‹ Considérations étiologiques et thérapeutiques sur l'asthme infantileChapitre 8 sur 24 · LA TER · texte numérisé non relu

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sensibilisation de leurs petits malades aux protéines microbiennes, en pratiquant des intra dermo réactions aux toxines des microbes en cause. Il les auraient toujours obtenues positives, caractérisées soit par une simple zone congestive, soit par un placard érythémateux.

Pour ces auteurs donc, il semble démontré que le streptocoque et le staphylocoque, hôtes normaux de nos voies respiratoires, sont les agents éticlogiques de la grande majorité des cas d'asthme infantile.

« Assurément, dit Haïibe, d’autres germes des voies « respiratoires peuvent intervenir, car les asthmati- « ques se sensibilisent avec la dernière facilité à de « multiples protéines, mais d’après nos observations, « ce sont les protéines streptococciques et staphylo- < cocciques qui jouent le rôle essentiel et du point de « vue pratique, nous avons noté maintes fois que dé- « sensibiliser contre les antigènes principaux, c’est du « même coup anéantir les effets des protéines secon- « daires ».

Le docteur Borrien (1) a eu l’amabilité de pratiquer chez tous nos petits asthmatiques des examens de gorge et de nez en vue d’y rechercher le streptocoque hémolytique. Nous devons avouer qu'ils ont été tous négatifs. Il est vrai que nous n’avons pas pu, comme le recommande Haibe, pratiquer d’examen au moment même des crises, nous ayant été impossible d’en observer une seule à l’hôpital. Nos examens ont été

(1) Nous tenons à remercier M le docteur Borrien qui à bien voulu kffec ler nos recherches bactériologiques.

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faits cependant dans les jours qui ont immédiatement suivi la fin de la crise. |

D’autres auteurs ont étudié cette sensibilisation des enfants asthmatiques aux protéines microbiennes et ont pratiqué des cuti-réactions avec les microbes supposés responsables. Sandford, sur 36 cas, n’en a pas trouvé une seule positive. En France, Vallery-Radot, dans son service, a constaté qu’on ne trouvait pas de réactions positives avec les protéines microbiennes telles que les Américains les ont utilisées.

Malgré ces résultats évidemment un peu disparates suivant les auteurs, la théorie de la sensibilisation de l'organisme aux protéines microbiennes ne nous semble pas illogique, et il est possible en effet que ces microbes normalement saprophytes des voies respiratoires exercent une action lente et continue qui se traduira un jour par une crise d’asthme typique. Toutefois il s’agit d’une question encore à l'étude que de nouveaux travaux viendront peut-être éclairer, mais néanmoins il est toujours permis de faire la recherche du strepto et du staphylo, puisque pour Haïbe, en cas de résultat positif, on doit appliquer une thérapeutique spécifique basée sur l'injection de vaccins préparés avec le microbe en cause. Il obtiendrait ainsi 98 de succès. Cependant à notre avis, il n’est pas démontré qu’il s’agisse ici d’une action vraiment spécifique, dans le cas de résultats favorables, car le vaccin peut agir sur l'organisme en déclanchant simplement un choc protéique.

Nous venons de voir que la majorité des cas d’asth-

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me, aussi bien chez l'enfant que chez l’adulte seraient dus à un choc anaphylactique.

N’a-t-on pas exagéré peut-être le rôle de ce choc et connaissons-nous bien toutes les perturbations de

l'organisme qui président à l’éclosion de la crise

d'asthme? SR

Récemment M. Pasteur Valléry-Radot a fait une critique de l’origine anaphylactique de l’accès d’asthme. Pour cet auteur il ne semble pas que l’homme soit placé dans des conditions absolument parfaites DRE que puisse se réaliser l’anaphylaxie.

La sensibilisation se produit chez lui, non par un

contact unique, mais progressivement, lentement, par

des contacts répétés avec l’antigène qui pénètre par des voies toutes différentes de celles employées dans lexpérimentation.

D’autre part, il n’y a pas chez l’homme de période intercalaire, de repos pourrait-on dire, pendant lequel ïl sera éloigné de tout contact avec l’antigène. Au contraire son organisme est sans cesse en rapport avec des antigènes multiples qui agissent comme agents sensibilisants. À

Enfin si on admet que le choc résulte du contact entre l’antigène et l’anticorps, il faut supposer que tous les sujets ne font pas des anticorps. Quelle en est la cause?

« Peut-être, comme dit M. Pasteur-Valléry Radot « existe-t-il dans les humeurs des sujets aptes à se

« sensibiliser une certaine substance qui se combine

« avec l’antigène pour faire l’anticorps ». Un jour

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peut-être arriverons-nous à découvrir la cause intime de cette sensibilisation ? nee

D'autre part, la forte proportion des cuti-réactions négatives dans l’athme, chez l’enfant comme chez l’adulte, nous prouve qu’il nous reste encore beaucoup de choses à apprendre sur le mécanisme intime de la crise d’asthme.

: Dans 33 % des cas seulement, Valléry Radot a trouvé chez l’adulte des cuti-réactions positives. Chez l’enfant, comme nous l'avons vu plus haut, toutes les réactions que nous avons pratiquées ont été négatives.

On ne peut donc pas considérer la cuti-réaction comme un témoin fidèle de la sensibilisation à une protéine déterminée. Voici d’ailleurs les conclusions du professeur Bezançon à ce sujet :

« La cuti-réaction ne peut être considérée que com- < me une indication et c’est seulement lorsque la «'suppression totale de la protéine incriminée ou le < traitement de désensibilisation spécifique aura fait « disparaître la crise que l’on pourra affirmer l’ori- « gine anaphylactique de l’asthme ».

Nous ne ferons que dire un mot de la théorie qui fait de l'asthme infantile une réaction réflexe à point de départ rhino-pharyngé.

En 1894, Dutauziet montra dans sa thèse, la fréquence des végétations adénoïdes chez les enfants asthmatiques. De là on conclut très vite à une relation de cause à effet. Nous devons cependant reconnaître que les arguments apportés à l'appui de cette théorie, ne sont pas toujours convaincants, car si quelquefois

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on a vu les crises s’atténuer ou disparaître après l’ablation des végétations adénoïdes, parfois ce ne sont que des résultats transitoires de courte durée.

Sans nier < le déréglement neuro-végétatif », selon l'expression d’Halphen, secondaire à une déviation de | la cloison ou à l’hypertrophie d’un cornet, apparais- ; sant sur un terrain hypervagotonique, il nous paraît difficile de conclure à un asthme réflexe symptomatique, toujours curable par l'intervention chirurgicale.

- D'ailleurs il nous semble prudent de ne pas traumatiser inutilement la muqueuse rhino-pharyngée et, lorsqu'un premier curettage n’a pas amené la disparition des crises, il est plutôt nuisible de se livrer à de nouvelles interventions qui ne font que sensibiliser davantage la muqueuse et augmenter la fréquence des crises.

Tout récemment des travaux intéressants ont été faits en Angleterre au sujet de l’asthme. La fréquence particulière de cette maladie, due peut-être dans une certaine mesure au climat, a obligé la création d’un organisme spécial : « l’Asthma Research Council », chargé d’en étudier les aspects cliniques et étiologiques. C’est surtout l’asthme infantile que les cliniciens ont eu en vue dans leurs nouvelles recherches. L’un d’eux, M. Bray, a mis en évidence un fait nouveau. Il a étudié avec précision la sécrétion gastrique de ses petits malades au moyen du repas d’épreuve. Dans la proportion de 12 A le liquide gastrique ne contenait pas d’acide chlorhydrique libre et dans 45 % il y avait hypochlorhydrie.

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