partie superficielle du foyer
+ Qu
On pratique enfin, quand le foyer suppurant est bien exploré, la résection des quatre lambeaux qui le recouvrent : résection assez large à leur base pleurale, qu’on poursuit progressivement en convergeant vers la profondeur, jusqu’à bien étaler l’arrière-fond du foyer, mais sans entamer les portions voisines de la bronche de drainage. Au cours de cette résection, de petits foyers purulents sont souvent mis à nu, qui sont largement ouverts et mis à plat. On obtient ainsi en plein poumon une grande cavité en entonnoir à base superficielle, largement étalée, dont le sommet profond répond à la bronche de drainage. La résection n’a porté que sur les parties superficielles du foyer d'infection, respectant sa partie profonde dangereuse. Après un attouchement à l’eau oxygénée, la plaie est légèrement tamponnée à la gaze stérilisée et pansée à plat.
Suites opératoires. — Ce temps opératoire, de durée relativement courte, est généralement très bien supporté par le malade. Très rapidement, la fétidité de l’haleine est supprimée, et l’expectoration considérablement réduite et sans odeur.
Le traitement post-opératoire nécessite des pansements quotidiens ou bi-quotidiens minutieux. Le taniponnement à la gaze est renouvelé, la cavité pleurale examinée à nouveau au moyen de l'éclairage frontal, ses parois nettoyées doucement. On pourra suivant les cas et suivant la variété d'infection, faire des pa2sements à l’eau oxygénée, à l'huile goménolée, au
baume du Pérou, au sérum anti-streptococcique ou
Fer e
anti-gangréneux. Les pulvérisations à la marmite de Championnière, avec de l’eau légèrement antiseptique, ont un excellent effet pour déterger la plaie des lambeaux sphacélés et des bourbillons de pus concret. Les drains de caoutchouc sont à proscrire, l'étendue de la brèche pariétale les rend inutiles, et ils pourraient être cause d’ulcérations vasculaires par contact prolongé avec le tissu pulmonaire. Le tamponnement à la gaze, peu serré, suffit à maintenir la plaie largement béante et à permettre à la cavité pulmonaire de se fermer par accollement des parois bourgeonnantes.
Nous relevons dans le bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris du 28 mars 1930, une communication de Baumgartner et Et. Bernard, sur un cas d’abcès gangréneux du poumon, traité par pneumotomie et guéri depuis 10 mois. 2° Une publication de Barthélemy et Rousseau, à la Société Nationale de chirurgie, le 18 mars 1931, sur un cas d’abcès pulmonaire, opéré et guéri par pneumotomie. 3° Une publication de F. Carcassonne et Henri Jarricot, à la Société Nationale de Médecine et des Sciences Médicales, à la séance du 6 novembre 1929, sur un cas d’abcès pulmonaire traité et guéri par la pneumotomie. 4 Une publication de J. Ferron et G. Petges (Gazette hebdomadaire des Sciences Médicales ae Bordeaux, 1925), sur un cas d’abcès fermé à streptocoque, du sommet du poumon droit, traité et guéri par la pneumotomie. 5° Une publication de Nouron
(Achives de Médecine, Paris, 1909) sur un cas de gan-
grène pulmonaire primitive : abcès du poumon droit traité et guéri par pneumotomie,
b) Opérations radicales.
PNEUMECTOMIE. — Le terme de pneumectomie veut dire essentiellement ablation d’un poumon entier. Mais dans la littérature chirurgicale, il ne peut désigner qu'une exérèse partielle. La pneumectomie est la résection des tissus malades, qui supprime les cavités suppurées, la sclérose de réaction, les bronches dilatées.
Dans diverses publications, et récemment au Congrès Français de Médecine (Paris, 1932), dans un rapport présenté par M. le Professeur Sergent, le Docteur Baumgartner a décrit cette intervention sous le nom : «de Pneumectomie atypique, fragmentaire, progressive. »
Atypique : exérèse dont l’étendue se limite à la zone infectée seule, et qui est techniquement bien différente de la lobectomie ou ablation typique, réglée anatomiquement d’un lobe entier.
Fragmentaire : parce que la résection en bloc de toute la zone atteinte offre trop de dangers, et qu’il est plus prudent de procéder par petites portions de tissus malades, en allant de la superficie à la profondeur.
Enfin progressive : c’est-à-dire en plusieurs temps opératoires, chacun d’eux séparés par un intervalle
de quelques jours. Nous savons aujourd’hui que pour