‹ Conservation des grains par l'ensilage. Recherches et applications expérimentales faites depuis 1850 pour démontrer la conservation des grains par l'ensilage souterrain hermétiqueChapitre 7 sur 67 · SS · texte numérisé non relu

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l^loyant ee mot par opposition i celui de pierre et même de pierre compacte, l'est partout et toujours ; mais son humidllé n'est plus que eèlle Cjfu'y fait pénétrer l'action capillaire* C'est deFeau qui ne s'y renouvelle et îl*y circule qu'arec une excessive lenteur, de l'eau qui s'échappe des parois d'un silo, non pas par filets ou même par gouttes, mais sous forme de vapetir. La paille interposée absorbe cette bumidité comme les corps hygprométriques absorbent celle de l'atmosphère. Elle s'en sature; puis Im couches extérieures jdu blé s'ea saturent de môme de proche en proche. La pailla et le blé ainsi saturés s'altèrent et se décomposent. J'ai vu, dans des silos, la couche de paille réduite à Tétat do fumier consommé. Mais Thumidité a été arrêtée au passage, et la masse intérieure en a été préser\'ée jusqu'à un certain point. CVst ainsi, et seulement ainsi, que la couche gâtée et pourrie qui se forme au contact des parois des silos en terre est un aj^out de conservation. Mais il est évident, rt on va le voir mieux encore par la suite, que, pour que la conservation l ût parfaite et réelle, il faudrait, avant tout, que cette couche ne se furmàt pas.

On verse ordinairt^ment Id grain dans les silos an fnr et i mesure qu'on le dépique, et sansaucune précaution, ou après avoir répandu seulement un peu de paille sur le fond. Lorsque le dépiquage ost ti rniim^ ou vide le silo, ou étend lo hh; sur une aire et on le pclh' toau soloil pour lui t'airo perdre l'humidité qu'il a déjà pu contracter duraiit sou séjour sous terre. On le nettoie et on le réensile, en l'entourant, cotte fois, avec beaucoup de soin de la couche de paille conservatrice. Ce n'est pas la paille entière que l'on emploie ft cet usage, mais bien la paille broyée par le triUo. il faut un certain art pour qu'elle forme une couche bien séparée du blé et d*une épaisseur partout à peu près uniforme. Si le silo a été trouvé très-humide la première fois qu*on l'a vidé, on le vide encore une fois avant U fin de la belle saisoh. J'en ai vu vider un ainsi pour la seconde fois. 11 était plein d'orge. Le grain était échauffé, et la paille déjà entièrement mouillée. J'en ài tu un autre qui contenait des fèves également très-échauflées. H parait que cet échauffement ne so continue pas au delà d'un certain temps.

Cette première introduction du blé dans les silos est évidemment une pratique qui a pour but d'en préparer les parois par une dessiccation dont l'agent est le blé lui-même. On voit par le dernier exemple que je viens de citer qu'outre le blé et rori;o on y met aussi les légumes secs, qui s'y conservent, assurc-t-on^ pariaitement bien.

En générai ou remplit les silos complètement, et s'il arrive qu'on ne puisse les remplir qu^en partie, les grains s'y échauffent. Cet effet est dù à la température naturelle du vil, qui est, ainsi qu ou le \erra plus loin, très-élevée, et à la i'aciiilé avec laquelle l'air atmosphérique se renouvelle dans la partie des silos restée vide, en filtrant i travers le sol Jesauché qui en constitue lu dnnie, uu la voûte. On ferme les silos partiellcmenl remplis, eu laissant dans leur ûrillce uu conduit eu bois, h'rnié par un lampon.

l'ensilage

et çftti permet d'achever de les remplir plus tard sans être forcé de les ouVrir.

Je suis allé en Estramadure à une époijue n'eût été guère favorable pour l'étude que j'avais à y faire^ si une opération dont il n'est jamais

qiiestion lorsqu'on parle de l'ensilage, et qui y joue un rrMe capital, ne. m'avait offèrt la plus pr<5( ieuse des occasions que je pusse désirer pour étudier, sur une grande échelle, des blés maintenus en silos pendant toute la durée d'une période d'abondance. Les silos étaient pleins et fermés^ et j'eusse proî>ablement obtenu avec beaucoup de peine d'en faire ouvrir quelques-uns dans un ppuI but de recherdies. Mais le mois do septembre est priîicipalenieut le mois de rannce où l'on fait la visite des silos. Cette opération do visiter {regiatrar) les silos m'a fait assister à tous les détails de l'ensilage et montré des blés ensilés à toutes les époc[ues^ depuis et y compris 1847.

Elle consiste à ouvrir les silos pour y constater l'état du grain, et pour le reiuettre sans cesse, en l'aérant, en^ le pelletant et en le nettoyant au soleil, dans l'état où il était lorsqu'on l'ensila primitivement. Cette visite, qui se fait au moins une fois chaque année, se borne au quart supérieur du silo, si le blé est trouvé sec, sain et sans odeur. Il n'y aurait que des inconvénients, dans ce cas, à mélanger la partie préserrée avec la couche périphérique qui ne Test pas, et avec les débris de la couche de paille. On se contente d'aérer et de sécher la portion extraite^ et de la réensiler le même jour. Lorsque, au contraire, l'intérieur de la masse de blé est reconnu atteint par rbumidité et par la fermentation, on vide le silo en entier. C'est une opération qui pour un silo de 500 fonègues (275 hectolitres) exige le travail de six hommes. Un, dans l'intérieur du silo, diarga les paniers ; denx au-dessus de Porifice les montent au dehors en tirant la corde au bont de laquelle ils sont attadiés, et trois autres enfin reprennent le blé que ceux-ci versent en un tas, Tétendent en couches au soleil et le pelldient. Le pelletage qui a lieu dans cette première journée se continue pendant une seconde journée tout entière, et pendant la première moitié d'ime troiaiàme, dont l'après-midi est consacrée au réensilage.

J'ai pu, ainsi que je l'ai déjà dit, étudier cette opération dans tous ses détails, les propriétiire- de silos auxquels je me suis adressé s'y étant prêtés avec un empressement sans égal. L'un d eu.\, D. Pedro Romero Fakon, a poussé la complaisance jusqu'à faire visiter l'un de ses silos à mou choix, et eu mettant ses hommes à mon entière disposition, pour que je fusse plus à l'aise dans les recherches que je pouvais avoir à faire. Je désignai un silo de 500 fanègues (27u hectolitres', rempli depuis 1848. C'est dans cette visite, dont j 'ai eu en quelque sorte la direction^ qu'ont été faites les observations que l'on va lire.

J'ai été surpris du peu d'épaisseur que l'on donne à la couche de terre qui protège supérieurement le grain ensilé contre l'action du soleil et de l'almosph^. Lorsqu'on a enlevé la petite émmeaiob de terre de 20 à 30 cen-

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timètres de hauteur élevée au-dessus de l'orifiGe^ et vidé la chambre profonde de 1 5 à 20 centimètres qu'elle reeouvre^ on lencantre ia dalle qui ferme le silo, et immédiatement au-dessous le grain, recouvert aeulement d'une assez mince couche de paille. Le grain n'est donc séparé de l'air extérieur et de l'action directe des rayons solaires que par un sol desséché et très-perméable, et par une dalle non lutée que recouvrent 40 à 50 centimètres, an plus, de terre sèche et friable. On ne s'étonnera pas ([u'il s'y produise, dans ces condilions, des aluiratious très-graves. Le blé fermente dans la partie supérieure des silos. Il y germe même, et j'ai vu, dans un silo que l'on venait d'ouvrir pour le visiter, toute la couche supérieure formée par du blé qui avait poussé des titres de 1 à 2 décimètres de longueur. La Itimentation et réchauffe ment tiu blé déteruiiueni l'altération de l'air emprisonné avec lui, et lorsqu'on descend dans les silos que l*on vide, on y éprouve une grande gène de respiration, encore augmentée par U poussière qui se produit dans Topéralbn* D'un autre c&ié, la présence constante d'insectes vivants dans la partie supérieure prouve que l'air s'y renouvelle à travers le sol avec une certaine activité.

Le silo que D. P. Romero Falcon a fait visiter sons mes yeux est situé dans la plus estimée des cinq sileras d'Àlmendralejo. C'est la plus élevée, .et celle où le terrain propre aux silos est de meilleure qualité et a le plus de profondeur. L'eau^ dans un puits situé à côté> était à. 10*^50 plas bas que la surface du sol. Le silo avait été déjà ouvert un mois auparavant; on y avait trouvé le blé en bon état^ et Ton s'était arrêté après l'avoir visité jusqu'au cinquième environ.

L'opération a commencé le 1 4 septembre, & ,siz heures du matin, et a duré jusqu'à la fin de la journée du 16, par un temps magnifique. Avant de faire ouvrir le silo, j*ai pris la température du sol à 25 centimètres de profondeur, dans l'intervalle entre deux silos. Elle était de 2o'',6. Le silo ouvert, et le sol vidé do paille, j'ai enfoncé le thermomètre dans le blé. Il y a marqué 32*, 2. La température a ensuite été baissant, mais lentement. A i'",30 de profondeur, elle é'iait encore de 29 dt?grés. Elle a baissé |i'iis rapidempiit «nsnile. A 2™,ij0. elle n'était plus que de 21', 6 dans l'axe du silo, et le liiermometiv introduit, à 30 centimètres de profondeur, dans un trou pratiqué avec une in»'che de vilebrequin dans la paroi du silo, y a accusé une température plus Lasse de 4 ou 3 dixièmes de degré seulement. A 4°, 10 au-dessous do l'orifice, à 20 centimètres au-dessus du fond, j'ai trouvé 19",(j ; et à 30 ceutimèlres plus bas, dans la terre, 19", 2.

La conséquence de ces observations n'est pas douteuse : c'est que le blé était dans un état de fermentation et d'échauffement dans toute la moitié supérieure du silo. C'est là un phénomène qu'il &udrait évidemment pou* voir empêcher; mais ee résultat ne pourrait être atteint qu'avec des enveloppes iJMolument imperméables.

^ Le grain ae contenait qu'une très-petite quantité d'inseetes> et seulement

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jusqu'à imo profondeur do quelques décimùtrfis au-dessous de l'orifice j •juaiRl^^o dos charaiinjiis, ilcs alucites, quelques larves de ténébrious. Mais il n'eu est pas toujours aiusi. J'ai vu retirer^ de silos que l'on visitait, dâç quantités de plusieurs hectolitres de hié entièrement dévorées.

La densité du hlij m'a oW'cvl des ^•a^iation3 non moins dignes de remarque. J'avais emporté avec moi nue balance de Chemin, qui m'a permis de faire^ dans le cours de mou voyage^ des observations de ce genre extrêmement compazables êntn eUes. Les blés ont, en Espagne, un poids lelatif très-éleTé. Ceux de la dernière récolte, que j'ai en roocasiou de -wcir gardés en couches, à Almendialejo^ m'ont présenté des poids^ k l*hectoUtrej compris entre 84 kilogrammes et Sl^SO. Les blés des sQoe sont nteins lourds. Je n'en ai pas troviTé pour lesquels la balance de (3iemiii aeeusAt un poids de 80 kilogrammes. Dans le de D. Pedro Bomero Falcen, la blé pesait^ rapporté à l'hectolitre, 78^,15, à 30 centimètres de profendeuf ; 70^40, & 2*,S0; 79^1, àl mètre au-dessus du fond, et enfin, 72^7S seur lemeat, dans une couche de 20 centimètres, immédiatement au-dessus de la couche de paille dont le fond était recouvert. Ces Tariatîâos sont dues aui variations de l'humidité ellennéme^ l'aspect, le maaiense^t atle degré de dureté du blé ne m'ont laissé, à cet égard, aucun doute *.

Le blé de la partie supérieure était d'un aspect terne, chaud à la main

' Les t*c.han(illons de hiés que j'ai rapportés d'AIiJiPii iralejo, dans des flacOBs ci« chelés, m'ont donné, par 1^ dessiccation à 110-120 degrés, les humidités suivantes :

Blés gardé* m grtnitrs :

e«ii, pour i«s,

BUtdtâiios:

né de l'année extrait après deux mois de a^oor, pour le réensUer

avee la couche de paille 8,90

Bié (Ttm petit tUo vûUé apm deux ans densUage :

A la partie supérieure 17,23

A la p riphiirie, immédiatement conlre la.oouctie a^lomérée. 15,07 Au centre 1S,31

D'un mUre, après m an d'snsUags :

. Ai|wntre 10,74

Du^dsD» P. Bomiro FtOoon :

Blé pris à 80 eentimëtres au-dasioui de l'ofiHea ( il svalt été

pelleté au soleil un mois auparavant) 1?

Au contre, à 2'n,50 au-dessous de l'orifice 11,89

k S*»,60 de profiimdeur, contre la paDla 4I»3V

An foad, sur la cwetie d« paQla , . . fBfilk

Digitizeo lj vjQOgle

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et assez nide, cpioique dur sous la dent et trris-sec. Celui du centre, au contraire, était en même temps sec et très-coulant j mais il avait une cdeiir spéciale qui nVst point celle do moisi, ni Todeur que le blé contracte lorsqu'il séjourne longtemps en couches dans les fjçreniers ordinaires. Cette odeur est désignée, dans le pavs nn^nie, sous le nom d'odeur de <^î7r>s [ofor .silos). Je la rrois duo à la dj-ceinposilion de li ronrhe do oti ront.u t av -c la paille, et de la p;iille elle-inèiuc. reul-étru aussi est-elle le j>r. Mhiit d'une fermentation particulière. Ce qui permettrait surtout de le er >ii(>, rVsf sa ténacité. Dès qu'elle est arrivée à \u\ certain deijré, il est iuipubsible tle la faire disparaître complutemeut. Les ni;urli;uj l- Je Jjlé de Séville la reconnaissent parfaitement dans ceux qui ont p issr l uleinont deux ans en siKis, et elle est la cause d'une dépréciation qui va, même pour des Liés d'ailleurs hien conservés, jusqu'à 4^ 5, 0 réaux par fanègue, ce qui fait 2 à 3 franco par hectolitre.

Quant à la couche périphérique dont tous les auteurs ont parlé, et qu'ils ont présentée comme une enreloppe préservatrice, je Tai trouvée d*une épaisseur yariant depuis 7 A 8 centimètres & la partie supérieure jusqu'à. 2 dédmè- 'tres sur le fond. Elle est formée par du blé humide et aggloméré. L*bumidité est surtout exoessiTC dans la couche du fond^ que l'on trouve souvent dans un état dedécomposition très-avancé. La saveur de ce blé est Acre et terreuse ; son odeur est celle dont j'ai parlé plus haut, très^xagérée. La farine qu'on en obtient ne donne pas de gluten. Cette couche se brise dans le vidage des silos. Lorsque ses ficagments restent en pelotes, on les retire et on les jette ; maiS| en général, ils se désagrègent, et le grain décomposé qui les constitue se mêle au grain sain. C'est peut-être à cette circonstance qu'il faut attribuer la peisistance de l'ùdeur de silos, et je suis très-porté & croire qu'il y aurait souvent bénéficié à mettre à part la couche tout entière pour la vendre séparément. Mais le hlv n'a guère d'autres usages dans les pays à silos que de servir à la nourriture de l'homme ou desanimanx, etlesanirrtmx refusent ce blé gâté. On n'eu pourrait faire que du fumier,

11 laut conclure de là que l'ensilage primitif» celui qui consiste à mettre simplement le blé dans des trous creusés en terre, n'est pas à beaucoup près aussi t'conomique qu'on s"<nit plu à le croire. Une covrhe de blé d'un déeimètre d'épaisseur représente, p^ir métro carré de .snriace, un hectolitre de Idé, et par conséqnent une valeur de :\ 30 francs au moins; car on ne met du blé en -d iS que penr le vendre quand il sera cher. C'est là, sous forme de df'rlu t ou do dépréciation, une dépense qui se renouvelle au nesins tous le:4 cinq ou six ans. Aucime con.strue.tiùu, même avec les revêtements le-; pins parfaits, ne me paraît devoir revenir, par l'intérêt de Tariront, à un prix aussi élevé. L'ensilage primitif ne peut convenir qu'à des contrées uù le blé toniLc dans les années d'abondance àdes prix si bas, (^ue ce que l'on en perd pour conserver le reste ne peut en quelque sorte pas être considéré comme une dépense.

Digrtizeij Ly <jOOgle

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