‹ Considérations cliniques sur la thoracentèseChapitre 7 sur 10 · VI IF OBSERVATION · texte numérisé non relu

VI IF OBSERVATION

Pleurésie purulente; symptômes généraux graves; thoracentèse; injection iodée

dans la plèvre. Mort.

Le 21 mai 1853, est entré au n° 4 de la salle Saint-Paul le nommé Maille (Louis), âgé de cinquante-huit ans, contre- maître d’une fabrique de drap, né à Elbeuf.

Cet homme, qui est déjà malade depuis près de deux mois, et qui tousse depuis ce temps-là , se présente dans un état d’affaiblissement très-considérable. En examinant la poitrine, on trouve de la matité dans les deux tiers inférieurs du thorax, et dans tous les points correspondants , une absence complète du bruit respiratoire. Dans le tiers supérieur, la respiration est rude , et l’on entend en même temps des râles sous- crépitants. Ce malade, déjà affaibli par la durée de sa maladie , a la face pâle , terreuse , amaigrie ; ses yeux sont profondément excavés, et il est continuellement plongé dans un état de somnolence dont on peut à peine le tirer par les questions qu’on lui adresse ; la langue est blanche et très-rouge à sa pointe, elle est sèche,

il existe du dévoiement qui , depuis le commencement de la maladie, a résisté à tous les moyens de traitement employés pour le combattre. Le pouls présente 98 pulsations ; la peau est chaude et presque toujours couverte d’une sueur visqueuse ; la toux n’est pas très-fréquente , cependant lorsqu’elle a lieu, le malade expectore des crachats purulents. On applique un large vésicatoire sur le côté droit de la poitrine.

Le 2 juin. L’épanchement semble avoir un peu augmenté, la difficulté de respirer est plus grande et l’état général» s’aggrave ; il existe des frissons qui reviennent surtout vers le soir.

Le 11. Cet état continuant toujours et ne faisant que s’aggraver, nous nous décidons à pratiquer la thoracentèse , et nous retirons 1 litre et demi d’un liquide séro-purulent qui s’écoule avec facilité, et dont l’issue soulage immédiatement le malade. Il est dans un état de prostration tel, que c’est à peine s’il s’aperçoit de l’opération qu’on vient de lui pratiquer. Cependant on injecte, dans l’intérieur de la plèvre, 800 grammes de teinture d’iode étendue d’environ son tiers d’eau tiède. Le liquide pénètre dans la poitrine sans produire la moindre douleur, et lorsqu’on ouvre de nouveau la canule , au bout de deux minutes, il sort une nouvelle quantité de liquide séropurulent semblable à celui qu’on avait déjà retiré, et nullement coloré par la teinture d’iode. Le liquide injecté reste donc tout entier dans la poitrine.

Le soir, à la visite , le mieux que le malade a éprouvé le matin se continue.

Le 12. Le malade va très-bien, il a moins de fièvre que les jours précédents , sa respiration est plus facile ; il ne se manifeste aucun symptôme d’intoxication par l’iode. On trouva de l’iode eu trèsgrande quantité dans les urines.

Le 13. 11 y a un peu plus de fièvre qu’hier, de l’abattement, de la somnolence; la diarrhée est toujours très-abondante, cependant la respiration se fait toujours avec plus de facilité; point d’iodisme, seulement il existe toujours de l’iode dans les urines.

Cet état continue encore à s’aggraver pendant les journées du 14 et du 15 ; enfin le malade meurt le 16 juin.

Autopsie. Le côté gauche de la poitrine est parfaitement sain. Du côté droit, on trouve la partie antérieure du poumon à peu près saine, emphysémateuse, et présentant quelques adhérences avec la plèvre pariétale. La partie postérieure, au contraire, est bridée par une fausse membrane résistante, épaisse environ de 3 millimètres , et qui correspond à une autre fausse membrane qui tapisse la plèvre pariétale. Elles circonscrivent à elles deux un espace qui occupe toute la partie postérieure du poumon , et qui est rempli par un liquide séro-purulent. Le tissu du poumon est induré et épaissi dans tous les points qui correspondent à la fausse membrane. Cette induration est surtout évidente au sommet du poumon ; les adhérences sont telles en ce point, qu’il est impossible de l’enlever sans le déchirer, et sans en laisser une grande partie encore adhérente au sommet de la paroi thoracique. Du reste, il n’existe point de traces de tubercules.

A côté de cette observation, je placerai la suivante , qui est curieuse à plusieurs points de vue, et qui vient confirmer ce que nous avons dit sur la marche de certains épanchements.

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