‹ Considérations générales sur l'origine et la formation des asphaltes: et de leur emploi commeChapitre 2 sur 23 · CHAPITRE r · texte numérisé non relu

CHAPITRE r

QVperçu ^ioioQxqnt.

La géologie est la mère de toutes les sciences, comme la terre, dont elle dit riiistoire, est celle de Thumanité. Elle sert à chacune d'elles de point de départ dans les théories spéculatives de Tesprit, comme

la terre sert d'appui sensible aux choses matérielles de la vie réelle.

A ces titres , la géologie semblerait devoir être rétude livrée aux premiers essais de rintelligence ; il n'en est rien : elle est, au contraire, la clef de voûte de l'édifice scientifique; elle en est le résumé général, car c'est par elle que toutes les sciences se complètent.

C'est qu'en effet elle exige, pour être appréciée dans son ensemble, analysée dans ses détails, le concours intime des sciences naturelles, dont elle est pour elles toutes, ce qu'est au chimiste le creuset dans lequel il opère.

C'est qu'en un mot la géologie est la science analytique de l'expérience et de la raison, et que, pour la comprendre, l'homme doit lui vouer toutes les forces de

sa vie , et aller, pèlerin voyageur, au milieu des privations et des dangers de toutes sortes^ armé de son marteau de géologue, interroger la terre, jusques à ses limites les plus extrêmes ; belle et noble mission qui tend à accroître la somme acquise au bien-être de l'humanité, en rappliquant à ses besoins matériels, comme aux besoins de son intelligence.

En jetant un coup d'œil rapide sur l'ensemble delecorce de la terre, nous verrons toutes les richesses mises à jour par la géologie et dans quelle proportion énorme , elle est venue en aide à ses besoins dont nous parlons.

Mais, avant tout, disons aussi, quelles sont les profondeurs de la terre oii l'homme a pu pénétrer : tout au plus à 400 mètres.

« Ainsi que l'observe M. Huot, l'homme

< n'a donc encore traversé que 1 epiderme « de récorce terrestre; et cette profonde deur, comparée au demi-diamètre de ft Tëquateur ou à la quantité de 6^376,800 « mètres, équivaut sur un globe de 2 mè- « très de diamètre à 0^0625 de millimètres, « ou à répaisseur d'une feuille depapier.^»

Voilà seulement où le génie de Fhomme, avec tous ses moyens d'exploration, a pu arriver; à une égratignure à peine sensible à l'œil!

ce Gomment, ajoute M. Huot, une science (c comme la géologie, qui a pour but l'his* « toire physique de la terre, peut-elle avoir a la prétention de fonder cette histoire sur <c une série suffisante de faits, lorsqu'elle <K se borne à peine à soulever quelques lam- « beaux de la feuille de papier qui recou- <K vreleglobedontnous venons de parler?

cc Cette objection peut paraître impor*

d tante à ceux qui n'ont aucune idée de la <r Structure de Técorce de la terre; mais « admettons que, par une cause quelcon- « que, telle que ralternation de la chaleur <c et de rhumidité, il se fasse plusieurs « fentes sur ce globe, que certaines parce ties s'affaissent et que d'autres se relè- « vent ; il en résultera que celui qui cher- <c chera à connaître la composition de ce <r globe, n'aura pas seulement pour le cona duire à cette connaissance la feuille de ff papier qui en couvre la surface, mais « presque toutes celles qui se trouvent au- « dessous, c'est-à-dire, presque l'épaisseur ce totale du carton qui le compose. »

Nous avons voulu citer en entier cette image donnée par M. Huot, parce qu'elle est vraie» et que c'est toujours par la sim-

— s — plieité des idées qu'on arrive mieux et plus TÎte à la démonstration des causes physiques qui ^ tout d'abord , vous apparaissent entourées de difficultés.

On comprend donc de suite, par ce simple exemple, que la facilité offerte à rétude géologique est moins due à Thomme qui y eut épuisé ses forces, qu'aux causes qui ont amené la dislocation du globe, en rejetant à sa surface les couches intermédiaires ou inférieures qui le constituaient et ont rendu par là leur étude appréciable dans les mêmes conditions que celle des couches supérieures.

En étudiant dans son ensemble la composition actuelle de la terre, telle que Font faite les différents cataclysmes auxquels elle doit le désordre apparent que lui donnent les larges fissures dont nous ve-

nons de parler; avec ses longues chaînes des montagnes des Alpes, de FOural, des Gordilières, etc., on peut distinguer à première vue deux classes de roches différant Tune de l'autre par leur nature et par leur forme.

Les roches de la première classe, d'une composition chimique généralement simple , telles que les calcaires , les grès , les argiles, se présentent en couches régulières. Leur nature démontre évidemment faction sédimentaire des eaux ; les unes composées de sables libres de fragments roulés, retracent l'action mécanique de cet agent. Les autres , telles que les calcaires de même nature que les dépôts que nous voyons formés par les sources minérales, retracent leur action chimique. Cette première classe de roches a été désignée sous

couleur, de texture ou de composition, et dont les plans de séparation sont parallèles à ceux de la couche elle-même.

Un autre caractère, quoique moins évident, c'est rhorizontalité des couches.

En considérant toute la série des terrains sédimentaires , on a établi quelques divisions entre eux : on distingue les terrains de transition qui représentent la première période sédimentaire. Viennent ensuite les terrains secondaires subdivisés en terrain houillier; terrain keiiprique y terrain jurassique et terrain crétacé. Au-dessus de ces terrains se trouvent les terrains tertiaires ^ qui constituent le plus souvent la surface du globe et qui contiennent une grande quantité de débris organiques, dont, nous Fa vous déjà dit, le plus grand génie du siècle, Cuvier,

avait enrichi la science moderne. Ces ter-^ rains sont recouverts, la plupart du temps, par ce qu'on appelle les terrains allu^^ viens j comprenant les dépôts engendrés par les cours d eaux et les circonstances atmosphériques.

Les terrains que l'on trouve dans la deuxième catégorie des roches, dans la classe des roches ignées, sont générale* ment cristallisés et composés de divers minéraux soumis à certaines lois d'association. ^

On reconnaît dans cette série de terrains ignés, trois espèces, qui sont : le terrain granitique^ le terrain porphyrique et le terrain volcanique.

Enfin, outre ces différents terrains, on reconnaît ce qu'on appelle : les terrains primitifs y qui, plus inférieurs, fournis-

sent les matériaux des premiers dépôt sédimentaites et leur servent encore d< bases; ces terrains présentent différent caractères minéralogiques, dont les genre:

appartiennent plus en propre à Tétude d( la minéralogie.

Nous touchons ici aux limites que nou avons dû nous tracer comme prolégo mènes du sujet que nous avons à traitei

Nous avons pensé qu'il n'était peut-êtr pas sans intérêt de jeter un rapide cou] d'oeil sur l'ensemble que présente à no yeux la constitution physique du glob avec tout son désordre apparent; nou allons maintenant tâcher de démontre les causes de ce désordre, où nous trou verons l'origine de la matière qui nou occupe.

DE

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