‹ Considérations Cliniques et Bactériologiques sur les ABCÈS PÉRI-AMYGDALIENS ET INTRA-AMYGDALIENSChapitre 31 sur 36 · STE · texte numérisé non relu

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» de la bouche normale et des divers streptocoques patho- » gènes. Ce ne sont pas là des espèces distinctes, mais seu- » lement des races transformables d’une seule et même es- » pèce. Pour le streptocoque comme pour le staphyloco- » que, le pneumocoque et le coli-bacille, c’est la même es- » pèce microbienne qui, saprophyte vulgaire de nos tégu- » ments et de nos cavités naturelles, la cavité bucco-pharyn- » gée en particulier, est capable de récupérer sa virulence » et de devenir l'agent d'infections locales ou générales, pri- » mitives ou secondaires. »

Lingelsheim a voulu classer les streptocoques en streptococcus brevis, ou à courtes chaînettes, et en streptococcus longus, ou à chaïnettes allongées et à grains très nombreux; Widal et Besançon démontrent que cette distinction n'est pas fondée, car souvent des streptocoques de même provenance se présentent tantôt sous forme de longues chaînettes, tantôt sous forme de courtes chaînettes. Widal prétend également que la brièveté des chaînettes ne saurait être considérée comme un caractère de virulence moindre comme le soutient Lingelsheim, et de fait, dans nos observations, nous n'avons trouvé que des chaïnettes courtes, même dans les cas bénins.

Enfin, le groupement des éléments de la chaïînelte en diplocoques n'aurait rien de caractéristique et serait d'observation bien plus générale; il correspond à une phase de développement du microbe, chaque grain se divisant par scissiparité.

Nos observations viénnent corroborer pleinement ces vues biologiques et dans les deux cas de phénomènes réactionnels peu intenses, nous n'avons trouvé aucun caractère morphologique suffisant, pour nous permettre d'établir une différence entre ces streptocoques ef ceux que nous avons observés dans les autres cas. Et, même aurions-nous trouvé un caractère spécial, nos conclusions auraient peu de valeur, étant donné les considérations ci-dessus, basées sur un beaucoup plus grand nombre d'observations,

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Puisque les caractères morphologiques des streptocoques observés ne nous permettent pas d'expliquer cette différence dans la façon de réagir de lorganisme, nous devons admettre que cette réaction est fonction de la virulencg du microbe, Tous les auteurs s'accordent, d’ailleurs, à réconnaître que le streptocoque a la propriélé d'acquérir une virulence très variable en degré et en modalité,

Pour quelle raison un individu réagit-il moins fortement qu'un autre à l'infection streptococcique? C’est là une queslion de pathologie générale, où entrent en jeu plusieurs facteurs, terrain, hérédité, âge, maladies antérieures, comme nous le disions au début de ce chapitre. Mais dans nos trois observations (1, IV, XVI), nous n'avons pas trouvé de raisons suffisantes pour nous expliquer cet état de moindre réceptivité morbide. Le fait est rare pour les abcès de lPamygdale et méritait d’être signalé.

‘Toutes nos recherches ont porté sur des cas d’abcès aigus, mais, malheureusement, nous n'avons pas eu l’occasion d'étudier des cas d’abcès chroniques. Or, dans la grande majorité de ces derniers, les auteurs signalent du staphylocoque. Nous regrettons de m'avoir pu contrôler le fait à l’aide de notre procédé, car si nos résultats avaient concordé avec ceux de nos prédécesseurs, nous aurions pu ürer la conclusion suivante: le streptocoque est l'agent des abcès amygdaliens et péri-amygdaliens aigus; le staphylocoque se retrouve plulôt dans les abcès chroniques.

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