CHAPITRE IV
Les lésions scléreuses du foie des tuberculeux
a) Fréquence et répartition : types anatomiques
« L’hépatite des tuberculeux, écrit E. Chabrol, aiguë, subaigué, où chronique, est une hépatite où la dégénérescence cellulaire commande l’évolution et laisse à l'arrière-plan la réaction interstitielle et les troubles circulatoires qui peuvent en résulter ». Cette opinion résume entièrement l'esprit avec lequel nous croyons devoir aborder l'étude des lésions scléreuses du foie, dont l'importance nous paraît quelque peu secondaire, eu égard aux processus parenchymateux dégénératifs qui, souvent, les précédent, aux lésions de stéatose qui les accompagnent ou non, dont le retentissement sur les capacités fonctionnelles du foie nous paraît au moins aussi considérable que le simple fait d’altérations ou d'hypertrophies conjonctives qui ne traduisent, selon l'expression de N. Fiessinger (165), que l'étape cicatricielle d’une hépatite dégénérative départementale à longue évolution.
L’attention du monde médical, orientée par une série de travaux retentissants où se retrouvent les plus grands noms de la Médecine française, semble avoir été, pendant de longues années, fixée sur un certain nombre de formes fort bien étudiées au point de vue clinique et anatomo-pathologique, mais, en réalité, ne se présentant que rarement dans la pratique courante. C’est qu’à vrai dire il faut, quoiqu’on en veuille, distinguer les manifestations hépatiques de la tuberculose pulmonaire des cas de tuberculose hépatique proprement dite, où la localisation du processus bacillaire au niveau du poumon peut manquer, ou rester discrète ou n’apparaître que Comme une complication terminale d’une maladie où les Symptômes hépatiques ont toujours tenu le premier rang. Ce seront ces malades que lon trouvera dans les services de Médecine générale, alors que les autres, plus nombreux, isolés dans les services spéciaux, seront considéfés avant tout comme des tuberculeux
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pulmonaires et, avec raison, comme des contagieux ; notre étude portant presque exclusivement sur cette dernière catégorie, n’a donc pu rassembler que des cas pour ainsi dire banaux, mais nullement dépourvus d’intérêt.
Il nous faudra distinguer entre les quelques rares cas de cirrhose du foie absolument caractérisés, dont nous avons eu l’occasion de pratiquer l’autopsie et ceux plus nombreux où les manifestations scléreuses du foie n’ont été, en dépit de quelques vagues suspicions : cliniques, qu’une trouvaille d'examen anatomique ou histologique et bien souvent ne se présentent que comme une lésion un peu particulière surajoutée aux lésions parenchymateuses et graisseuses si fréquemment constatées. Groupe encore plus complexe et de systématisation difficile, les hépatites nodulaires aiguës ou subaiguës où les lésions dégénératives côtoient fréquemment des manifestations cellulaires réactionnelles, s’accompagnent le plus souvent de manifestations conjonctives importantes et ajoutent aux difficultés de la classification anatomique, histogénétique et étiologique des lésions scléreuses du foie.
Ces lésions sont, en effet, fréquentes dans le foie des tuberculeux pulmonaires ; dans leur statistique, Mouisset et Bonnamour les signalent comme venant immédiatement après les lésions graisseuses du foie ; nous ne les retrouvons personnellement qu’en troisième ligne, après la stéatose et les lésions congestives du foie, soit exactement dans 42 % des cas et se répartissant ainsi :
Lésions sciéreuses périnodulaires de l’hépatite nodulaire simple : 1 cas, soit 100 % ; de l’hépatite nodulaire graisseuse, 7 cas sur 8, soit 87,5 % ; lésions scléreuses des foies congestifs simples, 6 cas sur 13, soit 46 % ; des foïes cardio-graisseux, 11 cas sur 35, soit 31,5 % ; des foies ne présentant que de la surcharge graisseuse de la périphérie des lobules sans manifestation centro-lobulaire, 3 cas sur 13, soit 23 % ; des foies amyloïdes, 3 cas sur 8, soit 100 % ; des foies à surcharge graisseuse massive, 1 cas sur S'ESOIL 2 DCE lésions scléreuses discrètes constituant laltération principale, 4 cas ; lésions scléreuses extrêmement prononcées à type cirrhotique, 3 cas ; enfin, deux foies que l’on peut considérer comme normaux sous tous les autres rapports présentaient quelques discrètes manifestations conjonctives à localisation vasculaire sus-hépatique et périportale.
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