CHAPITRE PREMIER
LES ÉTATS DÉPRESSIFS LEURS PRINCIPAUX CARACTÈRES CLINIQUES ET BIOLOGIQUES
Sous la dénomination d’états dépressifs, nous allons envisager plusieurs catégories de troubles, dont nous allons essayer de déterminer successivement les principaux caractères cliniques et biologiques.
a) Les dépressions simples se rapprochent beaucoup de la névrose d'angoisse des auteurs allemands et, parfois, sont de diagnostic difficile avec les états de neu- rasthénie et de psychasthénie. Ces états dépressifs simples sont exempts d’idées délirantes et le plus souvent sont faits d’une réaction douloureuse passive.
Le sujet présente une attitude triste avec diminution de l’activité générale, pouvant aller, en ce qui concerne l’activité extérieure, jusqu’à sa suspension.
Le malade est, en même temps, inquiet, aboulique, asthénique, et présente les signes d’une fatigabilité anormale. Cet état peut également s'accompagner d’une
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anxiété diffuse, non localisée et non systématisée, qui constitue un caractère angoissant, très pénible pour le malade.
b) Les dépressions mélancoliques constituent une catégorie très fréquente parmi les états dépressifs. En effet, c’est la mélancolie qui donne le plus äe troubles de ce genre.
Au tableau de la dépression simple viennent s'ajouter les éléments propres mélancoliques, tels que la douleur morale, les idées d’indignité, les idées d’auto-accusation, les troubles hypocondriaques et cénesthésiques. Ces malades concentrent alors en eux-mêmes toutes leurs douleurs, toutes leurs idées délirantes sans que rien ne transpire en dehors, de sorte que leur activité générale est en raison inverse du degré de leur mélancolie : ils ont l’aspect triste, la tête baïissée, les bras pendants, les mouvements lents, les gestes rares, la physionomie altérée, les traits tirés. Le plus souvent, ïls sont immobiles, inertes et passifs. À l'effondrement de la volonté s’est jointe la douleur morale.
c) Les dépressions confusionnelles peuvent faire partie soit d’un tableau de mélancolie confuse, et alors elles sont en réalité des complications d’une dépression mélancolique, soit d’un tableau de confusion mentale où le symptôme dépressif vient se surajouter aux divers élénents chroniques de la confusion. La torpeur cérébrale, l’obtusion, la désorientation, les amnésies, les troubles de l’activité sont classiquement ceux de la confusion mentale ordinaire, mais au lieu de cette indifférence émotionnelle plus où moins complète, le malade est orienté vers la douleur morale, l’anxiété, les idées délirantes dépressives.
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