‹ Conservation, révolution et positivismeChapitre 18 sur 24 · XXX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXX PRÉFACE

influence qui satisfasse son esprit et son cœur que quand il connaîtra les lois naturelles qui président aux phénomènes sociaux. Jusque-là, le développement social a été spontané , aveugle , sans que rien de systématique le rendît plus rapide , plus sûr et meilleur. C'est ce système qu'apporte le dogme nouveau , conciliant seul l'ordre et le progrès ; l'ordre , en le fondant sur l'ensemble des lois naturelles ; le progrès , en le rattachant à la modification de ces lois naturelles par l'intervention bienfaisante de l'intelligence et de l'activité.

Un dogme nouveau appelle un régime nouveau. Je nomme régime l'ordre temporel qui s'établit sous la direction d'un ordre spirituel. Ainsi , sous le polythéisme , il y eut le régime des patriciats, de la plèbe et des esclaves, des théocraties et des castes ; sous le catholicisme florissant , le régime féodal ; et sous le catholicisme déchiré par l'insurrection protestante et par l'émancipation qui suivit, il y eut le régime féodal déchiré et toutes les révolutions dont nous sommes témoins. Le régime nouveau est essentiellement caractérisé par la paix et l'industrie. Les chefs militaires tombent, les chefs industriels s'élèvent, chefs destinés à un rôle bien autrement considérable que le rôle de ceux qui les ont précédés dans l'histoire ; car que serait la grandeur d'un patricien ou d'un baron, méprisant l'industrie et consumant la meilleure partie de ses forces dans des opérations destructives , à côté de la grandeur d'un chef industriel livré sans partage à la production ? Mais grands aussi seront ses devoirs : travail, éducation , femme restant à la maison , enfants soustraits aux labeurs abrutissants ; voilà , en retour, ce qu'il devra assurer au prolétaire. Et ici chacun touche du doigt comment les mesures immédiates ne sont pas efficaces ; comment les mesures efficaces ne peuvent pas être jnunédiates ; comment, en un mot, la réfoime tem-

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