CARE À ARE
Les signes locaux sont en général plus nets et plus étendus que dans labcès aigu : le syndrome cavitaire est typique : souffle amphorique, gargouillement, sont amplifiés par l’épaisse coque de réaction pulmonaire qui entoure l’abcès. Des foyers de râles humides indiquent que la lésion primitive s’étend, essaime, provoquant des suppurations parenchymateuses secondaires, ou des centres de bronchectasies, comme le montre l'examen radiologique. Assez rapidement une symphyse pleurale s'établit, la paroi costale se rétrécit, le médiastin se dévie.
Les signes généraux enfin revêtent une allure subaiguë. 1Is évoluent par poussées au cours desquelles la toux s’exagère, l’expectoration augmente, les râles deviennent plus nombreux. Parfois le tableau se complique d’hémoptysie ou de phénomènes de rétention purulente.
À la suite d’un nombre variable de ces poussées, après plusieurs mois, plusieurs années (quatorze ans dans une observation de J. Minet) l’état général décline de manière définitive : le malade s’émacie : on voit survenir des déformations hippocratiques des doigts, tous les signes de la cachexie tuberculeuse : finalement la mort survient sans que, dans la plupart des cas, la thérapeutique la plus énergique ait pu réussir à modifier la situation.
On voit toute la gravité de cette forme et combien elle diffère, au point de vue pronostic, de la variété aiguë que nous avons décrite d’abord. Or, à la
période tout initiale de FPaffection, seules des
nuances cliniques les séparent l’une et l’autre, et l’on peut dire qu’en pratique il est impossible, à la phase de début d’un abcès, de prévoir de façon sûre s’il évoluera vers la guérison rapide ou vers la chronicité. Ce fait est d’une importance capitale dans le choix d’une méthode thérapeutique : nous y reviendrons plus loin.
3° ABCÈS NÉCROTIQUE
L'abcès nécrotique à tendance extensive d’emblée, ou pneumonie disséquante nécrotique, constitue un troisième type d’abcès pulmonaire.
C’est une affection redoutable. Habituellement localisé au sommet, l’abcès nécrotique commence comme une pneumonie, que des hémoptysies, le caractère purulent de l’expectoration, la discrétion des signes physiques, rendent un peu anormale. Du dizième au quinzième jour survient la vomique. En même temps s’installe un énorme syndrome cavitaire. Celui-ci par la suite ne cesse de s'étendre : la nécrose du parenchyme gagne de proche en proche, aboutissant à une fonte de tout le lobe intéressé, à une véritable dissection qui ne respecte que les travées conjonctivo-vasculaires, comme le montre l’autopsie. IT s’agit là d’une affection particulièrement
grave. Elle est due, le plus -souvent, au pneumo-
bacille ou au streptocoque et aboutit à la mort en
une période variant de cinq à huit semaines.