‹ Conservations littéraires et moralesChapitre 5 sur 72 · VIII NOTICE · texte numérisé non relu

VIII NOTICE

province, comme le furent plusieurs de ses jeunes collègues nommés à TÉcole d'Athènes par le même arrêté du 24 décembre 1846. C'était pour lui le chemin assuré du Collège de France ou de la Sorbonne. Tout homme a, plusieurs fois dans sa vie, de ces heures critiques dont les suites sont incalculabks et qui poussent sa fortune dans tel ou tel sens. Mais il ne faut jamais trop se plaindre de la fatalité : si elle a son rôle dans notre existence, notre liberté, grâce à Dieu, en règle la meilleure et la plus noble part. Avec du talent , du travail et de l'honnêteté, toutes les routes sont bonnes et l'on arrive au véritable but.

Rigault voyait approcher le moment où il allait être dégagé des obstacles qui avaient retardé son départ pour Athènes, lorsqu'une proposition très-imprévue et dont son mérite le rendait digne, le décida non-seulement à renoncer à son cher projet, mais à quitter renseignement public.

C'était dans nos rangs universitaires que le roi Louis-Philippe avait choisi les instituteurs de ses fils ; et ses fils, élevés dans nos collèges, qu'ils aimaient, y cherchaient à leur tour les instituteurs de leurs enfants. Cette nouvelle génération de princes devait, l'âge venu , suivre, à l'exemple de leurs pères, les classes de nos collèges : aussi ne croyait-on pas rompre avec l'Université, encore bien moins la renier, lorsqu'on acceptait l'honneur de diriger leurs études.

Le comte d'Eu, fils aîné du duc de Nemours, entrait dans l'âge où son éducation devait commencer. Consulté par le prince sur le choix d'un maître, M. Régnier, instituteur du comte de Paris, prononça le nom de Rigault. Il avait été un de ses maîtres de conférence à l'École normale ; il connaissait tout son mérite, la droiture de son caractère, son aimable sagesse et toutes ces qualités sérieuses de l'honnête homme qu'il joignait à tant de savoir et d'esprit.

Rigault était très-libéral. Pour entrer dans la maison d'Orléans ce n'était pas une objection : c'était une condition. L*opi)08ition même (Rigault n'en était pas tout à fait innocent), l'opposition, quand elle ne méconnaissait pas les principes essentiels de la royauté constitutionnelle, n'e lira y ait pas

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