélèvement des 3,000 kilogrammes de blé destinés à la mouture, la Commission a procédé à une première visite de la masse totale et a déteni iii'' le poids à l'hectolitre par trois pesées qui ont donné une moyenne de 7"'',31G. Le blé était en bon état, frais, coulant à la main, et avait toujours cette odeur particulière que la Commission ne peut pas préciser.
Le 22 juin, la Commission a procédé .à une seconde visite. Le blé était net, frais, brillant et coulant à la main, et il avait toujours cette odeur spéciale constatée par la Commission, quoique à un degré moins prononcé. Dans l'intorvalle des deux visites, le blé avait subi un pelletage par jour ; mais, eu raison de rexigu'ité du magasin par rapport à la masse totale du
246 BXPBRSBNOBft W Là MARIIIB.
b!é qui y était eiiiermé, le Lié était resté étendu en une cnurho <\f 1 mètre d'épaisseur, et le pelletaere n'avait pu élre l'ait dans do b<»iiueb tuaditions. Afin d'uLtenir un uérape complet, la Commission a décidé qu'on ne con-» servepait dans le nia^'asin que 0,00o kilDgranimei de blé, que ce blé serait placé en une couche de 0"»,50 d'épaisseur, quMl subirait un peiletago par jour, pendant quinze jours, et que, ce délai expiré, Userait procédéà une dernière visite, qui serait la clôture des opérations de la Commission.
La densité du blé a, du reste, été déterminée par trois opérations qui ont donné les résultats suivants :
Indication dei po86ea>
Poidi brui.
Tare.
PQida net.
Première pesée. .
Hk,330
Deuxième pesée . .
Troisième peijée. .
il ,330
|lo]feime
Enfin le 7 juillet, la Gonunissian s'est réunie po^ nmûxm dor-t liièif) fois les 6,000 kilogrammes de blé qui étaient restés en expérienc0; elle a trouvé que ce blé avait perdu toute odeur étrangère, et qu'il se trouvait en parfait état de conservation. £Ue a détermiiié sqa poids h llisi^Utre jtge trois opérations qui ont dinMlé les résvilUt9â*apri» :
Prenlèn pwéa. fM» brnl. Tafe. PaUi mu
Première pesée. . m,^Q{i lik,3S0 T7»,B80
Deuxièoie pesée. . 89 ,000 H ,330 77,650
Troisiènie pesée. . 99 , m 41 ,3S0 71,770
En résumé, la Cimmussiun déclare à l'unaniraité quu lo blé extrait du silo s'est comporté parfaitenieul dans» le magasin de la Limerie, qu'il a perdu entièrement l'odeur spéciale qu'il a\'ail à sa sortie du silo; c|u'il Cbt resté frai;;, coulant à la main, brillî^nt, et qu^il est, ^n \\n mol, dans un état parfait de conservatiun.
Les variations du poids de rhectolitre constituent enfin un dernier point intéressant à constater.
Au sortir du silo, on a £ût de nombreuses déterminations ; le minimum a été trouvé de 74,93 -, le maximum de 77,430. A était impossible de dé-dnire me moyenne des dWeis ? ésultats obtenufi^ et la CommiseLÔn a*était bornée alors & conolure que le poids moyen était inféiieui h celui qui avait été trouvé lors de l'ensilage (77'',870)j, mais supérieur h celui qoA avait été trouvé pour le blé de la Limerie (76i'^OS3).
POUT de CHERBOURG.
Le poids spécifique du blé n'a fait qu'anf^mcntcr par suite de Voxposition à Tair, aiaii ^ue l'avait prévu M. Ooyèie, Ou a trouvé^ m eUât :
Le H juin 77'',3iti
Le 22 juin 77 ,567
Bik 7 juillet. . . . 77^057
Ce demidr résultat diffère trop peu de celui qai avait été trouvé lors de l'ensilage, pour qa'îl soit possible d'en tirer une oondusion défovorable au système de M. Doyèie.
La Commissbiij en conséquence, déclare à l'unanimité que l'ensemble dos expériences qu'elle a été appelée à faire établit d*une manière incontestable le succès compU i du silo d'essai construit à Cherbourg et la supériorité du système de M. Doyère sur le procédé ordinaire de eonservation des. blés en greniers.
Il reste, enfin, à la ComuiissiiMi, avant de clore ses proc&s- verbaux, à enregistrer les résultats fournis par les analyses de laboratoire.
Ces analyses ont été effectuées sur les échantillons ci-après :
i o Echantillon du blé ensilé prélevé à l'époque de Tensilagepar M. Doyère, le 20 janvier 18o8.
2® Echîintillou du blé déposé dans le magasin de la Limerie prélevé h la clôture des expériences, le 6 juin 1860» au nnuiient de l'envoi an moulin.
Echantillon de Mé extrait du silu, le 0 j\nn, et trajisporté immédiatement rti moulin, prélevé, le 7 juin 1860, au rnouliu, au moment où «jn a commencé la mouture de ce blé.
4* Echantillon de blé extrait du silo, et prélevé le i i juin 1860, au moment de Teavoi au moulin, après six jours d'aéragc et do poUotago.
5* Echantillons de farines prélevés au moulin sur les types de farines épurées & 20 pour 1 00^ obtenues avec les trois espèces de blé en expérience.
H. Doyère a communié à la Commission le résultat de ses expériences personnelles, dans les deux lettres ci>après, adressées au Président de la Gonmiission.
Paris» i 5 iuin 1860.
«Monsieur le Président,
« La détermination que je viens de faire de l'humidité des blés et farines « dont les échantillons m'ont ét^ remis jusqu'à ce jour m*a donné les résul- « tats suivants :
' VoîT, page 202, les mêmes r'^snlints avec des détails plus précis rel;Uivement à l'origine des é^antUlons et complétée pat (juelqaes autres termes de comparaison. L. D.
BXPéftlKNCBS DB LA. MARINB
Kau p. ioo.
|o Blé pris lors du remplissage du silo 17^^51
2*» Blé de la Limerie 16 ,58 •
3** BU du silo envoyé immédiatement au moulin, il ,12 4*» Farine du précédent à 20 pour 100. i ... . 15 ,60
« Css résultats me paraissent conduire déjà à quelques conclusions digues « d'intérêt.
« Ainsi, la perte de 2,17 pour 100 (130 kilogrammes sur 8^004 kilo- « grammes) éprouvée par le blé de la Limerie n'est pas simplement nne « perte d'humidité, puisque ce blé A perdu moins de 1 pour 100 d'eaa. Il « s'y est donc passé un tmirail intérieur, une fermentation qui a enlevé une « portion de la substance nutritive. Ainsi s'explique le fidt si anormal en « apparence d'une diminution de la densité eorrespondant & une diminution « dans le poids total.
CI Le blé envoyé immédiatement au moulin renfermait un peu moins « d'humidité (0>i pour 1 00) que le blé primitif ; mais^ outre que cette difTé- ' « rence est très-faible, û £iudra peut-être l'expliquer par les déplacements « jd'humidité qui ont dû se fidre dans l'intérieur du silo. Il me parait diffi- « elle d'admettre que les iSBrmetures ont permis une déperdition d'eau qui m s'élèverait à SS kilogrammes pour la totalité du blé ensilé.
«D'un autre côté pourtant, le silo a été ouvert et refermé huit à dix fois ; « à chaque opération une partie du blé a été extraite et exposée à. Tair ; dans « la première visite, le blé extrait est resté sur plancher pendant une se- « maine avec un pelletage joumalieT. Peut-être ces diverses circonstances « sont-elles entrées pour une part dans le déchet de 67 kilogrammes dont il « reste encore â trouver Toxplication complète.
« ,lp TOUS demande la permission, monsieur le prr~ident, d'ajouter quel- « ques mots sur cette détermination d'humidité et sur les chiffres qu'elle m'a H donnés. Ces chiffres, comparés à ceux qui seront fournis par M. lo pharma- « cien en chef chargé des analyses, pourront se trouver un peu forts, et il « m'importe de montrer que cet excès probable, s'il vient à se réaliser, ne sera « pas le résultat d'une erreur de part ni d'autre, mais d'une différence dans m le mode d'opérer. J'ajoute cju'il ne devra pas influtmcer notablement les " rapports des humidités entre elles, ni, par conséquent, les conclusions « auxquelles leur comparaison doit conduire.
M L'importance qu'ont eue les données relatives à l'humidité du blé, dans M mes recherches, m'a fait adopter les procédés que j'ai reconnus comme « les plus susceptibles de donner des résultats absolus, et, par conséquent, « toujours rigoureusement comparables entre eux.
n Bn principe, je chaufTe les blés jusqu'à ce que douze et même vingt- « quatre heures de prolongation du chauffage ne leur fassent plus rien perdre.
« Cette siocité absolue serait impossible à obtenir pratiquement sur des
« quantités tant soit peu fortes et avec 100 degiés èb tempézatafe'soulement; « il faudrait peutFétre huit jouis de chauffage. J'opère sur I à 2 ^mmes tt de bU seulement, et à une température de U 0 à i 1 2 degrés, maintenue « constante au moyen d'un bain de chlorure de calcium marquant 38 de^ (c grés à r&réomètre de Baumé. (Densité : 1^350.) Je ne £ais, du reste, re- (c lativement aux (Quantités de blé et à la température^ que me conformer aux M règles suivies par MM. BoussingauU et Péligot, dans leurs importants '« travaux sur les grains et .leurs produits. J'ajoute que mes résultats se sout m toujours montré parfaitement d'firrord avoc les leurs.
« .l'ôvite avec -^«Mn '[in' los blés reprennent dp rhumiditô aux dépens" d»; a latmosphert' durant les pesées, ce quMls font avec assez de rapidité ]i'-mr « pouvoir causer des erreurs graves. Pour cela je sèche le blé daus des « capsules que je i'erme avant de le<? retirer de l'étuve, et je ne pèse ces « capsules qu'après les avoir refroidies daus le \ ide sec.
«Les chiffes quej^ai l'honneur de vous transmettre si ait l et. moyennes « de deux opérations daus (.hacime desquelles j'ai desséché deux échantil- « lotis de chaque blé. Les plus grandes difTérences ne sont piis allées à 'A niil- M lièmes. J'ai donc toute raison de croire mes résultai exacts relativement « aux conditions dans lesquelles je me suis placé.
« J'ai Thoaneur, etc., etc.
« Siyiié : L. Doyère. »
Vw copie oonlbnM :
U Préiident de la CommlstioD,
Signé : db Castellànb.
Paris, 20 jaln 1860.
«Monsieur le Président,
« J'ai l'honneur de vous adresser les résultats de U détermination d'hU' « midité que je viens de &ire sur les échantillons de blé et de produits « qui m*ont été remis au moulin de la Bruyère, samedi dernier; U série « des humidités comparées se trouve ainsi complète.
Farine du blé de la Limerie 15,21
Blé du silo aéré et pelleté jusqu'au il juin. i 6,85
Farine du même 15,52
a Veuillez agréer, eUi,, etc.
« Signé : L. Dovinui. v
D'un autre c^^té, conformément à l'avis émis par la Commission, daus la séance du 1 " juin, et sur la demande de son président, M. le préfet maritime a chargé M. Be^^non , pharmacien en chef de la marine, de ffl^re les analyses qui lui seraient demandées. Le président de la (Commission a, en consé-
250 EXPÉRIEMCKS DE LA MARLNE.
quence^ adressé à M. Beanou 1^ éehfntiUons de blé et de farine énumérâl ci-
dessous, avoc prière de déterminer : 1* l'humidité des blés et des farines; 2" la quantité de gluten contenue dans les farines. Les doux lettres ci-dessus do M. Doyère ont été, du reste, ronimuni(|iiéos à M. Besnûu, qui a Mteoilluitid an ces temaa les résultats de sou travail.'
MoDsieiir le Président^
.l'ai rhoimeur de vous adresser les résultats des essais que vous m'avez demandés par votre lettre du 18 courant :
Blé pris au moment 4d Pensilage. • . . 16,17
Blé provenant du flilo 18>$0
Blé provenant du silo aéré et fpellefé. . 16,00
Blé de la Umerie 1B>17
Farines de blé du sUq if^^iO
Farines de blé du silo aéré et pelleté. . 1S,50
Farines de blé de la Limefîe is,80
Gluten.
Farines du silo 9,20
Farines du silo aéré et pelleté. 0,20 Farines de ia Liraerie. . . . 9,76
Âgpréei, etc..
Signé : Besnou.
Les divers fésnltsls obtenus se trouvent classés et résumés dans le tableau suivant :
HUMlDlTi DttVàftIKBS GlUteo
«swtaks na. A «0 f». iw. &m totoes
Mtmw DIS atiHt .i-i,^ ^ .„ ■ — ^ r ios
•aivant auivaot suivaitt suivaui suivant M. ll«m«a. M. Doyére. M. b«mioii. M. Doyire. V. Benott.
Blé à répoque de l'ensilage. 16,47 17,51 » » »
Blé de la Liroerie 15,17 16,58 18,80 15^1 9,76
Blé du siln immédiatement
après son extraetion. . . 1S,S0 17,12 19,10 1S,60 9,20
mé du sHo aéré et pelleté. . 16.00 16,85 15,80 15,52 9,20
On voit que les chiffres donnés par M. Doyère no concordent pas entièrement avec ceux qui ont été o])tcnns par M. Besnou.
!l n'appartient pas à la Commission de donner une appréciation romparative des travaux cpii lui ont été communiqués. Sou but essentiel est d arriver ù l'expliration des phénomènes qui ont |.u se produire dans le blé ensilé et dans le blé du magasin de la Limoric, et, sous ce rapport, si les
chiffres absolus donnés par MM. Besnou et Doyère n6 «ont pas les mêmes,
leur comparaison conduit aux m^mes conclusions, et lés explications données par M. Doyèro paraissout plausibles. La Commission, en terminant,, se bornera h faire nljserver que, suivant M. Duy.' i-e, le blé extrait du sili a perdu de l'humidité par suit*' de l'exposition à l'air, et que ce résultat est plus en rapport avec raugiueiitation constatée du poids doTiiectolitre que le résultat inverse obteuu par M. Besuou.
ChariMvrg, le 95 JniUat mû.
Les membres de la Commission :
Sigm : de Casteliane, président. Ch. LbSe>.s, Kuj;. Faiicï Wasbe^ le garde-magasin des subsistances^ Davy.
Vu, l'Inspecteur adjoint,