CHAPITRE m
{Propriétés ct)tmtqueB hts C^0pi)aUe0.
Les asphaltes ayant une même origine, leur propriété chimique ne peut guère varier que suivant les couches qui les environnent et dont ils ont , ainsi que nous
lavons dit, absorbé une partie par Timbibitlon des sucs qui les constituent.
Ces différettces, peu sensibles sous lé rapport de l'analyse chimique, sont cependant, ainsi que nçus le verrons plus tard, fort importantes dans le rang qui leur est assigné par l'industrie et la pratique.
On comprend aussi que les différences
qu'on rencontre dans les diverses analyses
faites sur ces produits fossiles, doivent
tenir non-seulement à la cause que nous
venons de signaler, celle des terrains qui
leur servent d'enveloppe, mais encore à
la nature des fragments sur lesquels on a opéré, soit qu'ils appartinssent à une couche plus ou moins profonde, à une veine plus ou moins riche, soit enfin qu'un long séjour à l'air libre eût favorisé la volatilisation de leurs principes oléogènes et eût
amené ces fragments à un état plus ou moins complet de dessiccation.
Afin de ne rien laisser d'incomplet sur un sujet que nous croyons traité pour la première fois sous tous ses rapports, et dont la nécessité nous a paru assez déterminante pour que nous n ayons pas balancé à entreprendre cet ouvrage, nous allons donner ici le résultat des expériences faites sous nos yeux par M. Armand, auquel nous avons dû, en grande partie, les savantes hypothèses que nous avons présentées sur l'origine et la formation des asphaltes.
Selon ce chimiste, l'asphalte en général, de n'importe quelle roche il provienne, contient toujours trois principes assez distincts, et, de plus, on peut le décomposer en une partie liquide et une partie solide.
Ces principes sont :
Une résine jaune, soluble dans Talcool absolu;
Une résine brun -noir, soluble dans 1 ether et faiblement dans Thuile de pétrole;
Une matière noire, brillante, d'une cassure conchoide, ne se dissolvant ni dans l'alcool ni dans 1 ether, mais parfaitement bien dans le pétrole ou le naphte.
Les qualités des asphaltes varient selon les proportions diverses de ces trois principes qui les composent.
Si l'asphalte de Judée est un type, il renferme, sur 100 parties :
6 de résine jaune , 70 de résine brunnoir et 25 environ de la substance noire et brillante.
(-.orsqu'on traite par le feu et avec nié-
nagement une roche asphaltique, il vient une partie solide composée d'un peu de charbon et de beaucoup de la matière noire, soluble exclusivement dans l'huile de naphte ou de térébenthine, et une partie liquide qui n'est que de l'huile de pétrole.
Le bitume rend plus ou moins l'un ou lautre de ces principes en raison de sa consistance.
Le bitume est entièrement soluble dans l'huile rectifiée provenant de sa décomposition.
Il fond un peu au-dessus de 1 00 degrés et commence à se décomposer vers 300.
Les acides sulfuriques et nitriques le transforment en tannin artificiel.
La potasse, la soude le dissolvent en le dénaturant et fournissant Fulmine.
La chaux s'y combine et le ramollit.
Une roche asphaltique, soumise à la distillation sèche, produit des gaz inflammables, du charbon et de Thuile empyreumatique entraînant avec elle une certaine quantité de bitume non décomposé.
Les gaz et le charbon sont en raison directe de la température, Thuile en raison inverse.
Une température comprise entre 300 et 400 degrés est la chaleur la plus favorable à la production de l'huile. Cette huile obtenue contient environ 45 p. 0/0 d'asphalte en dissolution, si l'on ménage à la partie inférieure de la cornue une issue pour l'écoulement immédiat du liquide.
Tel a été le résultat constant des expériences faites sous nos yeux et souvent répétées.
D un autre côté, M. Charles Karmasch, du Hanovre, reconnaît qu'à une température ordinaire Tasphalte est roide; s'il est cassé, sa couleur est la même (jue celle de la poix ordinaire; son poids spécifique varie de 1,07 jusqu'à 1,21 (le plus souvent il est de 1,13 à 1^16). Dans Teau bouillante, l'asphalte entre en fusion. En brûlant il donne des flammes claires et laissée chapper des tourbillons d'une fumée épaisse.
Après sa combustion il ne reste que très-peu de cendres, de silice de terre argileuse et d'oxyde de fer, mélangés parfois d'un peu de chaux et d'oxyde de manganèse.
Tels sont donc les principes élémentaires qui constituent, à de faibles différences près, Inorganisation de la matière que nous avions à connaître.
sable, dont Teinploi défectueux a oui pendant un certain temps à celui des minri de Linuner que le voisinage des deux exploitations faisait confondre en une seule.
Tels sont les seuls points connus jusqu'à ce jour qui produisent la roche asphaltique, dont la matière s*impose aujourd'hui d'une manière absolue dans rétablissement des travaux , où son emploi, par la spécialité de ses avantages, peut seul répondre aux nombreuses exigences réclamées par l'expérience et la pratique.
Nous allons voir tout à Theure que , dans ce fait, notre époque ne fait que suivre la voie qui lui a été tracée par Tantiquité, dont nous retrouverons encore les traces en remontant jusqu au berceau du monde.