‹ Considérations Cliniques: Sur La Période Prééruptive De La VaricelleChapitre 8 sur 28 · OT · texte numérisé non relu

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-la température étant dans les autres observations de 38° environ. | L'influence du terrain paraïîtrait avoir plus d'influence à en croire les deux observations d’Apert, mais nous voyons que Puig explique l’absence de température chez

les athreptiques par la faiblesse du terrain réagissant peu contre l’infection.

$ II. — Des symptômes généraux.

Disons d’abord que ces symptômes sont dans un certain nombre de cas très peu marqués et que la vésicule est alors le premier signe révélateur de la maladie. Certains malades par contre, soit par disposition spéciale, soit par virulence plus grande de l’agent infectieux, offrent l’aspect typhoïde.

La somnolence est assez fréquemment signalée ; d’autres fois l'excitation domine. ;

Les convulsions, notées par la mère du petit malade qui fait le sujet de notre observation n° I (1), ont été signalées dans une observation de Dumas (2), et surtout dans

celle de Tham (3).

Petite fille de 3 ans et 6 mois, la respiration devient subitement irrégulière pendant le sommeil ; l'enfant perd connaissance. Face pâle, lèvres blêmes, mâchoires serrées, corps rigide, yeux tournés en bas et à droite, pupilles rétrécies, pouls faible et lent. La respiration cesse puis revient et alors mouvements convulsifs dans le côté droit et violent frisson. Température 39%.

Le frisson est noté aussi. Sa présence, coexistant avec un certain nombre de phénomènes douloureux que nous

(1) I1 faut remarquer que nous n'avons ajouté aucune foi aux assertions de la mère, comme nous le signalons à l’observation.

(2) Montpellier médical, 1878,

(3) Jahrbuch für Kinderh., t. XV.

NE

allons signaler, peut dérouter le médecin dans la recherche de la maladie.

La céphalalgie est parfois intense, jointe aux épistaxis, à la température élevée, avec diarrhée. Elle peut alors faire penser à la fièvre typhoïde.

La rachialgie déjà signalée par Sims en 1793 peut amener plus facilement encore la confusion de la varicelle avec la variole. Si l’on fait ouvrir la bouche du petit malade et que l’on examine, comme on doit le faire chez tout enfant, les muqueuses buccale, palatine et pharyngienne, on constate diverses lésions qui ont été décrites dans les observations que nous avons étudiées.

La langue parfois rouge comme dans la scarlatine, est le plus souvent saburrale. Elle peut être sèche et cela dans les cas où l’état général fait penser à la fièvre typhoïde.

La muqueuse buccale est parfois le siège de lésions de stomatite signalées par M. Comby. |

Mais c’est surtout au niveau des piliers et des amygdales que se voient les lésions caractérisant les différentes formes d’angine érythémateuse et pseudo-membraneuse.

L’angine érythémateuse est constituée par un gonflement amygdalien accompagné de rougeur plus où moins vive de la totalité ou souvent d’une partie de l’isthme buccopharyngien. |

Le pilier antérieur seul était pris dans Pobservation, l’'angine totale est signalée dans notre observation de purpura prééruptf.

- L’angine pseudo-membraneuse a été observée par Girode qui a publié l’histoire du petit malade (1).

(1) GIRODE. Angine pseudo-membraneuse et orchite dans un cas de varicelle grave. Arch. des mal, de l'enfance, 1893.

me

OrBsERvATION bE Grrone. — L'enfant H.., 4 ans, est d'une bonne constitution et habituellement bien portant.

Le soir du 10 janvier 1892, il refuse de prendre son repas et se met au lit avec de la céphalalgie et une température élevée. Pendant la nuit, agitation, insomnie, quelques nausées.

Le 11. Témpérature 39°,4. Facies altéré, teint pâle. La céphalalgie persiste, il y a de l’anorexie, une soif vive, quelques vomissements muqueux. Langue un peu rouge, gorge luisante et sèche, amygdales tuméfiées. Pas de dysphagie notable. Urines très rares, haute en couleur; cuisson au moment de la miction. Peau sèche sans aucune détermination particulière. Pouls 125. L'enfant accuse un endolorissement vague des membres, plutôt segmentaire qu’articulaire. |

Le 12. La fièvre persiste ainsi que la soif; le teint est encore plus pâle. Demi-somnolence. On note sur le ventre et les deux cuisses 6 à 8 maculo-papules arrondies, agmimées, non prurigineuses.

Le 13. Au matin la température est normale. Il persiste de la pâleur et un grand abattement. Une éruption de varicelle s’accuse nettement.

Le soir il se fait une reprise fébrile modérée 38°,8.

L'enfant semble avaler un peu difficilement.

Le 14. Mal de gorge intense. Le malade refuse de boire ou

avale à grand peine quelques gorgées qui refluent en partie par les narines. Les deux amygdales sont très tuméfiées, viennent presque au contact: l'amygdale droite présente à sa partie antérieure une grande plaque membraneuse blanc jaunâtre, épaisse, adhérente, limitée par un rebord muqueux rouge et saillant dans lequel elle est comme enchâssée. En arrière et au-dessous de cette plaque, se voient deux autres plaques distinctes, moins larges et qui semblent occuper l’orifice de deux cryptes amygdaliennes.

L'amygdale gauche présente également deux plaques de même aspect, bien limitées, à surface plane. Les frictions avec un pinceau de coton n'enlèvent presque rien à ces exsudats ; il ne se produit du reste aucun saignement.

Les ganglions sous-maxillaires des deux côtés sont tuméfiés,

Ro

formant un empâtement dur, très douloureux à la palpation. Un peu d’agitation dans la journée. T. du soir 38°,7.

Le 15. Température 38 et 38,3. Les plaques amygdaliennes gauches se sont un peu étendues malgré les toilettes antiseptiques répétées : elles viennent presque à contact. À droite la grande plaque antérieure se prolonge ce matin sur le pilier antérieur et un peu sur la partie avoisinante du voile du palais. Elle est cependant, semble-t-il, moins épaisse et se laisse plus facilement enlever, sans qu'on fasse saigner la région. Les engorgements ganglionnaires gardent le même caractère. La dysphagie paraît moindre. Pas de vomissements. Constipation. Les urines sont rares, foncées, un peu albumineuses.

Le 16. Température 38°,5. Les plaques amygdaliennes gardent la même étendue, mais sont moins épaisses, se reproduisent moins facilement et s’enlèvent mieux à l'aide du pinceau de coton. La tuméfaction des amygdales est moindre. Les fausses membranes ne se sont pas étendues davantage sur le voile du palais, qui présente cependant du côté droit une rougeur assez notable. Les tuméfactions ganglionnaires sont moins appréciables du côté gauche : elles persistent à droite.

Le 17. Apyrexie. Le côté gauche de la gorge est net; à droite les fausses membranes sont beaucoup moins étendues, mais encore: tenaces et adhérentes. Les adénopathies persistent, mais sont: presque indolentes. L'enfant avale mieux, il demande un peu de nourriture.

À partir du 18. la gorge est détergée.

La convalescence a été particulièrement longue et pénible.

L'examen des fausses membranes pratiqué au début montre la présence du streptocoque à peu près pur, un seul tube montra quelques colonies de staphylococcus albus.

On reconnaît donc le type de l’angine pseudo-membraneuse, mais 1l faut surtout noter que cette angine a été un phénomène initial et que, dans ce cas, on n’est pas en

MenPUNE

présence d’une éruption de varicelle-avec production de fausse membrane.

L’anorexie, les nausées, les vomissements sont très souvent indiqués.Ces derniers alimentaires ou bilieux ont pu, dans le cas de varicelle hémorrhagique, entretenir du sang.

La constipation et surtout la diarrhée résultent des troubles intestinaux, la diarrhée coïncidant parfois avec les autres signes qui constituent l’état typhoïde.

L'examen des urines n’a pas fait découvrir d’albumime à la période de la maladie que nous nous sommes proposé d'étudier, mais on sait que des cas de néphrite varicelleuse post-éruptive ont été signalés.

Le pouls est le plus souvent augmenté de fréquence, il s'élève habituellement en raison de la température. Dans le cas de purpura hémorrhagique prééruptif, il était au contraire faible et ralenti. $

Tels sont les signes morbides que l’on peut être amené à rencontrer dans la période prodromique de la maladie. Ils ont été tous décrits depuis longtemps. Contentons-nous de rappeler une fois éncore qu’un certain nombre seulement d’entre eux se rencontrent chez les malades et qu’ils peuvent se grouper pour présenter soit l’ensemble morbide le plus bénin, soit les symptômes graves de l’infection thy-

phique.

$ III. — Hu rash.

Comme dans toutes les fièvres éruptives on voit dans le cours de la varicelle l'apparition d’un exanthème auquel on a donné le nom de rash. Ces rash peuvent apparaître à toutes les périodes de l’évolution morbide, mais nous ne voulons nous occuper que des rash prééruptifs.

Ici, 1l est vrai, une nouvelle question se pose : le rash de la varicelle n'est-il pas toujours prééruptif ? C’est là une idée qui fut formulée par Gillet (x) à propos d’un cas dont nous résumons plus loin Pobservation, et qui parut confirmée par les observation de Demme (2).

Le rash de la variole est toujours prémonitoire ; mais l’éruption se fait dans cette maladie en une seule poussée, tandis que dans la varicelle l’éruption se fait en plusieurs poussées qui auraient ainsi une évolution propre, chacune d’elles pouvant ou non être précédée d’un rash. Ce dernier peut d’ailleurs ne pas apparaître avant la première éruption vésiculeuse, comme dans le cas de Gallet où il précéda la seconde, ou bien survenir avant plusieurs poussées successives, comme dans le cas de Demme. Cette hypothèse n’est pas admise par tous les auteurs, et M. Galliard considère le rash comme un phénomène critique ayant marqué la fin de éruption chez un de ses malades du moins.

(1) Rash dans la varicelle. Rev. gén. de clinique, n° 24, 1892. (2) Wiener medicinische Blactter, 1892.

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