‹ Conservation des grains par l'ensilage. Recherches et applications expérimentales faites depuis 1850 pour démontrer la conservation des grains par l'ensilage souterrain hermétiqueChapitre 65 sur 67 · SILOS DU CHATEAU DB BANDBVIIX.B · texte numérisé non relu

SILOS DU CHATEAU DB BANDBVIIX.B

ouvert mes silos justju'à la visite que je viens d'y i'aire pour voir comment le grain s'y comporte, ai qu'il m'a suffi d'en tirer une petite quantité par cha.cuu des deux oriiices j^our m assurer que mes espérduces sont dépassées. ^

« Le blé, vous vous eu souvenez^ coutenoit des cbarau^ns lorsque nous TeiiBilâmeB l'amiée deniiftte dans les sUob de la ferme du PaTilUm, et je n'eusBe probablement pas osé le gaider dans mou grenier durant un été comme celui suivit l'ensilage. J'ai retrouvé un certain nombre de ces insectes morts et desséchés dans le col du silo ; mais c'est la seule trace qu'il y e&t de leur eodstence, U est évident qu'ils ont été détruits dans le blé sans s'être multipliés. L'odeur du sulfure de carbone que vous y avez introduit se fait sentir nès-l^gàrement dans Tonilce supérieur, mais disparait complètement dans le grain, après deux ou trois heures d'exposition A l'air. «

« Je n'ai pas mis & profit la disposition qui permet de subdiviser vos silos en deux parties d'égale capadté ; mais elle me paraît devoir rendre des services dans les petites exploitations, par la &cilité qu'elle oflice pour loger dans un même silo des grains de nature ou de qualité différentes, par quantités peu considérables, il est certain que vous pouves descendre ainsi jusqu'A des capacités de 20 ou 25 hectolitres^ et peut-être moins encore» ce qui met votre système à la portée de tous les cultivateurs qui voudront pouvoir disposer de leurs grains uniquement d'après le cours des marchés ou d'après le besoin d'argent qu'ils auront. Encore, cette dernière considération me paralUelle devoir se trouver supprimée tât ou tard par Tadoption d'un système conune le vétre, ainsi que je me propose de le montrer dans la suite de cette lettre,

« Je vous demande, en effets d'ajouter quelques observations que l'essai que je viens de faire m'a suggérées, en vous autorisant à les publier si vous le croyez utile. Je serais heureux qu'elles pui^nt décider quelquesuns de mes confrères en agriculture à tenter une épreuve qui m'a si complètement réussi, et qui me paraissait déjà si peu douteuse, je dois le dire, lorsque je m'y décidai après avoii* vu vos résultats d'Asnières et avoir pris connaissance de ceux que vous avies obtenus avec le ministère de la guerre.

« La conservation des grains, une fois récoltés, est un des points qui m ont le plus prcoccupé, soit pcml mt le séjour que j'ai fait en Angleterre, soit depuis que j'exploite moi-memc. Ce que j'avais vu de plus remarquable eiu.ore, ce sont les greniers construits d'après le syBtème de sir John Sinclair, lequel consiste, comme chacun sait, dans des caisses que l'on vide pax en bas pour reverser le grain par en haut, après un aérage plus ou moins parlait. Mais je n'ai observé nulle part des résultats assez satisfaisants pour me décider à en faire établir chez moi, et, tout en reconnaissant ce que d'autres syslknes ont d'ingénieux et de séduisant, je n'ai également pu me décider A en Dure usage. Us me paraissaient ou trop coûteux dans leur éta^

ET D£ MJl FBRMK DU PLBSSIS.

blÎHsefflent et dans leur emploi, oa exiger trop de soins, ou enfin partager les inconTénients des greniers désir John Sinclair, ipiisont d*exposer trop le grain aux yariations de la température» à. rinfluenee de l'air sans cesse renouvelé, et & celle de son humidité. Ce sont ces différentes causes <iai agissent sur les blés en condies et qui rendent le pelletage nécessaire ; mais le pelletage ne les arrête pas; il ne les empêche pas de recommencer ; et voilà pourquoi ce n'est qu'un moyen si imparfait de conserver les grains. Personne ne pent dire ce qu'il retirera d'un grenior,en qualité et en quantité après deux, trois , quatre ans ou plus de conservation par le pelletage.

«t Un mode de conservation m'a cependant parfaitement réussi : c'est celui des meules placées sur des pieds en fonte, à l'abri des rongeurs. J'ai consen é ainsi du blô en parfait état pendant trois ans. Mais, outre les chances d'inrendie, ces moules coûtent assez cher; si on veut consc-rvcr des quautitt's do grain un jxni considôrables, elles enconibrt'iit de grands esparns;on perd l 'usage régulier de leur paille et l'intérêt du capital rjuVdle re[irésente ; le blé n'y est pas à ïaWi de tous les insectes; si une famille de suuris vient à s'y établir, elle s'y multiplie bans qu'un puisse s'en apercevoir, et assez pour y pouvoir commettre des dégâls notables. Or, il suffit pour cela d'un objet quelconque que Ton aura laissé par négligence posé contre la meule.

« Lorsque j'ai eu connaissance de votre systèiîie, j'ai t'té frappé de ce qu'il pare à toutes ces difficultés ; et, d'après l'épreuve que j eu viens de faire, je crois pouvoir dire sans hésiter qu'il résout complètement le problème de la conservation des grains.

« Depuis quelque temps, dans les journaux et ailleurs, il n'est pas rare de voir traiter la conservation des grains comme une chose dont l'intérêt n*est pas bien démontré et comme une question presque indifférente. Il £giut que je me trompe considérablement; car il me semble, au contraire, qu'au point de vue du producteur, nier qu'il y ait avantage pour lui à pouvoir conserver les grains sans frais et sans perte, c'est nier qu'il puisse lui être avantageux d'avoir la disposition la plus libre possible de cette importante partie de ses produits, lime semble, d'un autre côté, que les intérêts généraux ne seraient pas moins satisfaits par l'introduction dans le commerce des graine de conditions nouvelles qui, sans nuire & la liberté de l'intermédiaire dans ce qu'elle a de vraiment fécond et utile, ajouterait à celle du producteur et& celle du consommateur.

« Plaçons-nous, d'abord, à ce point de vue des intérêts de tous.

(( La généralisation d'un mode de conservation tel que m'apparait le vôtre n'aurait-elle pas pour premier effet de prévenir, d'une manière certaine et nécessairement, d'une part, les disettes et. de l'autre, les avilissements de prix, qui ne sont peut-être pas un mai beaucoup moindre. En effet, si l'ensilage était une fois entré dans la pratique des propriétaires et fermiers ayant une certaine étendue de terre à blé ou à seigle^ il arrive-

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