ÉTAT DU BLÉ
Le blé récolté était extrêmement humide; malgré les nombreux pelletages qu'on lui avait fait subir , il avait pris une odeur de moisi tràs-prononoée et formait dos agglomérations dans les couches ^.
M. Doyère avait annoncé que du blé dans cet état ne pouvait être Tobjet
* San pmr 100, détermioée comme précédemment 19,02
▲PPUCATIOHS AGR100I.BS
d*ime conservation proL:>ntrée, ni constitner une rt'^serve proprement dita; qoQ le silo, pour un pareil bl*^, pnuv.iii stnilemenl être c.onsidéré comme un grenier de consommation gardant le blé dans de meilleures conditions que les greniers ordinaires, supprimant les frais et les soins que cenx-ci exigent, *insi que les déchets et les avaries qui s'y produisent, le mettant & Tahri des souris et des rats, mais pour un teriips seulement que M. Doyère a?ai* limité & l'annéd courante.
Toutefois» un des silos avait reça une disposition dont M. Doyère attendait ut heureux résultat, celui de penîieitrè de sécher lé Bll dans les silos même, en lui enlevant en même temps toute odeur contractée ; de telle sorte que tous les blés deviendraient ainsi propres à une conservation indéfinie.
Nous relaterons séparément et plus loin cette expérience et son résultat.
Les deiii dlbè oàt été Ifediplis d.m lé ifiÂmë h\ê, dlint 18 fiàéâ ifcvait été déterminé à lliectolitie paj SI* tfa^d^
Ce poids était de 71S60.
Puis les silos ont été fermés hermétiquement et& def. La clef a été remise &ll.Wannn.
VISitES.
Les silos ont f^t^ visitt^s le ïî janvier et le IH février, suivant la recommandation de M. Warren, dans le btlt de calmer tous les dolites et les inquiétudes qu'on aurais pu avoir sur l'état du h\é dans l'intpripur des silos.
Ces visites ont lait connaître (jue le Lié ensilé ne Slibis^iait ni échanftenient ni fermentation. La sonde que nous avons omployéo n'a rapporté que du blé sain, sans aucune trace d'altération, et nous avons bientôt oti la certitildë que le blé se conservait parfaitement, bien que n'étant l'objet d'aucun soin, et ne devait causer aucune préoccupation.
Sans -une de ces visites^ M* Warren a pris une seconde fois le poids du hié ensilé.
Ge poids sW trouvé être le même, c^est-à-dire
SOUnAAfîlE^ DD SILO M» 1.
Le silo n° i a ét^. vidé du 2f> février au 48 mars, pour la consomiiidliuu de la colonie, hi but de M. lo directeur n'ayant pas été de répéter des expériences déjà faites, mais d'appliquer les silos aux besoins courants do la colonie. Le soutirages s'est fait avec la plus grande facilité. Toute la manœuvre a consisté à remplir les sacs à Torifice inférieur du silo» en soulevant la vanne, et à les porter au regard par lequel ib étaient montés au moyen d'un treuil manœuvré par deux enfimts de quatone ans, Lesdeux tiers environ du blé se sont écoulés ainsi spontanément par ToriAce inferieur. Pour Técoulenttdt du surplus, il a suffi de Mn deteondre va enfimt àasaVlBMma du
SILOS bft Lk CÔLOMtfi Dk MtttTAll^
silo pour pousser le blé vers î'orifîce avec une pelle, t)e. cette manière, la manœuvre extérieure ii"a subi ni arrêt ni embarras. On s'était assuré préalablement, en y introduisant une bougie allumée, que l'atmosphère du silo n'était pas asphyxiante.
Nous avons trOùVé le blé parfaitement conservé; Podeur de moisi a^avaii p&s augmenté ; aileund odduif nouvelle ne s'y était développée.
Cé qui eanetfnM netlemoltt le Meultftt de cette premiero opéiatîon, è'ést cfue te lilé il ^té fefiré du sab tél qu'il yf avait été mis.
Nous rayons étttoyé aunibnliil iilifiolmaent comme celui qoi était resté danà les greniârs. Motfè (ictUTiction est qu'il eût pu resfèr Beaucoup plus Ito^mps dafls 11» silte, salis qlie l'on eût & fèdouter la moindié altération, llàis IM beë(nns de Ul ëôiiltôâ^^ obligé dé l'en
exUaire.
L6 silo n" 2, comme il a été dit^ avait reçu une disposition propre à des*
sécher le blé.
L'opération a eu lieu, avec plusieurs interniptions, du 12 au 26 janvier.
Il y a été consommé d hectolitres de charbon de terre à 1 fr. 50 c. Thectolitre, soit 8 fr. 50
La mise en marche du ventilatout a exigé le travail de o2 journées de colons de 14 à IS ans, à 1 franc, soit 52 francs.
L'opération a donc coûté 60 fr. 50 (12 centimes par hectolitre).
Le silo a été ensuite refermé, et le blé est resté dans cet état jusiju'au il avril.
SOUTERÂfiB DU SILO N« 2.
Le silo n" 2 a été vidé du 11 au 26 avril, comme le premier, pour la ' consommation de la colonie. Dès Touverture du silo, il a été facile de reconnaître que le blé avait Subi les modifications les plus avantageuses. Nous l'avons trouvt' frais à la main, et sans traces d'échauffement, comme celui du premier silo, mais de pins, sec, coulant, amélioré pour l'œil, et ayant complètement perdu Todeur de moisi qu'il avait au moment de Tensilage. C'était du blé qui, par l'opération qu'il avait subie, avait passé d'une (jualité inférieure à une qualité supérieure,^
Son poids, qui était primitivement de 71'',o0, a été ti'ouvé de 7 i kilogrammes en sortant du silo, et de 75 kilogrammes après avoir ret^u un coup de tarare.
Envoyé & notre moulin, le meunier a déclaré qu'il s^était moutnré comme du blé récolté convenablement
interrogé, à son tour, par nous, sur les résultats obtenus dans la panification, le boulanger de la colonie a déclaré que la iaiine de ce blé amé-
332 SILOS DE LA COLOiriB DK METTRAY.
lioré par la ventilalbii s'esl paxliûlement comportée et ne lui a lien laissé à désirer.
Il résulte de 1& que cette forine peut se conserver, avantage que n'ont pas les faxînes des blés de cette année. Cependant^ le patn provenant de cette line n'a pas élé plus blanc que celui fait ayec de U farine de notre autre h\é, ce qui semble prouver que celte dessiccation» par la cSialeur du feu^ n'a pas la même effîcacité que l'influence du soleil sur le grain, car ce môme blé récolté par une bonne année, c'eei-èp-dire parEdtement mûr» aurait donné un pain d'une qualité certainement supérieure»
Enfin, pour compléter ces renseignements, nous avons, sur la demande de M. Doyèxe, offert sur échantillon, 10 hectolitres de ce blé sur lo marché de Touzs> le samedi 4 mai, et un marchand nous en a offisrt 24 francs, le cours du jour.
BÉSDMÉ.
Les faits qui viennent d'être exposés peuvent se résumer de la manière eniranto :
1* Le Ué bumide et déjà moisi s'est conservé sans aucune altération nouveUe. iTa été retiré du silo absolument tel qu'il y avait été mis, cinq mois auparavant.
2* Ce même blé, soumis à la dessiccation, a pris de la qualité et gagné considérablement en valeur vénale.
3* A part cette dernière opération, qui nous paraît devoir être teut & fidt exceptionnelle, le blé en silo n'a exigé aucun soin, aucun travail, aucune dépense, n'a éprouvé aucun déchet ni aucune perte dans sa quantité ni dans sa qualité.
Fait à Hettray, le 16 mai 1861.
^^me: De Metz, directeur,
Bataille, surveillant général, E. Warb£N, gérant des fermes.
Vffl
ApplienilMyi mgrêcÊilmm ÛtVemaÊÊmt^ ratioanel
des 2i*Ala«.
8IL0S DU CHATEAU DE BÂNDEVILLE ET DE LA FERME DU PLESSIS A SAINT-CTR» PBÈ8 DOUBDAM (SEUi£-ET-OI$E),
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SILOS DU (mmu de bandèvilije
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U Vfm^ 9^ PLËSSIS A SÂlNT^yit, DOimDÀN
Lettre de M. le comte M. de Pourialh à M, Doyère, professeur à tBeok miroh de» art» et mamfa^um.
« BwBdeviUt, % 1800.
« J'ai la satisfoetion «rtrimo da vous annonear que mat blés en silos sont dans le plus paifût état de conservation, et je m'empresse de répondre en même ieamgiÊ & qnel^s questions que tous m'ayes adressées. J'en prendiai roccasion de tons exposer mes idées peisonnelles sur votre important système.
< J'ai disposé ainsi les six sOos que j'ai fait construire avec votre concours : un groupe de quatre sur une exploitation de 1 50 hectares environ, et un groupe de doux sur un autre de iOO hectares. Mais je me propose d'en augmenter le nombre sur chaeune, et d'en faire construire éga-
lomoni dans mes autres propriétés.
u Lt's trais d'établissement, transport compris, se sont éiovés à o8 francs par mètre cube de capacité. Je vous eri adresse le détail dans la présente lettre. En calculant Tintérôtà 5 pour iuo, le loyer annuel de l'espace nécessaire p<jur loger un hectolitre de Lié m trouve ainsi porté à 29 centimes. L'introduction s'est faite sans autres frais que la main-d'œuvre nécessaire poui" trauspujter le grain du grenier où il était jusqu'à l'orifice du silo. Ces frais seront moindres encore désormais, puisque j'ensiler;ii au fur et à mesure que je ferai Itattrc, et eu iuslallaut, à ma terme, du Pavillon au moins, ma matbiuR sur les silos mêmes. Quant aux ira.!-; de conservation piopreuieui dits, ils ont été nuis, puisque je n'avais môme pas encore