‹ Considérations Cliniques sur Les Pneumonies des DiabétiquesChapitre 11 sur 20 · TEMPÉRATURE · texte numérisé non relu

TEMPÉRATURE

Nous savons que la température des diabétiques est généralement abaissée. On l’a trouvée parfois à 36° dans l’aisselle, à 34 mème. Mais ces faits sont rares et ne surviennent que chez les diabétiques qui vont maigrir. CL.Bernard, Jaccsud, considèrent l'abaissement thermique comme l'indice d'une réparation insuffisante des pertes

organiques, qui peimet de prévoir l'amaigrissement. « Tant que le diabétique répare ses pertes organiques, dit Jaccoud, sa température reste normale; dès qu'il commence à maigrir, elle baisse. » Ces troubles de calorifica-

tion paraissent dus, et à la Lhidar de la circulation capil-. aire chez les diabétiques, par suite de la viscosité plus grande du sang, et aussi à la diminution des oxydations intra-cellulaires. Les diabétiques, absorbent moins d’oxygène et exhalent moins d'acide carbonique que les individus sains. Il y 2 peut-être une diminution du pouvoir absorbant de chaque hématie,. car le sang reste anatomiquement normal, et le nombre des globules rouges ne diminue qu'à la pér iode de cachexie.

Tous les. auteurs se sont. demandé ce que devenait la température chez le diabétique atteint d’une maladie fébrile. D’ après M. Lécorché, la plupart des complications du diabète ne sont que faiblement pyrétiques ; chez des malades atteints de phlegmon et de pneumonie, il a vu la température ne pas dépasser 38° centigrades. Pour. ce qui est de la pneumonie, « on est, dit M. Lécorché, encore assez mal fixé sur le caractère des symptômes généraux, sur la température en particulier, mais si Von en juge d’après quelques observations connues, il paraît avéré que la pneumonie a le privilège d'élever légèrement la température du diabétique qui, comme on le sait, st en dehors des complications, au-dessous de Ja normale. Tout porte à croire également que le diabète n’influence en rien : la marche cyclique de cette maladie. » :

Voyons ce qui s’est passé chez les malades dont nous avons rapporté les observations. Rappelons d'abord que chez les trois malades de Cantani, morts de suppuration : pneumonique, la température avait dépassé 39 et atteint même dans un cas 40°2. s viri

Elle s'était élevée à 40°,4 chez la malade de M. Lécorché. Si nous passons aux observations de pneumonie guérie, nous voyons que deux d’entre elles ne nous fournissent

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NO OMRE

à peu près aucun renseignement sur la marche de la température. Mais. chez le malade de Constantin-James, la fièvre existait et ne différait en rien de ce qu’elle est dans la pneumonie ordinaire. Quant au malade de M. Merklen, pendant les quatre premiers jours de son séjour à l'hôpital, jusqu’à la fin du ion jour de la maladie, la température est restée à 39, et au-dessus avec de très légères oscillations. C’ a là le tÿpe sub-contiou propre à la pneumonie; seulement à partir de ce moment, la défervescence n’a pas été brusque comme c est le. cas ordinaire ; en d'autres termes, la défervescence ne s'est pas faite par crises, mais bien par lysis, par des oscillations régulièrement décroissantes. Dans les trois ou quatre jours qui ont précédé le retour à la température normale, le type fébrile a été piutôt rémittent; après une première chute à 38°,5, la température est remontée à 39, pour retomber pendant les 36 heures suivantes, aux environs de 38e: enfin, après une dernière poussée fébrile ? à 38, 8, elle s’est définitivement abaissée à 37°,2.

Dans cette marche un peu irrégulière du cycle thermique, il est possible, fait remarquer M. Merklen, que l’influence grippale ait joué un certain rôle.

Dans la pneumonie grippale, le type fébrile rémittent est la règle et la défervescence se fait souvent attendre jusqu’ au treizième jour. Chez notre malade la défervescence ne fut absolument complète qu’au treizième jour de Ja maladie. Il est donc très probable qu’il avait été atteint d' une pneumonie grippule.

Etudions maintenant les modifications qui se sont prodüites du côté des urines, au cours et dans la défervescénce de la pneumonie. C’est un fait bien connu que les maladies fébriles font diminuer ou disparaître le sucre de

l'urine des diabétiques, et cela à été maintes fois constaté pour la pneumonie (voir les observations de Cantani).

L’explication de ce phénomène est obscure et l’on a invoqué successivement l'absence du ferment qui transforme la matière glycogène en sucre, ou bien l’absence de la matière glycogène elle-même. Le malade de M. Merklen, à son entrée à l'hôpital, ne présentait pas de sucre dans ses urines. Faut-il rattacher cette disparition à la congestion douloureuse du foie qui existait à ce moment, congestion qui se manifestait par une aggravation de la matité hépatique qui mesurait 16 centimètres dans son diamètre vertical, alors que depuis elle a diminué pour revenir à la normale. 11 est impossible de l’affirmer et bornons-nous à signaler la coïncidence.

Si le sucre manquait dans les urines du malade à son entrée à l'hôpital, il n’a pas tardé à réapparaître.

Le sixième jour, alors que la température atteignait encore 39°,3 l'analyse révélait 18 grammes de sucre par jour. Deux jours après, la température étant descendue à 380,2, le sucre atteignait 68 grammes en vingt-quatre heures. Enfin, en pleine défervescence, il y avait environ 30 grammes de sucre par jour. L’absence de elycosurie au début, sa réapparition et son augmentation au fur et à mesure de l'amélioration et de l'approche de la défervescence, permettent de conclure que ce retour doit être considéré comme un phénomène favorable.

Et cela est d'autant pius admissible que dans les cas qui ontété suivis de mort, la glycosurie a toujours diminué progressivement, au lieu d'augmenter comme dans celui de M. Merklen.

Chez son malade, l'augmentation de la quantité des urines a marché de front av ec l'augmentation du sucre. De

DA Du

1 litre par Jour, cette quantité s'est élevée à prés de 2 li-

tres, après 24 heures de traitement, et elle a atteint: près

de 3 litres au moment de la première rémission, c’est-àdire le septième jour ; le lendemain coïncidant avec une nouvelle poussée thermique, lesurines n’atteignaient plus que 1200 grammes dans les 24 heures. Puis elles ont dépassé de nouveau 2 litres et demi. La conclusion précédente peut donc être complétée en disant : le retour de la glycosurie et de la polyurie a été une coïncidence heureuse. Pour ce qui est de l’urée, une première analyse faite le sixième jour de la maladie mentionnait 22 grammes d’urée

pour les 24 heures et 13 grammes de sucre. Il y avait eu à

peine un litre d'urine d’une densité de 1018. Deux jours après, au moment de la défervescence, on nota 2750 grammes d'urine, 68 grammes de sucre, 42 grammes d’urée, c’est-à-dire une véritable azoturie. La densité de l'urine était 1015. Enfin la dernière analyse donnait les résultats suivants : 30 grammes de sucre, 39 grammes d’urée. Densité de l'urine 1014. Le chiffre de l’urée s’était par consé-

quent peu abaissé.

Que cette azoturie soit liée au diabète ou attribuable à la crise urinaire normale de la pneumonie, elle est des plus importantes à noter. Nous avons vu plus haut les accidents graves qu’elle pouvait entraîner à sa suite, lorsque les reins étaient atteints dans leur fonctionnement ou même dans leur structure, comme cela arrive assez fréquemment chez les diabétiques. Chez le malade / de M. Merklen, les reins étaient sains, les urines ne révélèrent jamais la moindre trace d’albumine, et c’est sans doute grâce à cette

heureuse circonstance qu’il est redevable de sa guérison.

Si nous résumons les divers modes de terminaison de la pneumonie lobaire des diabétiques, nous dirons : Labbé 6

Sr —

1° La pneumonie lobaire est une des complications les plus graves qui peuvent atteindre les diabétiques.

À la période ultime du diabète, elle peut les tuer sournoisement, sans avoir révélé sa présence par aucun signe extérieur.

Dans la forme lente et ne du diabète, de les tue, soit par urémie, soit par gangrène, soit surtout pee la suppuration rapide du poumon.

Dans un certain nombre de cas, Sa marche est tellement rapide qu’elle peut emporter les malades en 24, 36 heures.

2° La pneumonie des diabétiques peut guérir et se com-

porter dans ses traits essentiels comme la pneumonie franche:

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