EXPOSITION DE LA MÉTHODE ANALYTIQUE POUR
l’Étude et la classification des insectes.
Quoique la classe des insectes comprenne à elle seule un plus grand nombre d’espèces bien connues que les autres sections du règne animal et même que toutes celles auxquelles on rapporte les animaux sans vertèbres, considérés dans leur totalité , nous pouvons assurer qu’aucune n’est plus facile à étudier. Nous avons déjà exposé, dans le chapitre qui sert d’introduction à ces considérations générales, que les insectes diffèrent de tous les autres animaux par le défaut de vertèbres , par la disposition des organes du mouvement, qui offrent d es articulations nombreuses dans la partie moyenne du corps et dans les appendices articulés qui constituent leurs membres ; en même temps que tous respirent par des trous ou des orifices extérieurs nombreux, nommés stigmates, qui correspondent à des canaux aériens élastiques ou à des trachées.
Les insectes ont été divisés en huit ordres, qui ont tiré leui* dénomination des modifications des organes du vol ou des ailes, suivant qu’on en aperçoit, ce qui arrive au plus grand nombre, ou suivant qu’il n’en existe pas. Ce défaut des ailes réunit, comme nous le verrons, des insectes fort dificrens les uns des autres; cependant c’est un moyen commode et artificiel de distinguer certains groupes ou familles, qu’on a réunis sous un nom commun , qui indique principalement cette absence constante des ailes, à toutes les époques de la vie, dans certaines espèces qui forment ainsi l’ordre des Aptères, ou le huitième de la classe. Tous les autres insectes ont des ailes ; mais leur nombre varie ; un ordre réunit les espèces qui n’en ont que deux ; c’est le septième de la classe , celui des Diptères, chez lesquels on trouve
MÉTHODE DE CLASSIFICATION
beaucoup d’autres caractères bien plus importans que ce nombre des ailes.
Ou observe qu-atre ailes chez tous les autres insectes, qu’on pourroit appeler, à cause de cela, les tétraptères; mais ce grand ordre se subdivise en six autres bien distincts : d’abord par la nature des alimens que ces animaux sont forcés de rechercher, les uns ne pouvant se nourrir que de liquides, de sucs ou d’humeurs qu’ils pompent ou absorbent à la surface ou dans l’intérieur des corps organisés; ceux-ci forment deux ordres.
Dans les uns, la bouche consiste «n un bec articulé, formé de pièces coudées ou courbées , qui peuvent rentrer les unes dans les autres, et on observe, le plus souvent, dans leurs ailes, une différence notable entre les supérieures, qui sont à demi coria.ces , ou qui ressemblent à des demi-étuis, ce qui les a fait nommer Hémiptères.
Chez les autres insectes à quatre ailes et sans mâchoires, la bouche consiste en une sorte de langue ou de trompe roulée en spirale sur elle-même, ce qui a fait donner à l’ordre auquel on les rapporte le nom de Glossates; mais, comme en général dans ces insectes les quatre ailes soutiennent de petites écailles ou lamelles colorées diverseiflent et placées souvent les unes au-dessus des autres, à la manière des écailles des poissons, on les a désignés sous le nom de Lépidoptères, ou à ailes écailleuses.
Tous les autres insectes à quatre ailes ont la bouche composée de mâchoires et de mandibules propres à diviser les matières solides dont ils font leur nourriture. Ils ont été rapportés à quatre ordres, dont les noms sont tirés de la forme, de la consistance et de la disposition des ailes. Ainsi, les uns ont les ailes supérieures plus épaisses que les inférieures (auxquelles elles servent comme de gaine ou de fourreau, et alors les inférieures sont membraneuses), et tantôt pliées en travers seulement ; c’est ce qui arrive dans les
Coli5optères , qui composent le premier ordre : ou bien les ailes inférieures membraneuses sont surtout plissées dans leur longueur, et le plus souvent non pliées sous des éljtres ou sous les gaines que leur forment les ailes supérieures, qu elles dépassent; tels sont les Orthoptères.
Chez les autres insectes à quatre ailes ou tétraptères, et chez lesquels les supérieures et les inférieures sont à peu près de semblable consistance, on distingue la structure de ces ailes, pour en faire le caractère des deux ordres qui ont emprunté leur nom de cette disposition : ainsi, chez les Nbvroptères, les ailes sont comme formées de mailles par des nervures en réseau, tandis que dans les HyMÉNOPTÈRES on distingue principalement des lignes ou côtCÈ saillantes sur les ailes, qui sont en général plus étroites et plus consistantes.
Le tableau suivant donne une idée synoptique de cette classification des insectes, d’après les ailes et les parties de la bouche.
Tableau analytique de la classification des insectes en huit ordres, d’après les ailes.
k niâ-
1 de consistance in- f travers.. .
1 égale : les infé- j J rieures pliées en I ong. . . ..
j~i\ ailes Iscmblables, à ncr-j réticulées.
[ '“res (veinées...
1 mâchoires, I un bec non roulé..
formant | une langue roulés.
deux : jamais de mâchoires.
nulles.