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ABCÈS PUTRIDE

Caractérisé par la fétidité spéciale de lexpectoration, l’abcès putride est nettement différent de la gangrène pulmonaire véritable dont il na ni le caractère massif, ni l’évolution rapide et fatale. Il s’apparente, au contraire, à l’abcès proprement dit, par sa limitation, son évolution clinique, la possibilité de sa guérison, l'efficacité fréquente de la thérapeutique.

Souvent, nous l’appelons primitif, dans l'ignorance où nous sommes de son origine véritable. Parfois il apparaît secondaire à une affection déterminée : pheumonie, opérations chirurgicales portant sur le naso-pharynx ou sur l’abdomen, cancers bronchique, pulmonaire, œsophagien ou médiastinal. L’abcès putride de notre observation X est secondaire à une affection pulmonaire (bronchite). L’abcès gangréneux du malade de notre observation VI, apparaît à la suite d’une opération abdominale. Dans notre observation IX, le malade atteint d’abcès gangréneux a subi antérieurement une gastro-entérostomie.

Du point de vue clinique, la forme primitive est de beaucoup la plus intéressante. Le début se fait comme pour labcès aigu à pyogènes : fièvre, toux, douleurs thoraciques ; signes physiques minimes, existent seuls pendant les premiers jours. Il faut remarquer toutefois que l’état général est souvent touché de facon particulièrement intense et donne d'emblée la notion

d’une maladie sérieuse.

M, Sorieul 3

Puis se produit la vomique, tantôt brutale, tantôt précédée d’hémoptysies ou de fétidité de l’haleine. Rien ne la distingue des autres formes de vomique que la putridité de l’haleine et des crachats, dont le degré est variable suivant les cas.

L’expectoration, rougeâtre ou verdâtre, contenant ou non des lambeaux d'apparence parenchymateuse, montre à l'examen microscopique non plus le monomicrobisme des abcès à pyogènes, mais un polymicrobisme extraordinairement riche, dans lequel entrent en particulier des anaérobies et des spirilles. L'examen physique est superposable à celui des abcès simples.

L'état général est grave. Le teint plombé, les sueurs visqueuses, la fièvre à oscillations, l’amaigrissement, la précocité des déformations hippocratiques des doigts, le pseudo-rhumatisme infectieux, témoignent du retentissement considérable de la suppuration gangréneuse sur l’organisme.

Quant à l’évolution, elle est variable. On a décrit, comme pour l’abcès à pyogènes, une forme simple, curable (obs. VI) ; une forme à rechutes, curable (obs. X) ; une forme à rechutes, invétérée (obs. VII), très assimilable par son évolution à celle que nous avons décrite dans l’abcès pur : une forme extensive locale, véritable pneumonie nécrosante putride (observations IX et XD) ; erfin une forme ectasiante où s’intriquent des lésions bronchiques et parenchymateuses, sans que l’on puisse savoir parfois auxquelles

appartient la priorité.

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