‹ Conservations littéraires et moralesChapitre 68 sur 72 · DE QUELQUES OU\'RAGES DE PIÉTÉ · texte numérisé non relu

DE QUELQUES OU\'RAGES DE PIÉTÉ

pharmaciens de Satan, préparent sans s'en douter le poison qui tue la jeunesse; vrais cuisiniers de Satiui, ils la lui donnent à manger ^ »

Les peuples ne feront à la religion qu'un léger sacriflce en répudiant l'éducation classique et ces libertés impies de conscience et d'examen, contre lesquelles l'Église est tôt ou tard forcée d'invoquer des lois restrictives « pour protéger l'honneur de Dieu '. » En échange, Dieu leur donnera le Pape pour protecteur et pour gardien, et le Pape, étendant sa main toutepuissante, préservera, comme aux beaux jours du moyen âge, les peuples de l'oppression des rois. Qu'on se prononce donc entre le césarisme et la théocratie. Peuples et souverains, optez, et que le Seigneur vous inspire !

Pour ne parler que de la France, on peut douter que l'option demandée y soit favorable à la théocratie. Cette option est dictée par la Constitution, et le Père Ventura abuse quelque peu de sa qualité d'étranger pour oublier que l'article capital de notre symbole politique, c'est la souveraineté du peuple, non la souveraineté du Pape. Il n'est pas besoin d'une autre raison pour présager le rejet du nouveau Concordat et pour être assuré que l'attention prêtée à l'orateur par un auguste auditoire n'est pas un indice d'adhésion, mais seulement un respectueux hommage à la liberté privilégiée de la parole chrétienne. Le seul effet notable de la prédication du Père Ventura sera peut-être de persuader très-faussement au monde que l'Église est l'ennemie naturelle de toute liberté et l'éternelle amie

' Second Discours, p. 83, 85, 105 et 108.

2 Voir la page 28G du quatrième Discours, où le P. Ventura invile le pouvoir * à faire fonctionner, pour protéger l'honneur de Dieu, les lois protectrices de l'honneur du dernier des hommes. »

de tout absolutisme. C'est le Père Ventura qui aura fait à l'Église cette belle réputation. Mais le Père Ventura ne ressuscitera pas Grégoire VII. C'en est fini des revenants.

2 septembre 1858.

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