CHAPITRE I
LES TROUBLES DES FONCTIONS HÉPATIQUES ET RÉNALES LES ALTÉRATIONS SANGUINES AU COURS DES ÉTATS DÉPRESSIFS
Les différents auteurs qui ont étudié, dans ces vingt dernières années, les manifestations sanguines des états dépressifs et qui ont plus particulièrement analysé la dépression mélancolique, ont noté des variations plus ou moins importantes des principaux constituants du sang.
On lit en effet, en 1924, dans la thèse de M"° BapoNx- NEL sur les troubles des fonctions organiques dans la mélancolie, que les altérations sanguines comportent d’abord très souvent une diminution du taux de l’hémoglobine dont le pourcentage varie habituellement entre 50 et 70. L’hypercholestérolémie est, en outre, de règle dans la mélancolie caractérisée. L'hyperglycémie ne pa-
raît pas constante, d’après M" Baponxer. Ses recherches dans ce domaine rendent compte de ce que le taux du glucose est souvent normal ou à peine supérieur aux chiffres normaux extrêmes, et elle conclut que la légère élévation de la glycémie au cours des états dépressifs, notée déjà par plusieurs auteurs, est tout à fait inconstante et qu’elle tient peut-être à la différence des techniques de dosage utilisées par ces différents auteurs. Elle préfère, d’ailleurs, étudier les glycémies provoquées (alimentaires ou adrénaliniques) qui rendent mieux compte, selon elle, du fonctionnement du foie, des reins et du système neuro-endocrinien.
En ce qui concerne l’urée, elle signale que l’on trouve souvent de l’hyperazotémie dont on peut rendre le rein responsable par suite d'insuffisance dans le pouvoir de concentration, parfois associée à l’oligurie, et qu’on peut également, dans certains Cas graves, expliquer par une hyperuréogénie hépatique et tissulaire.
M" BaADonxEL souligne ces modifications sanguines. Elle indique qu’elles sont la manifestation des troubles fonctionnels du foie relatifs à la glycopexie, la glycogénolyse et la glycolyse, et la preuve de l'insuffisance rénale, ces troubles de ces deux organes, ces déficits fonctionnels s’associant d’ailleurs souvent.
TaARGOwWLA et LAMACHE, dans ieur étude sur «Le syndrome biologique dans les états mélancoliques », signalent aussi que les chiffres de la glycémie sont la plupart du temps normaux. Parfois, ils notent une hypoglycémie (0,60-0,70 0/00), laquelle s’observerait surtout en rapport avec des phénomènes d’asthénie plutôt qu'avec des manifestations dépressives proprement dites; de plus, elle se rattacherait, du moins en partie, à l’insuffi-