‹ Conservation des grains par l'ensilage. Recherches et applications expérimentales faites depuis 1850 pour démontrer la conservation des grains par l'ensilage souterrain hermétiqueChapitre 6 sur 67 · EN ESTRAMADURE · texte numérisé non relu

EN ESTRAMADURE

instruits^ d'Almendralejo que la terre de leurs silcrns nr^ donne par les acides qu*une efTervescenoo nulle ou insignifiante, et qu'elle ne peut aTOÎr en quelque sortn rion de commun avec la {•ierre dont on obtient la chaux. Mais je ne me tlatte pas dr les avoir rimvaiiu us. Il y a là une do rns erreurs dont on no vient pas à l'.out par des e.xpérieiiees de chimie. La chaux joue ici probaljlement dans les imaginations le rûle d'un acrent consorvaleur en vertu de quelque force inconnue des physiciens, comme celle que l'on s'est hâté d'attribuer, chez nous, d'une manière plus générale et plus vague encore, au sol lui-même *.

La conservation du blé dans les silos de la Tierra de los barros n'est point due à une influence particulière du sol ou de Tun de ses éléments géologiques; elle a sa cause dans deux conditioos toutes physiques et parfaite* meni appréciables : l'extrême siccité du grain et le peu de perméabilité des terrains spéciaux des sileras pour l'air et pour l'humidité.

Les grains ont en Bspagne un degré de siccité plus élevé que partout ailleurs en Europe, proibahlement, et même qu'en Algérie. Cette particularité se rattache à Tusage général que l'on y fait de la paille réduite presque en pouasi&re et même passée au crible, pour la nourriture du bétail. Mélangée avec de l'orge, cette pûlle piilvi'risée constitue Tunique fourrage^ si ce n'est dans toute TEq^M^e, au moins dans toutes celles de ses provinces que j'ai visitées. Elle passe pour avoir une valeur nutritive d'aulant plus grande qu'elle est plus fine. On l'obtient dans cet état, dont la paille découpée par nos hache-paille ne peut donner aucunement l'idée, en la broyant sous le trillo. C'est une opération qui diffère assez des dépiquages usités eu France pour que je croie utile de la l'aire ci>nnaitre.

Le trillo est une suite do traîneau l'ornu' p.ir îles planches assemblées et relevé eu avant. Après l'avoir fait iurtenieut sécher, un le garnit en dessous de silex tranchants comme des lames de couteau^ disposés longitudinaiemeut,

« L'analyse d*nn échiatinon pris dstts riatériflar d*ini tas de terre retirée a uu ailo «casé depuis Irto-pen de tempe, et desséché spoetenéiMiit à rair libre, m*a domé la

coiDpeBltieii idwite :

Eau. 7,84

Argile 9,70

Silice ou matières insolubles dans les acides. 71,76

Chaux 1,08

Oxyde de Ter 9fili

Acide carbonique 0,00

I! faut s'étonner que Coi; n ail pas allribuc la propriété conservatrice nti fer plutôt qu'ài U chaux. L'erreur eùl clé alors d autant plus> Jusliiiêo que tous les terrains dans lesquels les silos réussissent le mieux, parmi ceux que j'ai eu l'occasion de voir ou qui m'out été aignalis, à Rota, daue le Gharb (Maroc} , à Oran, auprto d'Arbal , i lleilagauen, auprès du village d'Jtboukir, lont forteneiit colorée en rouge eomme le lol de la Iknu d0 ht» bam»,

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en losanges, rt distants^ entre eux, de 1 2 à i 5 centimètres. Pour fixer les silex dons le Lois, après les y avoir implantés, on laisse tremper le trille dans l'eftU pendant un jour ou deux. C'est dans cet état qu'il sert à dépiqtier !e grain et à broyer la paille. Mais pour que celle-ci soit aussi fra^^'ilo ((ue possible, on attend qu'elle soit onfitaeiiicnt sècbo avant dn couper les blés. Aussi la moisson so fait-ell'^ tard en Espagne. J'ai vu des blés encore sur pied le {H noM en traversant la Castillo vieille, et los dépiquages n'étaient pas enticj>'i!icnt terminés depuis plus de quinze jnurs en Hstramadure lorsque j'y tiuis allé, le 1 U septembre. Ou cuupe let> blés à mesure qu'on les dépique. Les blés coupés sont disposés en cercles roncputriqucs sur une airo exposée à l'ardeur du .^uleil, les tiges suivaiit les rayuus des cercles. Puis ou promène le trillo dessus, monté par une femme et traîné par deiu mules. La paille est Remuée et toamée pour eu séparer le grain et ramener à k su^eu» celle qtii est le moins broyée. Tontes ces opénUions se font sons Tardetur du soleil dans des contrées où la température atteint 42 degrés h, Fombre^ et monte au soleil ft 70 ou 80 degrés K On ne peut pas s'étonner après cela d'y rencontrer des gt'ains qui lië contiens nent que 6 à 7 pour 100 d*eau, tandis que ceux que nous appelons secs en Fraiice en contiennent au moins le double. Pour que, dans un silo de SOO hectolitres, le blé de TEstramadure atteignit moyennement la pnportion d'eau qui constitue Fhumidité normale des grains dans la nuritié nord de la France, il faudrait que les parois cédassent 3 mètres cubes d'eau. C'est une quantité énorme, et que pourraient fournir seulement des terrains infiltrés oii l'eau se renouvellerait et circulerait comme dans du sable.

Tel n'est pas le cas d'un terrain peu poreux, s'il est débarrassé de tout acc?'s des eaux soutefraines, et si les eaux, pluviales trouvent à sa surface un écoulement facile. U est nccessairemeut humide^ car toute terre^ en em-

' T.e 5 septembre (îrrnier, à Cordoue, un thermoruétrographe enveloppé de papier blanc, el que j'avais exposé au soleil, est monté à 63 degrés. Voici, en degrés centigrades, les température:) prises ù l'ombre à 1 observaloire de Madrid, du 18 au *20 août, d'après nue note que je dois à l'obUgeance de H. imer Ezquierra del Bàyo.

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nmi dumMiii.

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istireg du soir.

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