DRAINAGE PAR EXPRESSION OU PNEUMOTHORAX
Le pneumothorax artificiel est un procédé de collapsothérapie qui a pour but comme dans la tuberculose, de comprimer la cavité de l’abcès. Le tassement du tissu pulmonaire péricavitaire, avec les modifications vasculaires et histologiques qui en résultent, déterminerait la guérison.
C'est évidemment une opération tentante susceptible, en principe, d'assurer une bonne vidange de l'abcès. Il à fait l’objet de discussions importantes, quant à son opportunité et à son efficacité. Jacque- En a rapporté tout récemment à la Socicté Médicale des Hôpitaux de Paris, plusieurs cas de guérisons
par ce mode de traitement. Le professeur Sergent,
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par contre, s’est élevé contre cette thérapeutique et a fait observer l’éventualité possible et parfois réalisée, de la rupture de l’abcès dans le pneumothorax : un pyopneumothorax s'ensuit qui entraîne la mort dans la grande majorité des cas. Rist, au contraire, au cours de la même discussion, a rappelé avoir eu des succès par le pneumothorax chez des enfants, et a déclaré lui garder quelque crédit.
Nous-même, en collaboration avec le docteur J. Loiseleur, de Laval (Mayenne), à sa clinique médicale et radiologique, avons observé et suivi plusieurs cas d'abcès du poumon et obtenu des guérisons, dont nous rapportons plus loin deux cas bien typiques.
Le pneumothorax artificiel est contre-indiqué dans les abcès simples, superficiels, affleurant la plèvre, en raison des possibilités d'infection pleurale, à fortiori, s’il s’agit d’une forme putride où lon risquerait de créer un pyopneumothorax gangréneux. Il doit en être de même si la cavité abcédée est profonde, lorsqu'il existe autour d’elle, visible à la radioscopie, une zone opaque, dont l’extrémité est proche de Ia paroi thoracique.
Dans ces cas, et très précocement comme le montrent les constatations opératoires, lPabecès est adhérent, le décollement sera difficile, et on court le risque d’une rupture de bride, ou d’une fssuration dans Ja plèvre de la zone infectée.
Même si le décollement est possible, Pinfection persiste dans le moignon à fleur de plèvre et ensemer-
cera celle-ci tôt ou tard.
M. Sorieul 5
Le pnéumothorax apparaît ainsi comme dangereux, si le décollement du poumon se produit, et inefficace si les adhérences sont telles, que la zone pulmonaire malade reste fixée à la paroi.
Au point de vue chirurgical, l'interdiction du pneumothorax est encore plus absolue. Il fait fuir la collection dans la profondeur, si la guérison de l’abcès n’est pas survenue, et si on est ultérieurement obligé de recourir au drainage opératoire, on se trouvera dans la nécessité de traverser la cavité pleurale libre, avec les conséquences probables et redoutables de suppuration pleurale fort grave.
Du fait du pneumothorax préalable, essayé dans un but thérapeutique, s’élèvent les risques de lintervention chirurgicale. Nous réserverons donc ce mode de traitement aux abcès chroniques centro-lobaires, de date récente, avec plèvre libre et sans lésions pulmonaires scléreuses associées. Dans ces cas, il n’y a aucun danger sérieux à recourir au pneumothorax, mais il faut toujours le faire sous le contrôle radioscopique. |
Ï paraît plus spécialement indiqué chez les enfants (cas de Rist) ou les adolescents, Forlanini et Wehemeyer ont eu ainsi des cas heureux. Janbon et Balmes, dans une communication à la Société Scientique Médicale et Biologique de Montpellier, en juin 1950, publient le cas d’un abcès chronique et volumineux post-pneumonique, traité et guéri par le pneumothorax, après échec de l’émétine. Nous signa-
lons encore cet autre cas publié par Codevelle (Revue
ts
Militaire Française, juin 1931) d’un abcès du poumon qui guérit après pneumothorax accidentel, consécutif à une ponction exploratrice.
Alexander et Buchinghan, réservent le pneumothorax aux abcès profonds juxtahilaires de la partie supérieure du poumon.
Nous comprenons ainsi, que dans les abcès simples, centraux, limités, entourés d’une zone de condensation peu étendue, non adhérente à la plèvre, la compression du poumon puisse favoriser l’évacuation spontanée du pus par les bronches, et aider à laccollement des parois de l’abcès.
A ces considérations générales, nous ajoutons 2 cas de guérison, que nous avons observés et suivis, à la Clinique Médicale et Radiologique du D" J. Loiseleur de Laval (Mayenne).