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profondément dans les tissus ou dans le sang de la circulation générale dans les cas graves. C’est ainsi que dans plusieurs cas de septicémie mortelle d’origine amygdalienne, tels que ceux de Frœnkel, de Fuerbringer, de Metzner, et enfin de Hanot, l'examen bactériologique simultané des viscères, du sang et des amygdales démontra la présence du streptocoque.
Pourquoi dans le phlegmon intra-amygdalien, ne retrouvons-nous pas le ou les autres microbes qui cultivaient avec lui à la surface? Il nous serait difficile de répondre, mais nous pouvons foujours constater le fait, et reconnaître au streplocoque une qualité que ne possèdent pas ou possèdent à un degré moindre les autres microbes: Celle de pénétrer plus facilement que ses congénères à travers les
tissus.
Cette propriété spéciale étant démontrée, nous nous expliquons du coup pourquoi nous avons rencontré le streptocoque presque constamment dans le pus des abcès périamygdaliens. Un fait cependant semble contrarier notre thèse: pour l’'abcès intra-amygdalien, nous pouvons admettre aisément que le streptocoque soit le seul en cause, outre cette affinité particulière pour la profondeur des tissus que nous lui avons reconnue, il a encore pour lui la supériorité du nombre, comme les recherches de Kurth et de Sentner l'ont établi en démontrant que, dans certaines amygdalites, le streptocoque pullulait très activement au niveau
des cryptes, Mais, dans l’abcès péri-amygdalien qui,, lui,
n’est pas précédé d’une phase angineuse, pourquoi ne retrouvons-nous pas le pneumocoque, par exemple, qui habite dans la bouche normale dans la proportion de 20/00, alors que le streptocoque ne s’y rencontre que dans la proportion de 55/00? On est obligé de convenir que le streptocoque jouit véritablement d’une faculté spéciale de pénétration, à un degré bien plus élevé que les autres microbes de la bouche, puisque, malgré son infériorité numérique, il sort vainqueur de la course vers la profondeur des organes.
SESUHALES
Cependant, il rencontre quelquefois, exceptionnellement d’ailleurs, des adversaires sérieux, qui triomphent sur lui. Notre cas d’abcès à bacille de Lôffler en est un exemple (Obs. VD. Nous rapportons ce fait sans l'interpréter; il est trop isolé, car, dans tous les autres cas, où ce microbe a été signalé, il existait une diphtérie pharyngée ou bucco-pharyngée concomitante, Tout au plus pourrait-on dire que, puisqu'il existe des angines non diphtériques à bacilles de Loôffler, il peut exister des abeès de l’amygdale à bacilles de Lôffler, sans diphtérie simultanée.
Après avoir reconnu au streptocoque le rôle prépondérant dans la pathogénie des abcès de la région amygdalienne, essayons d'établir s'il existe un rapport entre la forme clinique de labcès et le microbe qui le produit.
Et d'abord, comment pouvons-nous expliquer qu'une forme tvphoide et une forme frustre relèvent du même microbe: le streptocoque? Nous ne voulons pas reprendre l’histoire du streplocoque, qui ne date pas de vingt ans, et qui a déjà passé par des phases bien diverses; l’opinion médicale a penché alternativement pour la ‘pluralité ou Punilé d'origine des divers streplocoques trouvés chez l'homme, Nous n'avons pas la prétention de trancher la question. Cependant, nous nous rangeons à l'opinion autorisée de Widal et Besançon, qui, après des recherches portant sur 122 échantillons, provenant de 89 sources différentes, démontrent linsuffisance des caractères morphologiques et biologiques invoqués pour la différenciation des variétés de Streplocoques, et arrivent à la conclusion suivante: « en » résumé, sans vouloir conclure que tous les microbes en » chaïînettes sont des microbes d’une seule et même es- » pèce, et tout en admettant qu'à côté de l'espèce strep-
tocoque, il puisse exister d’autres microorganismes ayant » des caractères semblables et cependant d'espèce différen- » te, nous estimons que, de même que l’on a identifié le Streplocoque de l’érysipèle et celui de la suppuration, de
même on doit admettre l'identification du streplocoque