‹ Conservations littéraires et moralesChapitre 18 sur 72 · SUR HIPPOLYTE RIGAULT. X\1X · texte numérisé non relu

SUR HIPPOLYTE RIGAULT. X\1X

de la discussion fut diirno du livre. On ('tait curieux de savoir si la parole de Rigault ('tait aussi facile, aussi alerte, aussi spirituelle (jue sa plume. Ceux qui le connaissaient s'y attendaient beaucoup ; je crois cependant que l'attente fut surpassée. Il se montra toujours maître de sa pensée et de ses expressions, toujours prêt à répondre avec une vivacité et une justesse qu'on ne pouvait trouver en défaut. Son improvisation élégante et animée, qui, pendant les longues heures que dura l'épreuve, se soutint avec le même bonheur, ne put laisser aucun doute sur le succès qui l'attendait dans la chaire où il devait bient(jt monter. Ses juges, dont il allait devenir le collègue, le félicitèrent dans les termes les plus expressifs. Un d'eux lui disait : <( Vous donnez une fête à l'Université. » Et vraiment l'Université était là émue et Hère. Et quand le jeune maître fut proclamé docteur, et que l'honorable doyen prononça les mots à l'unanimité avec un sourire significatif, le public nombreux qui s'était pressé pour e^itendre Rigault, donna aussi son suffrage par les plus vifs applaudissements.

Quelques jours avant cette brillante soutenance des deux thèses, le Collège de France et le ministre de l'instruction publique avaient agréé le choix de Rigault, comme suppléant de M. Havet dans la chaire d'éloquence latine. C'était à lui que l'éminent professeur, alors condamné au repos par l'état de sa santé» avait désiré conller son cours pendant cette interruption nécessaire. M. Havet, justement populaire, aimé et admiré pour son talent et pour la noble indépendance de son Caractère, devait avoir à cœur de ne pas dépayser son auditoire; et il savait à qui il prêtait cette chaire entourée de respect et de sympathie. Nous l'avons vu souvent venir se mêler aux auditeurs de son jeime ami, et le récompenser par ses applaudissements. 11 n'y en avait pas dont Rigault fût plus touché ni qui allassent plus droit à son cœur.

Pour se préparer à ce cours qui excitait une si grande attente, Rigault eut devant lui bien peu de temps. Ses thèses, ses leçons du lycée, le Journal des Débats, que d'occupations au milieu de celte préparation laborieuse! De quelle facilité de travail et de quels énergiques elïorts il eut besoin ! Et il

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