‹ Conservations littéraires et moralesChapitre 6 sur 72 · SIR UIPPOLYTÈ RIGAULT. IX · texte numérisé non relu

SIR UIPPOLYTÈ RIGAULT. IX

des princes qui n'ont jamais cherché des dévouomeiils scrviles, et qui ont toujours préféré des amis h des flalleurs. S'ils ne l'avaient su déjà, ils auraient bientôt appris que dans les jours fin malheur on trouve encore les uns, pendant que les autres vont flatter ailleurs.

Aux premières ouvertures qui lui avaient été faites au mois do juin 18i7,Rigaults'était exprimé avec une pleine franchise sur ses opinions politiques. Le roi et le prince son (ils ne virent dans cette honorable sincérité qu'un motif de plus pour agréer le choix qui leur était proposé. Sensible à l'honneur qui lui était ofl"ert avec une persistance si encourageante, Uigault n'hésita plus; et quoii^i'à vingt-six ans, et pour un esprit aussi libre, de telles fonctions pussent avoir quelque chose d'elTrayant, il accepta ce grand devoir dont il avait bien mesuré l'étendue. S'il en connaissait les difficultés, il savait d'ailleurs que la famille royale, par une sage confiance, laissait une grande liberté aux instituteurs des princes, et que les bonnes leçons, ce qui n'arrive pas toujours dans le palais des rois, étaient dans celui-là secondées par les bons exemples. Dans une lettre qu'il écrivit alors à un de ses amis, pour lui annoncer sa nouvelle fortune : « Ce qui m'a décidé, disaitil, c'est avant tout la pensée qui me séduit d'élever à mon pays un prince libéral, ami des idées généreuses; et je n'ai accepté qu'avec la certitude que rien ne contrarierait ma pensée'. » 11 faut dire aussi qu'il avait moins redouté la tâche si grave à laquelle il allait se dévouer tout entier, parce qu'il sentait qu'elle devient plus douce lorsqu'on aime l'enfance; et il l'a toujours aimée. Il avaft dès lors tout ce qui donne sur elle le plus sûr empire : l'afl'ection , l'indulgence, beaucoup de gaieté et beaucoup de raison.

Le duc de Nemours, au mois d'août 1847, était à Compiègne où il commandait les troupes du camp, lorsque Rigault

• Cette lettre fut écrite en juin 1817 à M, Riquicr, excellent ami do Kigault, et son ancien camarade à l'École normale, aujourd'iiui censeur au lycée do Lille. M. Riquier a eu la bonté de me la communiquer, avec quelques autres fragments de sa correspondance auxquels, autorisé par lui, je vais faire encore plus d'un emprunt.

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