AUS
$S 2. — Causes prédisposantes.
L'hérédité, les divers tempéraments: lymphatique, nerveux, arthritique, ont été tour à tour invoqués. Ridcharson Parke admet l'influence des émotions morales vives, dépressibles; d'autres affirment l'origine rhumatismale de l’esquinancie phlegmoneuse {Monari, Bosworth), Sur 44 malades observés par Cobb, 18 étaient indemnes d'une lare rhumatismale, 19 possédaient des antécédents douteux; 7 étaient nettement rhumatisants. CI Rice nie toute relation avec le rhumaisme, qu'il n'a observé que trois fois sur 2{ cas.
Le lymphatisme peut prédisposer au phlegmon péri-amygdalien en tant que créant un appel des infections sur le tissu adénoïdien, en général, et, en particulier, sur le tissu lymphoïde si abondant du pharynx (anneau de Waldever). Mais si l’amvygdale des sujets lymphatiques réagit très facilement vis-à-vis des agents pathogènes, c’est surtout par des amygdalites répétées; le tempérament lymphatique prédispose à l’adénoïdite hypertrophique chronique.
L'enfance, qui est l'âge de l'hypertrophie amygdalienne, n'est pas l’âge du phlegmon péritonsillaire. Notre observalion XVI, qui semble en contradiction avec ce fait, concerne une enfant de 8 ans, qui à eu de l'hypertrophie des amygdales, avec poussées d’amygdalite, et un phlegmon intraamygdalien et non péri-amygdalien. Cornet rapporte cependant un cas de phlegmon péri-amygdalien survenu chez un enfant de 9 mois.
Quant à lhérédité, elle ne peut créer chez un sujet que le tempérament de ses ascendants et non la prédisposition au phlegmon: celle-ci est toute individuelle et nous n’aurons pas de peine à le prouver en montrant, dans un instant, le rôle étiologique de la fossette sus-amygdalienne.
Il y a quelques années, c'était presque exclusivement au coup de froid qu'était reconnu le pouvoir de donner naissance aux angines phlegmoneuses. A cette période a suc-
cédé, au moment du premier épanouissement des doctrines microbiennes, une ère de réaction peut-être exagérée el prématurée, qui enleva au froid, presque du jour au lendemain, toute, ou au moins la plus grande part de la vogue dont il avait conservé si longtemps le privilège incontesté. Maintenant qu'une interprétation plus rationnelle des faits tend à l'emporter sur un enthousiasme trop prompt et un peu irréfléchi, le traditionnel refroidissement a reconquis dans l'étologie non peut-être tout son empire, mais une place raisonnable, qui nous paraît être la vraie.
Parmi les causes adjuvantes d'ordre général, nous devons citer la débilité du sujet, qui peut résulter d’une maladie antérieure (accouchement par exemple), l’action des variations atmosphériques. L'importance des variations atmosphériques serait démontrée, pour les classiques, par Fapparilion plus fréquente de l’angine phlegmoneuse dans les climats froids et humides, à l'époque des saisons de transition ‘fin du printemps et de l'automne, Voici les résultats d'une statistique portant sur 263 cas:
RELEVÉ DES CAS D’ABCÈS PÉRI ET INTRA-AMYGDALIENS OBSERVÉS A LA CLINIQUE pu Proresseur MourEe pEpuis 1899 JusQUu'A 1908 :
JEUN SOS VE RERRNE NES SE ET PPT 26 cas.
D ne tn lire ei andere 22 — PR an ne Ver entre à 13 — M ms oise dpéss cures 17 — ET RE HÉROS TN OT OT OT 24 — PEUR Te AN RTE TD LI PTE PRE 24 — ER D Re a Us Le EN DS LIT) Pau ; 21 — Tom 49 — RDA a rieur. Sion AÂUES D nt CIN Mes ensssese 20 — D ere crues rite ne 16 — Décembre... APR ET TR TS 10 —
D’après celte statistique, la proposition précédente ne serait pas absolument vraie: les mois de mars, avril, novembre et décembre seraient précisément ceux qui réunissent le moins de cas. Au contraire le maximum s'observe en mai, juin, juillet et surtout août, c'est-à-dire au printemps el au fort de (l'été.
On doit incriminer souvent une lésion locale ou une lésion de voisinage.
Ecartons d’abord les irritations locales produites par des poussières, des gaz, ou par le tabac, les épices, les boissons alcooliques, en un mot par toutes les causes de pharyngite chronique; si elles sont capables de déterminer du catarrhe à l’amygdale, elles ne sont point assez actives pour provoquer la suppuration.
Il est des cas dans lesquels le traumatisme semble jouer véritablement le rôle de cause déterminante, et, spécialement, le traumatisme opératoire. Dans un cas de Sallard, un sujet de 25 ans fut atteint d’une première poussée de périamygdalite phlegmoneuse, trois ans après une amvgdalotomie double, alors qu'il n'avait souffert auparavant que d'amygdalites calarrhales. Chez une malade de Garel, après une amygdalotomie double, subie dans l'enfance, pour hypertrophie des amygdales, survinrent, de 14 à 28 ans, treize à quatorze poussées d’angine phlegmoneuse.
Chez un malade, traité par M. le docteur Escat par l’ignipuncture, trois abcès péri-amvygdaliens se sont développés en six Mois.
Un corps étranger peut également provoquer un abcès péri-amygdalien (Ohs. XXV).
Dans d’autres circonstances, signalées par Ruault, l’inflammalior. péri-amygdalienne peut succéder à certaines opérations inlra-nasales pratiquées avec une asepsie défectueuse; d’après lui, l'infection serait apportée par la voie sanguine.
Kœæhler admet comme cause la plus fréquente la périostite alvéolo-dentaire, développée au niveau de la dernière molaire inférieure cariée, C'est aussi l’opinion de Moritz-
= Yes
Schmidt, qui admet le transport des streptocoques du pus périostique jusqu'à l’amygdale, où ils pullulent dans le milieu favorable des bouchons cryptiques. Nous nous rangeons à cette manière de voir, et quoique nous n’ayons pas d’observation probante, nous concevons fort bien la possibilité de cette étiologie.
D’après Kœæhler, viendrait en second lieu, par ordre de fréquence, l’amygdalite lacunaire chronique. Nous verrons, dans un instant, la grosse importance étiologique de cette affection.
Au cours d’une diphtérie, la suppuration peut être le résultat d’une infection secondaire par les microbes pyogènes. Sendziack nous apporte une observation, où la suppuration envahit les trois amygdales (palatine, pharyngée, linguale), dans une diphtlérie grave du pharynx et du naso-pharynx.
La grippe peut encore être invoquée comme une cause adjuvante: notre observation IV en est la preuve.
Kœhler admet enfin l'influence d'un foyer purulent de voisinage, l’otite moyenne chronique: le pus s'écoule dans le pharynx, par la trompe d'Eustache et infecte l’amygdale; cette variété d’otite est si fréquente et de si longue durée habituelle, que par elle on pourrait facilement expliquer les récidives. Cette opinion nous paraît un peu hasardée et n’est d’ailleurs basée que sur une généralisation, partie d’une observation unique d’abcès intra-amygdalien.