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Cette évolution est intéressante : elle nous montre qu’en matière d’antiseptiques, on ne doit pas chercher l’action brutale sur les microbes, mais on doit penser à ménager les tissus. Le permanganate, avons nous dit, donne de bons résultats dans les urétrites. Ceci, seulement, quand on l’emploie aux doses voulues, à bon escient. Car nous estimons qu’on doit lui demander seulement : 19 Un rôle mécanique de balayage ; 2° La production de cette réaction locale légère qui produit une certaine exsudation, une diapédèse très favorable. Au delà, le permanganate est funeste, et on ne devrait jamais voir ces malades atteints d’un ædème congestif de tout le gland et du prépuce, avec douleur en proportion, véritable « inflammation traumatique » surajoutée à l'infection. On oublie trop que, dans l’urétrite, il y a le microbe et l’urètre, et qu’il ne faut pas blesser l’un pour tuer l’autre. Une cellule naissante ne peut se développer qu’à l'abri d’une première couche cellulaire morte, si elle est en contact avec un antiseptique. Au contraire, elle évolue librement en milieu aseptique.
Nous avons trouvé, dans la thèse de Richard (65), excellent plaidoyer de l’emploi du permanganate, l’aveu de ce que nous avançons : « L’épithélium cylindrique se trouve plus ou moins épuisé et modifié, dans sa structure, par une desquamation plus ou moins intense, à la suite de la lutte entre le gono et les lavages ». C’est surtout la lulle entre l’antiseptique et l’épithélium qu’il faut éviter. Et le succès du permanganate vient, de ce qu’à faible dose, il n’est pas trop meurtrier pour la cellule.
Les antiseptiques ne peuvent pas tuer les microbes d’un urètre comme ils stérilisent les colonies superficielles d’une culture. Les microbes sont profondément cachés dans un urètre : 1l faut les en déloger ; par là se fait la liaison entre
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les urétrites aiguës et chroniques. A l'opportunité près, les indications thérapeutiques sont les mêmes, et on trouve aujourd’hui logique de dilater les urètres en pleine période subaiguë, dès que les phénomènes suraigus sont passés. Les urologues ne suivent plus, en effet, le principe longtemps classique : pas de dilatations tant qu'il y a du gonocoque. Quel que soit le microbe en jeu, il faut l’extraire de la profondeur, et c’est une des grandes indications de la dilatation. On n’a aucune des complications dont menacent les classiques, si on prend soin préalablement de laver soigneusement l’urètre, et de remplir la vessie du malade avec un antiseptique faible, qui, par la miction, réalisera un excellent balayage après l’intervention. Nous n’avons jamais vu ni prostatite, ni épididymite, à la suite d’une dilatation, chez les malades que nous avons soignés ainsi. On sait aujourd’hui que les antiseptiques /rop faibles, ont une action excitante sur le développement des microbes. Ici encore, il y a une limite à connaître et à observer. C’est un point que fixe seule l’expérience. |
Le Béniqué est notre premier agent de dilatation, il met en jeu l’élasticité normale des tissus sains ; mais il dilacère les fibres non élastiques des tissus néoformés. Il masse toute la muqueuse, ses glandes et diverticules propres et les glandes annexes. Il les vide par expression. Il produit une congestion de la muqueuse, avec transsudation de sérum sanguin, et diapédèse des leucocytes. Cette réaction active le plus heureusement les défenses naturelles du malade ; mais elle doit être dosée ; c’est affaire d'expérience, et on graduera les séances de béniqués d’après les résultats qui ont suivi la séance précédente.
Le Kollmann part d’un principe différent : son action est ‘ plus brutale, car il distend l’urètre sur ses quatre branches,
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il ne réalise pas de massage, mais il assouplit parfaitement les muqueuses sclérosées, et exprime par étirement les glandes infectées. Il est’aussi un agent puissant de diapédèse : mais la réaction salutaire qu’il amène doit être surveillée et dosée ; il doit être manié prudemment, sous peine de douleurs, d’hémorragies minimes, et, à aucun moment, il ne faut se laisser entraîner à forcer sur le volant de l’appareil. Le Kollmann laveur balaie dans une certaine mesure les détritus qu'il a exprimés. Mais cela n'infirme pas la règle de remplir la vessie avant l'intervention.
L’urétroscope vérifie de temps en temps les résultats obtenus par ces traitements : il contrôle l’état des lésions, les points de la muqueuse à traiter spécialement ; il permet les applications locales de médicaments et la galvanopuncture. Il sert enfin.à vérifier le retour à l’état normal de la muqueuse à [a fin du traitement, cet état normal coïncidant généralement avec la disparition des microbes.
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