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Cette discordance, qui se manifeste entre les signes cliniques d’une part, la cuti-réaction et les résultats thérapeutiques de l’autre, semble donc infirmer, dans une très large mesure, la théorie de l’origine anaphylactique de l’asthme infantile.
Cependant, pour les partisans de cette théorie, le fait de ne pas retrouver la substance sensibiliante n'est pas un argument ‘suffisant pour rejeter cette hypothèse.
D’après eux, on peut très bien concevoir que le choc humoral puisse être déterminé par une cause extérieure, changement de climat, de température, émotion, etc. Il y aurait un asthme colloïdo-clasique dont lasthme anaphylactique ne constituerait qu’une variété. L’asthmatique est un instable humoral, acquis ou héréditaire, sensibilisé ou non: il présente une susceptibilité spéciale de ses centres bulbo médullaires,
‘accompagnée d’un déséquilibre vago-sympathique.
- Streptocoque hémolytique. — Si, pour certains auteurs, c’est la voie entérale qui, chez l’enfant, est le siège de l'absorption des substances sensibilisantes, pour d’autres, et Haïbe, directeur de l’Institut de bactériologie de Namur, en particulier, c’est la voie respiratoire qu’il faudrait incriminer le plus souvent.
Alors que chez l’adulte l’asthme traduirait, dans la grande majorité des cas, la sensibilisation de l’organisme aux protéines d’origine animale, pour cet auteur, il faudrait admettre que l’asthme infantile relève d’une sensibilisation aux protéines microbiennes pro-
duites surtout par le streptocoque et le staphylocoque. ,
Partant de cette conception, il a soumis à une étude bactériologique approfondie, les secrétions du nez, de la gorge et même des bronches de plusieurs centaines d'enfants asthmatiques.
Au niveau du nez, il a trouvé du staphylocoque qui existe parfois en quantité si considérable qu’il a pu en obtenir des cultures pures. Dans les sécrétions bronchiques c’est surtout le streptocoque qui domine. Mais l’auteur fait remarquer qu’il s’agit ici du streptocoque hémolytique qui ne se développe que dans des milieux de culture spéciaux et dont les colonies revêtent l'aspect de chaînettes entourées d’une gangue épaisse. Comme l’enfant n’expectore pas avant 7 ou 8 ans, il faut profiter d’un jour de erise pour rechercher le microbe en cause. A ce moment-là, les très nombreuses sécrétions permettent d’ensemencer sur gélose au sang et d'obtenir le microbe cherché.
Dans la proportion de 80 % des cas, leurs recherches bactériologiques ont été positives.
Avec deux autres auteurs, Walker et Adkinson, qui ont étudié la flore microbienne de 724 expectorations d’asthmatiques, Haïbe conclut que « les streptocoques « sont de beaucoup les plus fréquents et à l'exception « des staphylocoques dorés qui parfois existent en « quantité considérable, les autres bactéries ne sont « qu’un nombre infime par rapport aux streptoco- « ques ».
Haibe et ses collaborateurs ont voulu contrôler la