DE QUELQUES GIVRAGES DE PIÉTÉ
Si les souvoraiiis ont le bon sens cropter pour la suprénialie du Saint-Siège, s'il^ honorent ainsi, selon le commandement de Dieu, l'i'^glise leur mère et le Pape leur père spirituel, le Père Ventura leur promet qu'ils vivront et régneront longuement : plus de poignards ni dfi barricades. La révolte et le régicide, sanglant cortège du césarisme, fuiront devant la théocratie. Du jour 011 l'État sera identifié avec la reli^Mon, l'établissement du prince participera de la solidité et de l'éternité du trône de saint Pierre. L'Empire fronçais sera définitif. Rcsnrgens jam non moritur '.
Quant aux peuples, il dépend d'eux de goiMer en paix les délices dont jouissait au moyen ûge la bienheureuse chrétienté. Qu'ils renoncent sagement à ces chimères dangereuses qu'ils appellent des principes: le libre examen, par exemple, et la liberté de conscience. « Le libre examen consiste à croire ce qu'on veut et à se conduire comme on croit. » Son dernier mot, c'est l'anarchie. « Essayez d'établir le principe d'autorité avec le principe protestant du libre examen, vous n'y réussirez pas. Hors du catholicisme, il n'est pas plus possible de fonder l'autorité que de maintenir la foi. » — Mais TAngleterre, dites-vous? — Ce qu'il y a en Angleterre de foi et de respect pour l'autorité, « ce n'est ni plus ni moins que du catholicisme. Ce sont des débris des croyances catholiques que ces enfants prodigues ont emportés en sortant de l'Église ; en sorte que tout ce qu'ils croient encore est catholique, et leur protestantisme est dans ce qu'ils ne croient pas *.» Pour la liberté de conscience, c'est moins une liberté de droit qu'une liberté de tolérance \ L'État souffre
' Dernier Discouru, p. 563.
' Dernier Discours, p. 563.
' Quatrième Discours, p. 239. 241, 242.
' Ici le P. Ventura s'écarle sensiblement des oriricipes de la Consti-
tous les cultes, mais il ne doit pas les protéger tous, parce qu'il ne doit pas protéger également Terreur et la vérité. Si vous objectez que l'État n'a pas à considérer la vérité des cultes, on vous répondra que le gouvernement, s'étant identifié avec la religion, doit considérer toute opposition à la religion « comme une opposition déguisée à sa propre autorité. »
« Il est donc facile de comprendre qu'une politique fermant les yeux sur la licence et le sang-froid avec lesquels une cer^ taine presse insulte à la foi de la majorité catholique et froisse ses sentiments les plus chers serait une politique tendante à faire perdre au gouvernement ses meilleurs amis.»» Comment un pouvoir laissant détrôner Dieu, pourrait-il éviter d'être détrôné lui-même? L'hydre révolutionnaire est dominée par la rage de dévorer, non pas le prêtre ou le roi, mais le roi et le prêtre. C'est donc un bien pauvre calcul de lui donner à manger du prêtre dans l'espoir qu'il fera grâce au roi. Le roi aura son tour après le prêtre, et voilà tout ^ »
Un dernier témoignage de soumission à Dieu, qui achèverait de le réconcilier avec les peuples, ce serait l'abolition de l'enseignement classique et des Universités. L'éducation classique est la déplorable source de tous les maux du genre humain : « C'est l'écho des ricanements de Satan; c'est la mère de la Réforme, cet immense crime des temps modernes; c'est un tonneau de vinaigre » répandu sur le monde par le clergé et l'Université ; mais le clergé du moins y a mêlé « le vin de la religion ; » l'Université a versé le vinaigre tout pur. Tous ces maîtres païens, « vrais
tuiion : « Chacun professe librement sa religion, et reçoit de l'État, pour l'exercice de son culte, une égale protection. » (Article 7 du chapitre 11 de la Constitution de 1848, un des articles non abrogés par la Conslitution de 1852.) ' Quatrième Discours^ p. 284, 285, 286.