‹ Conservations littéraires et moralesChapitre 62 sur 72 · DE OIELOIES OUVRAGES DE PIÉTÉ · texte numérisé non relu

DE OIELOIES OUVRAGES DE PIÉTÉ

Mais M. l'abbé noullan, docteur en Ibéologie, et le P. Laurent, qui ne sont pas dupes du démon, affirment catégoriquement, avec Marie d'Agreda, que la Cité mystique a été réellement dictée par la sainte Vierge. « C'est sous la dictée de la mère de Jésus, dit le P. Laurent, que Marie d'Agreda retrace l'histoire de sa vie '. o « Ce livre, dit M. l'abbé Boullan, a été communiqué par la sainte Vierge elle-même à sa fille et fidèle servante la vénérable Marie d'Agreda. Nos éloges s'adressent donc à l'auteur véritable de celte viedivine, à l'auguste Marie elle-même, qui a daigné la donner à ses enfants % » ce qui ne peut manquer de flatter la sainte Vierge et de confondre le démon.

Cependant le démon, qu'on ne décourage pas facilement, pour se venger de n'avoir pu arrêter la vente de la Cité mystique, a eu la malignité de suggérera quelques personnes ces insidieuses questions: Pourquoi la sainte Vierge, méditant de publier ses Mémoires, a-t-elle attendu pour les dicter jusqu'au dix-septième siècle ? Pourquoi le livre de vérité, l'Évangile, écrit par des témoins qui ont vu et connu la mère du Seigneur, ne nous a-t-il transmis aucune des particularités révélées à la religieuse d'Agreda ? Pourquoi les Pères de l'Église, si voisins des sources de la tradition, ignorent-ils profondément ces mystères? Heureusement la Vierge elle-même, prévoyant les objections, avait dit d'avance à son secrétaire :

« Sachez bien, ma fille (et je désire que mes paroles soient gravées dans la mémoire de tous les hommes) , que j'ordonnai aux évangélistes de ne rien écrire à mon sujet que ce qui était nécessaire pour établir les articles de la foi et les préceptes de la loi de grâce. C'est que je connus en effet, comme maîtresse

' Introduction à la Vie de Marie d'Agreda, p. 17. • Avanl-propos (le ri4^jri/c, p. 13.

de l'Église et par l'intelligence que le Très-Haut m'avait donnée , que cela n'était pas alors convenable pour le nouvel établissement de l'Église... La divine Providence réservait la manifestation de tout ce qui restait caché pour un temps convenable et lorsque la foi serait mieux affermie. »

Ce n'est que vers l'année 1637 que, malgré la secousse violente imprimée à l'Église par Luther, l'Église parut assez affermie pour que la Vierge pût combler sans inconvénient les lacunes de l'Évangile. C'est alors qu'elle apparut à Marie d'Agreda et commença de lui dicter ce supplément aux quatre Évangelistes: la Cité mystique. (Que dis-je, supplément? Za Cité mystique est si riche en détails capitaux sur la Vierge, le Christ, les apôtres et l'établissement du christianisme, que c'est, l'Évangile qui paraît l'abrégé de la Cité mystique.) Tout cela s'explique à merveille. On regrette néanmoins que la Vierge n'ait pas levé une autre difficulté que l'esprit malin suscite encore : Comment se peut-il faire que les révélations, interdites par la Vierge aux quatre Évangelistes, et transmises par elle, dans des visions miraculeuses, à Marie d'Agreda, se trouvent en grande partie dans les Évangiles déclarées apocryphes par le décret du pape Gélase? Comment concevra-t-on que les auteurs, si notoirement suspects, de ces récits jugés fabuleux par l'Église, aient deviné tant de siècles d'avance les confidences futures de la Vierge, ou que la Vierge, racontant parla bouche inspirée d'une religieuse moderne les plus intimes secrets de sa vie, semble si souvent traduire, imiter, embellir les légendes des premiers temps du christianisme? Gardons-nous d'approfondir ce mystère, pour ne pas entrer dans les vues de Satan. Les personnes qui n'auraient pas la crainte de paraître ses complices pourront ouvrir Fabricius {Codex apocryphus

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