DE QUELQUES OUVRAGES DE PIÉTÉ
aujourd'hui, m'avait séduit à la vente par le seul attrait de son titre. C'est un petit volume in-12 que je me félicite d'avoir acquis, car j'y ai découvert enfin la source des étranges récits que, certains soirs de mai dernier, j'ai entendu faire sur la vie delà Vierge par un prédicateur du mois de Marie. C'est la seconde édition de VAbj'égé de la Cité mystique^ de Marie de Jésus d'Agreda, en six volumes in-8'\ qui viennent également d'être réimprimés. Cet Abrégé, composé par le Père Bonaventure de Césare, consulteurde la sacrée Congrégation de l'Index, esttraduit par l'abbé Joseph Houllan, docteur en théologie. II est précédé: 1» d'une dédicace au cœur divin de Jésus, à Marie immaculée et au glorieux saint Joseph; 2° d'une liste d'approbations do théologiens, d'ordres religieux, d'universités et d'évéques;3''d'un avant-propos, où l'on nous fait savoir qu'une première édition de l'abrégé de la Cité mystique a été vendue à six mille exemplaires, malgré les efforts de l'enfer pour en contrarier la propagation; 4°d'une notice oùl'onnous raconte que Marie d'Agreda, l'auteur de la Cité mystique^ est une religieuse espagnole à qui la sainte Vierge est apparue, à qui elle a raconté l'histoire de sa vie, à qui Dieu a commandé d'écrire cette histoire pour l'instruction du genre humain, et qui, pour récompense, sera prochainement canonisée '. On nous dit en môme temps que si nous sommes curieux de pîus amples détails sur l'origine de la Cité mystique^ nous les trouverons consignés dans la Vie de Marie d'Agreda^ traduite de l'espagnol par le
' « C'est une grande joie pour nous de pouvoir annoncer à tous que la cau?e de béaliûcalion et de canonisation de la vénérable Mère Marie d'Agreda va être reprise et continuée. Nous aurons donc le bonheur, nous en avons la douce confiance, de vénérer sur les autels celle que l'Eglise a déjà déclarée vénérable. »
P. Croset, et rééditée par le P. Laurent (Paris, 1857). En effet, en consultant cette biographie, nous apprenons que Marie d'Agreda avait h des ravissements » pendant lesquels « son corps s'élevait de terre aussi léger que s'il n'eût eu aucun poids naturel, » tandis qu'en son âme, comme en un livre, la Vierge imprimait le divin récit. La Cité mystique, c'est donc, à proprement parler, les Mémoires de la sainte Vierge, dictés par elle-même, et Marie d'Agreda en prouve, comme il suit, l'irréprochable exactitude par un «ravissement )) qu'elle eut aux environs de Tannée 1655; elle fut transportée dans le ciel, et là, écrit-elle :
« Je vis le trône de la très-sainte Trinité et les trois personnes divines, et la sacrée Vierge à la droite de son fils, et tous avec une gloire immense. Il y eut comme un silence dans le ciel : tous les anges et tous les saints étaient attentifs à ce qui se faisait au trône de la suprême Majesté. Je vis que la personne du Père tirait comme du sein de son être infini et immuable un très-beau livre enrichi au delà de ce qu'on pourrait s'imaginer. Et l'ayant remis au Verbe incarné, il lui dit : « Ce livre et tout « ce qui y est contenu est mien; il m'est très-agréable. » Notre- Seigneur Jésus-Christ le reçut avec beaucoup d'estime , et l'ayant comme approché de sa poitrine, le Verbe divin et le Saint-Esprit confirmèrent la même chose. Ensuite ils le mirent entre les mains de la très-pure Marie, qui le reçut avec une complaisance incomparable. Alors la grande reine du ciel m'appelle et me dit : « Voulez-vous savoir quel livre est celui que « vous avez vu ? Soyez donc attentive et regardez-le. » La divine Mère l'ouvrit et me le présenta afin que je pusse le lire. Je le lus, et je trouvai que c'était la même histoire de sa très-sainte vie, dans le même ordre et avec les mêmes chapitres que je l'avais écrite sous le titre de Cité mystique. La rage du démon contre ce livre est si grande que, pour le discréditer, il s'abaissait à dire que ce n'était tout au plus qu'un effet d'une méditation ordinaire. »