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Sans laver, recolorer une minute avec solution de safranine à 1 %. Laver à l’eau. Sécher à l'air chaud, ou sur la platine chauffante.
Examen au microscope : Huile de cèdre, objectif 1/12 à immersion, oculaire 4, puis 6, éclairage Abbe, miroir plan. Employer la lumière artificielle pour avoir des résultats
toujours comparables.
LE GONOCOQUE. - Parmi les microbes, il tient la première place, surtout par sa fréquence. Et cette fréquence en donne l’obsession au chercheur. On ne pense qu'à lui ; on croit le trouver toujours.
Les gonocoques se présentent sous l’aspect de cocci réniformes encapsulés, associés en diplocoques se regardant par leur face concave. Ils mesurent environ 14 sur 0,6. Ces microbes ne se touchent pas. Is se groupent en amas de 4, 8, 16, etc., individus, nombre toujours divisible par 4. Ces amas ou colonies sont souvent intra-cellulaires, surtout au début des urétrites. Les microbes isolés se disposent au hasard, dans, sur, ou entre les cellules. Pour Janet (31), les gonos se disposent en chaînettes sur les cellules épithéliales. Nous avons observé parfois des figures analogues. Mais, pour tous les classiques, les gonocoques ne se mettent jamais en chaïnettes. Cette question mériterait d'être tranchée. Pour notre part, nous pensons que ces microbes en chaïnettes, malgré leur apparence, ne sont pas des gonos. C'est une disposition que nous avons trouvée une seule fois sur une lame présentant ailleurs des gonos typiques.
Le gonocoque est fragile. Il meurt in vitro à 40°. Par contre, il résiste bien au froid. Lumière (44) a montré qu'il restait vivant après un séjour de 24 heures à — 1950. Cette résistance remarquable au froid peut être expliquée par
MAUTE
ce fait que, dans les espaces capillaires, le point de congélation des liquides est énormément abaissé.
Il résiste à la dessication. On sait que les linges souillés restent longtemps virulents. Il n’est pas strictement aérobie, comme le disaient les classiques : c’est un aérobie facul-
| tatif, qui peut se développer sans oxygène. Sa vitalité
semble persister longtemps, s’il est cultivé en aérobie : un courant violent d'oxygène pendant 24 heures ne le tue pas. (Lumière). Me :
Janet (31) croit que les gonocoques sout collés à la surface des leucocytes, et non orientés en tous sens à leur intérieur, [I nous semble, au contraire, qu’ils sont bien vraiment intra-cellulaires : on en voitsonvent, partransparence, sous le noyau cellulaire. Plus denses que le protoplasma, ils se disposent à plat au fond de la cellule, par l'effet de la pesanteur, en montrant presque toujours leur face, et rarement leur profil.
Les gonocoques sont toujours jumeaux. Cette constance dans l’aspect élimine l'hypothèse de formes de division. Nous n'avons jamais vu, sur lames, de figures permettant de penser à la division d’un coceus en deux éléments réniformes. Et la division d'un gonocoque se fait toujours sur les deux éléménts en même temps, de sorte qu’une colonie née d’un seul mierobe comprend toujours un nombre d’individus qui est un multiple de 4.
La forme des gonocoques paraït favoriser leur diffusion et leur cheminement par rotation sur eux-mêmes. Le Docteur Roucayrol nous a montré à l’ultra ces gonocoques, qui, en dehors des mouvements capillaires liquidiens, présentent des mouvements propres de rotation sur leur centre de figure, pendant lesquels on voit leur double corps tiraillé et déformé par la force centrifuge. L’encoche d’Echsbaum
nous parait, être. l'expression, une fois fixée, de ces déformations produites par le’ mouvement.
Ces mouvements du gonocoques se font-ils le long Le filets nerveux, comme nous le suggère le Docteur Roucayrol en. appuyant son hypothèse d'arguments physiques très troublants ? (68) Les savants de notre génération appartiennent à deux écoles. La première voit dans tous les phénomènes biologiques la résultante d’aclions chimiques “cellulaires, sur lesquelles la biochimie moderne agrandit tous les jours nos connaissances. (Lire tout le chapitre « La | Cellule », de la Biochimie, de Lambling (38). L'autre école tend à rapporter toutes les manifestations de la vie à des phénomènes électriques. Les idées modernes sur la théorie des atomes et des électrons (Voir les travaux de Thomson), ont ouvert aux chercheurs une voie nouvelle, et nous trouvons dans un travail récent (Leprince) (43), une revue des hypothèses auxquelles permet de se livrer la théorie de l’électron cellulaire, élément ultime de division physique de la cellule, et cause élémentaire de tous les phénomènes physiologiques et pathologiques qui se passent dans la cellule et entre les cellules.
Mais les phénomènes électriques ne sont pas incompatibles avec les actions chimiques, et nous savons depuis longtemps que d’une part le courant électrique produit des déplacements chimiques, que, d'autre part, l'énergie chimique peut développer des forces électromotrices (Carvalho) (10). Par là, nous en sommes certains, se lera un jour la liaison entre les deux écoles de chercheurs.
| Pour l'instant, on ne peut mener jusqu'au bout toutes ces hypothèses. Mais elles doivent être discutées par le médecin, qui a besoin d'une pathogénie pour tout fait clinique et qui veut tirer de le morphologie et des propriétés
RRES RTE
d’un être nocif, des précisions sur son mode pathogène et des indications pour le vaincre.
ESSAIS DE PRONOSTIC. — C'est un souci du même ordre qui nous pousse à chercher des indications pronostiques dans l’examen sur lames du pus gonococcique. Nous nous y sommes essayés, après de très nombreux auteurs. Mais nous avons trouvé moins de certitudes que d’objections dûes aux causes d'erreur et à tout ce que nous ignorons encore de la virulence des microbes et de la valeur de l’immunité.
Le nombre des microbes peut-il servir au pronostic ? — Il n’est pas toujours en rapport avec la gravité et la durée de la maladie. Il ne permet pas de comparer deux cas cliniques, et on ne peut baser qu’un pronostic très vague sur l'abondance du gono dans une préparation. Il intervient ici trop d’éléments inévaluables, du côté de l'individu et du côté des microbes (Ramond et Charlet) (63). Pourtant le nombre des individus des colonies augmente indubitablement avec la virulence de l'infection, et l’on ne voit que dans les formes suraiguës ces colonies de plusieurs centaines d'individus, enjambant une dizaine de cellules, comme nous venons d’en observer un cas typique.
Situation des microbes. — Les Gonos sont intra-cellulaires au début de l'affection, extra-cellulaires plus tard. Mais ce caractère n’est pas absolu. Les cultures ont montré que les microbes extra-cellulaires ne sont pas forcément moins virulents, et l'examen des cas cliniques montre que la situation des microbes n’a pas l'importance que certains auteurs paräissent y ajouter. Il faut considérer ici de nombreuses causes d’erreur. Les artifices de préparation inter-
viennent souvent pour faire sortir les microbes des leu-
LR
cocytes : l’action trop brutale du Bunsen ratatine les cellules ou les fait éclater en libérant leur contenu. Les déshydratants ont une action énergique sur les albumines, et il suffit d’un simple calcul pour se rendre compte que la surface de contact de l’anse de platine avec la lame doit déformer et détruire bien des éléments cellulaires, après quelques va-et-vient d’étalement. Un fil de platine rectiligne de un millimètre de diamètre trace, à chaque passage, une bande de 80 & environ sur le prélèvement. L’autorité de N. Fiessinger confirme tout récemment cette conception : « Si le leucocyle du pus contient des enclaves, l’élalement ne manque pas de le faire éclater » (19).
Si nous voyons peu de colonies extra-cellulaires au début de l’affection, nous l’attribuons à la plus grande résistance des polynucléaires à cette période. Plus tard, les polynucléaires, autolysés, ou seulement plus fragiles, résistent moins bien aux éclatements par les artifices de préparation.
Le leucocyte une fois éclaté, les colonies de gonocoques sont souvent étalées « en coup de palle ».
Taille des microbes. — Janet (31) dit que les microbes du début sont plus petits que ceux de plus tard. Nous sommes loin d’avoir vérifié constamment ce caractère. Le même auteur donne comme caractères du vieillissement du gono et de sa dégénérescence son augmentation de taille ; mais les pseudo-gonocoques, souvent plus gros, ont tout à fait l'aspect de gonocoques avec un simple bleu, et Janet ne faisant ordinairement pas de Gram (31),la confusion peut être facile. Nous avons observé au contraire souvent les autres caractères de vieillissement que donne Janet : 19 arrondissement d’un des éléments ; 20 inégalité des éléments ; 30 un des éléments se divise, l’autre ne peut y parvenir et reste normal. À
Ces trois caractères ressortissent, à notre avis, aux gran-
des diminutions de colorabilité qui marquent dans la vie des microbes comme dans celle des tissus, les périodes de
maladie, de déchéance, et la mort.
Peut-on différencier sur une lame fixée les microbes vivants et les microbes morts ? Nous ne le pensons pas. On ne peut juger de la vitalité d’un microbe qu’à l’état frais, à l’ultra (nombreuses causes d’erreur).
L'étude de leur groupement nous donne un meilleur indice de pronostic : colonies très nombreuses dans la blennoragie aiguë ; individus de moins en moins nombreux jusqu’à devenir isolés dans les formes anciennes, chroniques, et torpides. Mais nous savions déjà cela, au simple examen du méat, d’après l’abondance du pus ou du suintement urétral. F
Polynucléaires. — Nous aurons enfin des indications pronostiques par l’étude des polynucléaires dans le pus des malades. On peut mettre en évidence les leucocytes par toutes les colorations habituelles des microbes. On constate ainsi que les polynucléaires n'apparaissent que un à deux jours après le début de l’urétrite, que leur nombre maximum correspond à la période la plus aiguë de l’écoulement, celle qui s’accompagne le plus de phénomènes douloureux. Leur nombre diminue ensuite, et il arrive souvent, dans les formes chroniques, que l’on voie des microbes en l’absence de
polynucléaires. Au point de vue histologique, on peut aper- cevoir plusieurs aspects du leucocyte. Jeune, il est petit, avec un gros noyau à peine festonné, un cytoplasme très étroit. À mesure qu'il vieillit, on constate que le volume du polynucléaire augmente ; le noyau devient polylobé et festonné plus profondément ; l'étendue du cytoplasme augmente. Le polynucléaire dégénéré présente un protoplasme
flou, mal coloré, mal limité, Le noyau se colore mal également ; il est déchiqueté et imprécis.
Cette détermination approximative de l’état du leucocyte permet d’avoir une idée de la virulence du microbe et de l'efficacité des organes de défense qui lui sont opposés. La constatation d’un grand nombre de leucocytes en pleine vitalité, la prédominance des formes jeunes sur les figures dégénérées permettent de prévoir une sédation prochaine des phénomènes aigus.
Mais les leucocytes sont souvent très déformés par des artifices de préparation. Il est indispensable, pour avoir d’eux une idée exacte, d'employer la méthode de coloration vitale bicolore de N. Fiessinger (19) :
Etaler sur une lame, avec un agitateur, une goutte de la
teinture suivante
SOUTAD ETES Er 0.06 PICURGICINTI ES RER . 0.05 Alcool absolu ... ASTUCES
On sèche cette lame et on dépose à la surface une goutte du pus à examiner. Une lamelle recouvre cette goutte, le pus s'étale, on comprime légèrement sur la lamelle avec un stylet mousse, et on attend cinq minutes avant l'examen qui sera fait de préférence à l'objectif à immersion.
On voit alors le leucocyte vivant. Il reste vivant quelques heures sur la lame, et on assiste à sa mort progressive. Chez le leucocyte vivant, le noyau ne se colore pas par le Bleu de Nil. Le protoplasme est bleu pâle, et montre de fines granulations protoplasmiques. Celles-ci sont animées de mouvements browniens assez intenses, localisés en un. deux, ou quatre foyers de grouillement. Dans les mêmes con-
ditions expérimentales, le leucocyte du sang est beaucoup
RAT RTE
moins actif. Le leucocyte du pus montre encore des pseu-
dopodes animés de mouvements amiboïdes très marqués,
poussant et se développant au voisinage direct des foyers
de grouillement. Le pôle opposé de la cellule renferme des enclaves quand il en existe.
La coloration vitale permet de mieux étudier l’âge des leucocytes, et N. Fiessinger distingue :
Les P. jeunes : avec un noyau double ou triple, bien transparent, plusieurs centres de grouillement, avec des granulations très actives.
Les P. vieux : un noyau à plus de quatre lobes, un seul centre de grouillement, et des granulations moins mobiles.
Les P. morts : le noyau est devenu colorable. Les granulations sont immobiles.
Les P. aulolysés : coloration diffuse bleu azur, distension du noyau.
Ce mode de préparation nous permet de surprendre un des caractères de la vie des polynucléaires. On en saisit tout l'intérêt. Mais nous n’en avons pas une expérience suffi-
sante pour essayer d’en tirer des éléments de pronostic.
DIAGNOSTIC DiFFÉRENTIEL DU GONOCOQUE. — Nous avons paru, jusqu'à présent, considérer comme très facile la reconnaissance du gonocoque, d’après ses caractères distinctifs classiques. Il suffit d'examiner au microscope le pus de nombreux malades pour se convaincre des difficultés de ce diagnostic. Autant ce dernier est facile dans les formes aiguës où les colonies de gonos sont typiques, autant il devient délicat dans les urétrites anciennes ou les microbes sont rares, isolés, et quelquefois difficiles à colorer correctement.
Avec quoi peut-on confondre le Gonocoque ? De très nom-
en je
breux travaux ont compliqué à plaisir cette question ardue. Rappelons les principaux caractères du Gonocoque : Diplocoques réniformes, en colonies ou isolés, jamais en chaïnettes, ne se touchant pas, ne prenant pas le Gram.Ce caractère est absolu pour tous les auteurs ; l'épreuve du Gram ou de ses succédanés est indispensable, dans tous les cas. Et nous pouvons éliminer dès maintenant tous les pseudogonocoques décrits, prenant le Gram. Citons entre autres : les microcoques subflavus, citreus conglomératus, lacteus faviformis, albicans amplus, décrits par Bumm, le diplocoque jaune orangé, de Steinschneider, le micrococcus blanc grisélre, de Legrain, le synocoque, de Nicolle, etc. (voir Macé} (48). Nous ne voulons pas ranger dans les pseudo-gonocoques tous ces microbes qu'un simple Gram suffit à différencier.
Plus difficile est le diagnostic des Micrococcus jaune citrin et blanc grisâtre, de Steinschneïder, du m. orchitis ou orchiocoque, d'Hugounenq, qui sont régulièrement décolorés par le Gram ; du micrococcus jaune non liquéfiant et du blane jaunâtre, de Legrain, dont le Gram est inconstant ou douteux, du fallax, de Rousseau, dont le Gram est négatif dans le pus ou les sérosités, et positif pour les microbes provenant de cultures. Mais il ne faut pas oublier que ces microbes sont rares, très rares, dans les urètres. On n’aura pas souvent l’occasion d’être en leur présence. Quand on en doutera, il faudra recourir aux cultures et aux autres procédés de différenciation.
Nous avons été frappés, d’ailleurs, en lisant les travaux de tous ces auteurs, par le petit nombre d'observations dont ils étayent leurs découvertes. La plupart de ces microbes sont différenciés par la couleur de leurs cultures, ou plutôt par l'appréciation de la couleur de leurs cultures. Entre le
blanc jaunâtre et le blanc grisâtre, on doit pouvoir hésiter longtemps. Peut-on s'empêcher aussi de faire des réserves sur l’état des microbes ainsi étudiés ? Que de fois un microbe soigneusement isolé vieillit en cultures, dans la meilleure étuve du laboratoire, et combien de fois n’y fait-on pas de prélèvements, pour vérifier des caractères qui se mo- difient au fur et à mesure du vieillissement ? Comment ne pas douter de ces travaux allemands, où le souci éperdu du détail fait oublier les grandes lois de la vie microbienne, où les recherches sont faites en série, avec plus de méthode que d’esprit critique, pendant des semaines et des mois ! Au cours des recherches que nous avons faites, il nous est arrivé souvent d’avoir sur lames des « diplocoques suspects ». Le plus souvent, en répétant les colorations à divers intervalles, en les vérifiant par des colorations de microbes connus, nous sommes arrivés à des résultats constants nous permettant de conclure avec assez de vraisemblance. Dans quelques cas, notre diagnostic resté douteux nous a obligés à avoir recours aux Cultures. En cultures, il n’y a pas de pseudo-gonocoques, disait Hogge (29) en 1893. Nous dirons aujourd’hui : Quand les examens sur lames donnent un résultat douteux, quand les cultures permettent de penser à un échantillon de pseudo-gonocoque, le clinicien est embarrassé ; le bactériologue a le devoir de douter encore, et de pousser à l'extrême la minutie des recherches par tous les moyens biologiques à sa disposition, car le diagnostic sur lame ne peut être qu’un diagnostic d'orientation. (Voir
plus loin).
CULTURES DU GONOCOQUE. — Peu de questions bactériologiques ont inspiré autant de travaux. On s’est rendu compte depuis longtemps que les cultures étaient