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Quant à l’hérédité, les auteurs anglais ont constaté que l’asthme infantile est dans une forte proportion régie par une double hérédité maternelle et paternelle qui exercerait son influence deux fois plus chez les garçons que chez les filles. à
D'autre part les recherches de MM. Barber et Oriel au Guy’s Hospital ont conduit ces auteurs à découvrir la présence de protéoses dans l’urine des asthmatiques ainsi qu’une proportion anormalement élevée d’amino-acides dans le sang de leurs malades, tandis qu’on notait une diminution des chlorures urinaires.
Ils avaient même pensé qu’il existait dans l’urine une protéose spéciale qui augmenterait notablement au moment des crises. Cette protéose injectée en solution au milloniemme aurait donné d’heureux résultats thérapeutiques dans des cas d’asthme associés à Purticaire et à l’eczéma.
En Allemagne, les cuti-réactions faites sur une très large échelle, n’ont pas rassemblé de très nombreux suffrages. Par contre, M. Tifensee a fait des recherches très intéressantes sur l'équilibre acido-base. Au cours des accès, l’alcalinité augmenterait aux dépens de l'acidité, d’où la thérapeutique qui consiste en l’inhalation de CO? au cours de la crise.
Nous ne ferons que citer l'hypothèse de certains auteurs allemands qui admettent la grande influence du psychisme sur la pathogénie de la crise d’asthme. Pour MM. Schultz, Naber et Foch, la psychothérapie constituerait, dans de nombreux cas, une thérapeutique efficace de la crise d’asthme.
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On peut rapprocher de ces observations les cas de Hansen en Angleterre qui a essayé de modifier le terrain asthmatique vis-à-vis des antigènes par l’hypnose.
Nous voyons donc à la fin de cette étude rapide sur l’étiologie de l’asthme infantile qu’il nous reste encore certaines notions à acquérir pour éclaircir cette question si complexe. |
De toutes les idées nouvelles récemment émises en différents pays il ne faudrait pas cependant en déduire la faillite de la théorie anaphylactique. Il se produit, à propos de l’asthme, ce qui a lieu pour d’autres affections: les facteurs étiologiques se suppléent ou se complètent pour aboutir au même processus pathologique, mais il n’en reste pas moins vrai que la conception de l’asthme basée sur l’'anaphylaxie a constitué un grand progrès riche en conséquences et actuellement n’est pas détrônée par de nouvelles théories plus récentes. Il nous faut avouer qu’il existe encore plusieurs facteurs qui nous échappent ou que nous ne faisons qu’entrevoir.
Des nombreux travaux consacrés à cette affection souhaitons qu’on parvienne bientôt à dégager les faits, touchant la nature exacte de l’asthme par rapport à la notion du terrain spécial sur lequel elle se produit.
IT. pe CONSIDÉRATIONS THÉRAPEUTIQUES
Nous ne parlerons pas du traitement de la crise d'asthme chez l'enfant. De même que chez l’adulte, les médicaments paralysant le pneumo-gastrique comme la belladone et son alcaloïde l'atropine ou ceux excitant le sympathique comme l’adrénaline occuperont la première place. Les enveloppements humides thoraciques, la révulsion complèteront la thérapeutique d’urgence qui généralement soulage très vite le petit malade.
Nous allons étudier surtout le traitement de fond de l'asthme : celui du terrain qui entre pour une part si importante dans l’étiologie et la pathogénie de la crise, qui en constitue en somme la base anatomique.
Nous éliminerons, tout d’abord, les cas rares d’ailleurs et pas toujours démontrés où il s’agit d'asthme réflexe consécutif à une affection nasale par exemple: déviation de la cloison ou hypertrophie d’un cornet ou pharyngienne; végétations adénoïdes. Il paraît lo-
gique pour ce cas d'intervenir chirurgicalement avant
De ETES
de tenter une autre thérapeutique. Cependant, nous croyons utile de faire remarquer qu’il ne faut pas exagérer et répéter les traumatismes de ce genre chez l’asthmatique, car les diverses interventions successives qu’on est tenté de pratiquer n’ont très souvent pour résultat qu’une exagération de la sensibilité de la muqueuse, rendant ainsi plus facile l’éclosion de la crise d’asthme. Par conséquent, même si les crisés n’ont pas cessé complètement, il semble prudent de ne pas se livrer à de nouveaux curetages qui ne feraient qu’exagérer la susceptibilité de l'organisme.
Puisque dans la grande majorité des cas, il semble s'agir d'asthme d’origine anaphylactique, ii faudra, avant tout, essayer de dépister par tous les moyens la substance supposée nocive.
On étudiera donc minutieusement les conditions de vie du petit malade, son entourage, son alimentation, le moment et le lieu d'apparition des crises, etc...
Dans certains cas, il semble qu’on puisse incriminer d’une façon à peu près certaine la substance responsable. S'il s’agit d’anaphylaxie alimentaire, les crises apparaissant toujours après l’absorption de certains aliments, il faudra commencer le traitement par la suppression complète de la protéine incriminée, puis dans un second temps on désensibilisera le petit malade, ‘en lui faisant ingérer de minimes quantités de l’albumine en cause, qu’on mélangera à des farineux par exemple, en augmentant peu à peu les quantités de protéines par rapport au mélange.
Si la méthode des cuti-réactions a permis de déce-
A CU | à
ler une substance reponsable des accidents, on essaiera la désensibilisation par voie sous-cutanée en faisant des scarifications sur lesquelles on dépose un peu de la protéine diluée dans l’eau distillée, de façon à n’obtenir qu’une réaction très faiblement positive, puis on augmente la teneur du mélange en albumine pour arriver à une cuti-réaction faite avec de la protéine pure sans réaction positive.
Cette désensibilisation spécifique ne peut évidemment être atteinte qu’en présence d’une albumine nettement reconnue reponsable des crises d’asthme.
Malheureusement, si cette thérapeutique donne d'excellents résultats, elle est d’une application relativement peu fréquente puisque la plupart du temps on n’arrive pas, par tous les moyens employés, à mettre en évidence la substance nocive, et il faut, dans ce cas, se contenter d’une désensibilisation non spécifique.
On s’est servi, comme antigène, de peptone qu’on donne soit per os, soit en injections intradermiques d’une solution à 50 %,, comme les pratique M. Pasteur Vallery-Redot qui a eu avec cette méthode d’heureux résultats.
Haïbe, de Namur, donnant au streptocoque hémolytique un rôle de‘premier plan dans l’éclosion de la crise d'asthme, a employé la vaccinothérapie associée à l’antigénothérapie. Pour lui il s’agit ici d’une désensibilisation spécifique puisqu'il prépare les vaccins avec les microbes rencontrés dans la gorge de ses petits malades : streptocoque et staphylocoque. Nous
ÉD Paie
n’avons pas la pratique de cette thérapeutique que - nous n'avons jamais mise en œuvre, mais elle ne nous semble pas spécifique puisqu'on a constaté d’heureux résultats avec les vaccins les plus divers. Il s’agit vraisemblablement de désensibilisation générale comme celle qui a lieu après un traitement par le choc.
Hémothérapie. — Nous allons parler maintenant de l’hémothérapie dans le traitement du terrain asthma- - tique en vue de le modifier par désensibilisation.
Tandis que dans d’autres domaines, la dermatologie par exemple, la thérapeutique par le sang a connu une très grande vogue la plupart des auteurs classiques citent cette méthode, mais n’insistent pas sur ses applications dans l’asthme infantile.
En 1914, Achard et Fiandin préconisèrent l’autohemo et l’autosérothérapie sous-cutanée, avec des succès divers, dans les rhinites anaphylectiques.
. L’autosérothérapie intra-voinouse contre l’asthme a été recommandée, pour la première fois, par Dessin, de Liège, puis employée par Widal, Brissaud et Abrami. |
En 1927, Corranza Orgez, dans un article de Bruxelles Médical recommande l’auto-hémothérapie comme traitement de l’asthme, sans donner d’autres détails.
Enfin, la même année, dans sa thèse, le docteur Thuet fait une revue générale sur le traitement de l'asthme chez l'adulte par l’autohémothérapie.
Récemment encore, les docteurs Joltrain et Diard
ont employé cette thérapeutique dans le rhume des foins et dans l’asthme essentiel.
Nous avons essayé, chez l'enfant, une méthode de désensibilisation analogue à l’autohémothérapie : l'injection à l'enfant de sang de sa mère.
Technique. — La technique de l’hétérohémothérapie que nous employons est d’une grande simplicité, à la portée de tout médecin praticien. Une seringue de 10 ou 15 cc. et deux aiguilles stérilisées par ébullition constituent tout le matériel nécessaire, une des aiguilles, courte, à biseau- court, sert à ponctionner la veine de la mère, l’autre, plus longue, intramusculaire, servira à l'injection du sang à l’enfant.
La ponction veineuse se fait au niveau du coude, après désinfection à l’alcool ou l’éther.
Un lien caoutchouté, placé à la partie inférieure du bras, pour arrêter la circulation veineuse, on pratique la ponction. On retire par aspiration 5 ou 10 cc. de sang, ce qui demande peu de temps si la lumière est suffisamment large, puis on enlève le lien et on place un petit tampon ouaté au niveau de l’orifice, en recom-
Mmandant à la mère de plier l’avant-bras sur le bras. Puis à l’aide de l'aiguille intramusculaire on injecte le contenu de la seringue dans les muscles fessiers de l'enfant, après désinfection cutanée. Si le sang a tendance à sortir, on peut placer un petit tampon collodionné au niveau de l'injection. La description de
cette technique demande plus de temps que son exécution,
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L’addition, autrefois couramment pratiquée, d’une solution de citrate de soude, au contenu de la seringue est inutile ici. Le sang n’a pas le temps de se coaguler pendant son séjour très court en dehors de l’organisme. En deux minutes au plus, la petite opération est terminée, à moins que les veines de la mère ne
soient trop difficiles à atteindre, ce qui peut obliger
à tenter une seconde opération.
Parfois, malgré une ponction veineuse bien faite, le sang ne coule pas, soit que le lien est trop serré, soit parce que l’état particulièrement nerveux de la personne produise une vaso-constriction périphérique. Dans ce cas, au bout de quelques minutes le spasme cesse et le sang apparaît dans la seringue.
Conduite du traitement. — Il a déjà paru, à certains auteurs qui ont employé cette thérapeutique pour traiter d’autres maladies, que les doses à injecter ont une importance secondaire; d’ailleurs, il nous est arrivé parfois de n’injecter que 4 ou 5 cc. surtout quand la ponction trop difficile ne réussissait à ramener que quelques centicubes de sang.
Contrairement à l’opinion de Meltzer et Nicolas, de Lyon, qui ordonnent de ne jamais injecter moins de 10 cc. de sang, il nous semble que des doses plus faibles peuvent avoir le même résultat thérapeutique.
- Peut-être par contre y a-t-il intérêt à ne pas trop espa-
cer les injections. Dans tous les cas que nous avons traités, nous avons fait 2 injections par semaine à 3
ou 4 jours d’intervalle.
Le Mere Quelle est la durée du traitement? Nous ne pouvons répondre à cette question que d’une manière empirique. Habituellement nous faisons une douzaine d’in-
Jections.
Cependant, nous nous garderons bien d’affirmer qu’il s’agit ici de doses mathématiques qu'il faut observer rigoureusement sous peine de voir les résultats
échouer complètement.
Souvent, en effet, une amélioration très nette se fait sentir après les premières injections, mais il ne faut pas arrêter là le traitement et continuer encore jusqu’à 12 ou 15, car après une sédation passagère et trompeuse survenue les premières semaines on a pu voir des récidives. Nos petits asthmatiques soignés à Bretonneau ont tous vu leurs crises disparaître complètement après une douzaine d’injections. Cependant si on se trouve en présence de nouvelles crises, il est logique de recommencer une seconde série. De même que pour l’autohémothérapie le traitement doit parfois être prolongé, et l’on cite chez l’adulte tel ou tel cas qui n’a été guéri qu'après 25 ou 30 injections.
Nous considérons même comme prudent la recommandation de Meltzer qui préconise la continuation du traitement même quelque temps après la guérison obtenue. D'ailleurs, souvent les malades eux-mêmes, quoique très soulagés, craignent les rechutes et demandent qu’on prolonge, pendant quelques semaines, les injections.