Aptères
Cet arrangement systématique des insectes, qui est à peu près celui qui a été proposé par Linnæus, se trouve cependant établi ici d’après d’autres caractères que ceux tirés uniquement des ailes, comme les noms des ordressembleroient l’indiquer. Il faut avouer, comme nous l’avons déjà fait connoître dans
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les précédens chapitres, qu’un assez grand nombre d’insectes, même sous l’état parfait, se soustrait à cette classification par les ailes, puisqu’on retrouve dans presque tous les ordres quelques individus, soit des deux sexes, soit de l’un des sexes en particulier, qui, quoique analogues par la conformation générale, par les mœurs, les habitudes, et surtout par la manière de vivre forcée ou déterminée d’après la structure des parties de la bouche , devroient être rapportés à l’ordre des aptères, si l’on ne considéroit que la seule privation des ailes.
Nous ferons connoître ces espèces qui restent toujours privées d’ailes, dans chacun des artieles qui seront consacrés soit aux ordres, soit aux genres; mais nous croyons devoir indiquer ici un moyen accessoire de les distinguer d’abord. La structure des parties de la bouche devient très-utile à étudier pour cette classification des insectes qui, quoique privés d’ailes, n’appartiennent pas à l’ordre des aptères.
Ainsi le défaut des mâchoires, ce qui est très-rare dans les aptères, excepté dans les pous, les tiques et les puces, distingue très-bien quelques hémiptères , comme les punaises des lits, quelques réduves, cochenilles, pucerons, etc., qui ont tous un bec articulé; quelques diptères, comme des hippobosques, mélobosques, qui ont un suçoir corné; enfin, quelques lépidoptères qui, comme les femelles de quelques bombyces, de quelques teignes, ont une langue roulée en spirale.
Tous les autres Insectes, faussement ou seulement en apparence privés d’ailes, ont des mâchoires, et ont alors leur ventre immédiatement accolé au corselet, et ils n’ont que six pattes; ce qui les distingue des vrais aptères, qui ont le ventre réuni au tronc. Tels sont, parmi les coléoptères, les femelles du lampyre ver-luisant, et beaucoup d’espèces qui ont des élytres soudés, ou sous lesquels il n’y a pas d’ailes membraneuses. Tels sont encore parmi les orthop-
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fères quelques sauterelles, gryllons, blattes, mantes; mais ces derniers ont tous les mâchoires garnies d’un appendice particulier propre à cet ordre. Enfin , parmi les faux aptères à ventre pédiculé et qui n’ont que six pattes, et non huit comme les acérés, on distingue assez facilement les fourmis, lesinutilles, les ichneumons et les autres hyménoptères, par la forme de leur bouche et les cinq articles de leurs tarses; tandis que quelques névroptères, comme les psoques, les termites, n’ont que deux ou trois articles aux tarses.
Nous allons indiquer, sous les noms de chacun des ordres, l’histoire générale des insectes qu’ils comprennent, de manière à donner une idée de l’ensemble de la classe des insectes.
I. L’ordre des COLÉOPTÈRES comprend les insectes à quatre ailes, dont les supérieures forment des étuis ou des gaines pour les inférieures, qui sont le plus ordinairement membraneuses et pliées en travers. Ces dernières portent seules le nom d’ailes , parce qu’elles servent au vol ; les autres sont appelées des éljtres ; de là le nom d’ÉLYTROPTÈHEs qu’on a proposé de donner à cet ordre, ou celui de Coléoptères, imaginé par Linnæus, et tiré des deux mots grecs, xoXsoç, gaine, étui, etTneget, ailes. On a encore désigné ces insectes sous le nom d’ordre d’élytroptères , du mot ê qui signifie aussi gaine; et plus vulgairement on comprend ces insectes sous le nom général de scarabées, qui désigne maintenant l’un des genres de cette grande division.
Cet ordre correspond aux éleuthérates de Fabricius, nom tiré de la disposition des mâchoires qui sont libres, ou qui ne supportent pas cet appendice appelé galette, lequel caractérise la bouche des orthoptères, que le même auteur appelait les ulonates.
Dans l’état actuel de la science, on comprend donc sous le nom de coléoptères la nombreuse tribu des insectes à quatre ailes, dont la paire supérieure est coriace, dure, courte.
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épaisse, le plus souvent opaque, réunie par une sorte de suture longitudinale, convexe en-dessus, recouvrant le ventre; et deux ailes membraneuses, veinées, pliées en travers, le plus ordinairement transparentes. Tous ces insectes ont, sous l’état parfait, les parties de la bouche divisées en mandibules et en mâchoires propres à saisir et à diviser des alimens solides.
Ce groupe estl’un des plus naturels : il rapproche desinsectes qui ont entre eux les plus grands rapports, et qui diffèrent de tous les autres par un grand nombre de caractères, comme on va le reconnoître par les détails dans lesquels nous allons entrer.
Tous proviennent d’un œuf ovale, à coque molle, fécondé avant la ponte. Il en sort une larve , le plus ordinairement molle, à six pattes écailleuses, articulées; à tête cornée, sans j eux distincts, avec des rudimens d’antennes, des mandibules et des mâchoires plus ou moins développées, suivant la nature des alimens qui lui conviennent. Ces larves n’ont pas de corselet, pour la plupart ; elles ont un abdomen plus ou moins alongé, ou courbé sur lui-même, comme tronqué à l’extrémité, composé de douze ou treize anneaux, dont neuf sont percés , des deux côtés, de boutonnières ou d’orifices correspondant aux trachées, et qu’on nomme stigmates.
Les coléoptères restent pour la plupart très-long-temps sous cette forme de larves, quelquefois même pendant trois ou quatre années, tandis qu’à peine vivent-ils quelques semaines sous leur dernier état. C’est seulement sous la première forme que se fait leur accroissement, pendant lequel ils changent plusieurs fois de peau. Au reste, toutes ces différences tiennent à celle de la nourriture , chaque famille d’insectes coléoptères éprouvant des modifications qui ont été prévues par suite du climat, de la qualité des alimens, et d’autres particularités qui tiennent à l’ordre admirable que la nature nous montre dans les rapports respectifs de toutes ses productions. Ainsi les larves
des herbivores, comme celles des chrjsomèles. des criocères, des galéruqucs, prennent tout leur accroissement en quelques’mois, et c’est sous Informe d’œufs que l’espèce se continue et existe pendant l’hiver. D’autres, comme celles des priocères, des lamellicornes, des térédyles, passent plusieurs hivers sous la terre , où elles se nourrissent de racines, ou dans l’intérieur du tronc des arbres , à l’abri des vicissitudes de la saison. C’est ce que nous remarquons dans les cerfs-volans, les hannetons, les cétoines et les capricornes. Enfin, il est quelques coléoptères, comme les rhinocères, dont les larves se nourrissent et se transforment dans les fruits ou dans les semences des végétaux. C’est dans cette demeure, au centre de leurs alimens, que ces insectes passent, sous l’état de nymphe, toute la saison froide ; et ils ne prennent des ailes , pour propager leur race, qu’à l’époque où s’opère la fécondation des plantes dans les germes desquelles leurs œufs doivent être déposés.
Toutes les larves des coléoptères changent de peau : elles muent plusieurs fois, à peu près comme les chenilles des lépidoptères. On a compté jusqu’à quatre ou cinq de ces changemens de peau dans les larves des ténébrions.
Les coléoptères, sous l’état de nymphe, ne prennent plus de nourriture; ils sont inactifs, immobiles, quoique toutes leurs parties soient distinctes. Immédiatement après leur transformation , toutes ces nymphes sont d’un blanc plus ou moins transparent ou jaunâtre, et dans un état de mollesse extrême : la plupart se tapissent dans des cavités dont elles ont consolidé les parois, pour en faire une espèce de coque. Sous une sorte d’épiderme très-mince , les gaines de corne qui doivent former toutes les articulations de leur corps, en logeant les muscles et les viscères, se consolident, se colorent diversement, jusqu’à ce que l’insecte ait acquis assez de force pour rompre les parois de sa coque et paroître au grand jour, s’il doit chercher sa nourriture à l’époque de la journée où la chaleur
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et la lumière du soleil exercent toute leur influence ; ou dans les ombres de la nuit, si, comme pour les lampyres, les photophyges et les lygophiles, les ténèbres et l’obs'curité sont nécessaires à la conservation de leur race.
On distingue , dans les coléoptères, comme dans tous les insectes , le tronc et les membres.
Le tronc est composé de quatre régions principales : la tête, le corselet, la poitrine et le ventre.
Les membres, au nombre de six, sont distingués en ailes; les supérieures, appelées élytres, et les inférieures, qu’on nomme simplement les ailes. Les pattes se distinguent en antérieures , moyennes et postérieures : elles sont toutes composées d’une hanche, d’une cuisse ou fémur, d’une jambe ou tibia, et d’un tarse, dont le nombre des articles varie.
La tête des coléoptères offre constamment à l’observation , le crâne, qui s’articule en arrière avec le corselet ; la bouche, qui est formée de diverses parties disposées par paires à peu près symétriques ; deux yeux; deux antennes.
L’articulation de la tête avec le corselet varie beaucoup, suivant le genre de vie de l’animal. Tantôt, l’axe de la plus grande longueur du crâne est parallèle à celui du corps, comme dans les escarbots, les lucanes ; tantôt, ainsi qu’on le remarque dans les charançons, les anthribes, les attelabes, la tête est articulée à angle droit avec le corselet.
La bouche se compose généralement des parties que nous allons indiquer : i.^le chaperon, qui est un prolongement du crâne ou du front, auquel est attachée une partie mobile, impaire , de forme variable, qu’on nomme la lèvre supérieure ; 2.“ les mandibules ou mâchoires supérieures, pièces solides, plus ou moins tranchantes etpointuesou dentelées, destinées à pincer, à saisir, à briser les alimens solides; 3.“ les mâchoires proprement dites, beaucoup plus grêles, modiÇées diversement, suivant la nature des alimens, munies en dehors de deux appendices articulés, appelés antennules maxillaires,,
OU mieux palpes supérieurs ; 4.° la lèvre inférieure, supportée par la partie inférieure de la tête ou de la gorge, que Ton nomme encore ganache. Cette lèvre , souvent fendue ou fourchue, supporte deux autres antennules ou palpes , que l'on a nommés inférieurs ou labiaux. Toutes ces parties ont été décrites et étudiées, avec le plus grand soin, par quelques entomologistes, qui en ont fait la base de leurs systèmes.
Les yeux d es coléoptères ne sont qu’au nombre de deux ; car ces insectes sont privés de ces sortes de tubercules que l’on a nommés yeux lisses, ou mieux stemmates, dans les orthoptères , dans quelques névroptères et la plupart des hyménoptères. Ces yeux varient beaucoup pour leur situation respective eu égard aux autres parties et surtout aux antennes. Ils sont le plus souvent arrondis, ovales , rarement en croissant : leur surface est chagrinée. Le seul genre des tourniquets paroit avoir quatre yeux, l’œil étant partagé en deux portions distinctes , l’une supérieure et l’autre inférieure, à peu près comme dans le poisson appelé anahleps, et probablement dans le même but, l’insecte vivant à la surface des eaux, ayant à craindre des ennemis aquatiques et terrestres, et devant poursuivre sa nourriture dans l’air et dans l’eau , milieux qui offrent à la lumière des densités différentes qui dévoient appeler des modifications dans la structure de l’œil.
Les antennes, dont les usages ne sont pas encore bien déterminés, offrent, dans les coléoptères, les plus grandes modifications, ce qui a permis aux naturalistes de les considérer comme un moyen commode pour les réunir en groupes plus ou moins naturels. Elles sont dites en masse plus ou moins solide, feuilletée , lamellée, dentelée ; en soie, en fil, en chapelet : de là les noms de stéréocères, hélocères, priocères, pétalocères, etc. Ces antennes varient dans les sexes, comme on le volt dans les mélolonthes, les cérocomes, les meloës, les taupins , les driles et beaucoup d’autres.
Le corselet ou corcelet (car les entomologistes ne sont
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pas d’accord sur l’orthographe de ce mot) supporte la tête, et précède la poitrine en-dessous et les élytres en-dessus : c’est sur cette pièce que s’articule la première paire de pattes. Sa forme varie considérablement, suivant les genres et même les familles. Tantôt le corselet des coléoptères est carré, arrondi, triangulaire, transversal ou très-large, linéaire ou trèslong, bombé, aplati, concave, convexe, déprimé, rebordé, sinué, épineux, pointu en arriére, etc. On nomme quelquefois sternum la ligne saillante qui se voit entre l’origine des pattes antérieures, et qui, dans les taupins en particulier, se prolonge pour entrer, comme un ressort, dans une cavité correspondante de la poitrine.
La poitrine est à peine distincte, au premier aperçu. Dans les coléoptères , elle correspond à la partie qu’on nomme vulgairement le corselet chez les hyménoptères. En-dessus, on ne la voit guère , parce qu’elle est cachée par les élytres, auxquels elle donne insertion, ainsi qu’aux ailes, dont elle loge les muscles. Souvent cependant la poitrine supporte, dans sa partie moyenne et supérieure, une pièce plus ou moins triangulaire et distincte, que l’on nomme écusson. Cet écusson est quelquefoisiitrès-petit, et manque tout-à-fait dans les anaspes ; il est très-grand dans les cétoines : il occupe constamment la partie supérieure de la suture des élytres, qu’il sépare à leur base interne. En-dessous, la poitrine se confond, pour la largeur et la forme, avec les premiers anneaux de l’abdomen; mais elle porte constamment les deux dernières paires de pattes, et cette particularité suffit pour la faire distinguer. Sa partie moyenne et longitudinale se prolonge souvent en une sorte de sternum mousse ou pointu , comme on le voit dans les buprestes, les hydrophiles; d’autres fois, la poitrine est déprimée, et, en général, elle est, pour ainsi dire , moulée sur la forme des anneaux du bas-ventre. Dans les cnodalons, lesérotyles, les chrysomèles, la poitrine se prolonge en avant, du côté du corselet, en une pointe plus ou moins obtuse,
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qu’on a encore nommée sternum. C’est sur les parties latérales et antérieures de la poitrine des coléoptères que sont insérées et articulées les élytres et les ailes membraneuses.
L’abdomen ou le ventre des coléoptères fait suite à la poitrine et se confond avec elle. En-dessus, le ventre, qu'on nomme le dos, est recouvert et protégé par les élytres et par les ailes : il est ordinairement très-mou ; en-dessous, on y distingue cinq ou six pièces cornées, articulées, plus ou moins dures, et rapprochées les unes des autres. C’est à son extrémité libre, plus ou moins mousse, ou pointue, comme dans les hannetons, que se trouve placé le cloaque ou l'anus , dont l’ouverture est transverse, et qui livre passage au résidu des alimens transmis parle rectum qui y aboutit, et aux organes de la génération. Sur les côtés, chacun des anneaux du ventre présente une petite ouverture pour l’orifice des trachées, que l’on nomme Stigmate.
Les élytres ou gaines des ailes membraneuses ne peuvent que s'écarter du corps à angle droit. Ils ne frappent pas l’air dans le vol : une fois étendus, ils restent fixes, et leur écartement précède constamment le développement des ailes proprement dites. La forme, la consistance, la couleur de ces élytres varient beaucoup. Ils embrassent quelquefois l’abdomen , et se soudent complètement par la suture, ce qui entraîne constamment l’absence des ailes. C'est ce que l’on voit dans quelques anthies, tachypes, parmi les créophages ; chez plusieurs brachycères et charançons ; dans les lamies, les blaps, les eurychores, les pimélies , quelques alurnes, quelques chrysomèles. D'autres fois, comme dans plusieurs galéruques, dans les méloës, les élytres, bien distincts et séparés, ne protègent pas l’abdomen entier, et cependant ils ne recouvrent pas les ailes membraneuses, qui manquent tout-à-fait; tandis que dans les rhipiphores, les molorques, les œdémères et les sitarides. les élytres, rétrécis, raccourcis, non réunis dans toute leur longueur par une suture, ne
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suffisent pas pour recouvrir l’étendue de l’aile membraneuse. On distingue, dans l’élytre , la base, l’extrémité libre, le bord interne correspondant à la suture et à l’écusson, et le bord externe, qui embrasse plus ou moins l’abdomen. Chacune de ces parties offre des variétés très-notables.
Les ailes membraneuses sont également insérées sur la partie supérieure de la poitrine, en dedans de l’élytre qui les recouvre. Elles sont veinées, avec des anastomoses, à peu prés comme celles des hyménoptères, particularité qui les distingue de celles des névroptères. A une ou deux exceptions près, qui ont été remarquées dans les rhipiphores, les molorques, ces ailes membraneuses sont coudées sur leur bord externe. Elles forment là une articulation en angle, qui permet à l’aile, qui a ordinairement près du double de la longueur de l’élytre , de se cacher dessous , et de se plier en travers par un mouvement de charnière qui distingue encore ces ailes de celles des orthoptères. On n’a pas encore étudié les nervures de ces sortes de membranes : elles présentent cependant de très-grandes variétés dans les différens genres. Ainsi, dans les cicindèles, on voit constamment dans le coude de leur articulation un espace plus transparent, borné par une sorte d’anneau fibreux qui représente une sorte d’œil ou de trou circulaire. Un ligament élastique ramène l’aile à l’état d’extension ou de flexion, à peu près comme l’articulation des jambes chez les oiseaux dits échassiers : de sorte que cette aile est constamment fléchie ou étendue, lorsqu’elle est fraîche et abandonnée à elle-même.
Les pattes des coléoptères ont été plus soigneusement étudiées par les naturalistes, parce qu’elles leur ont fourni des observations faciles et des caractères commodes pour la distinction de sous-ordres dans cette tribu très-nombreuse en genres , que l’on a même souvent désignée sous le nom de classe.
On divise les pattes en quatre articulations principales: là
hanche, la cuisse ou le fémur, le tibia ou la jambe, et le tarse, qui est lui-même composé de plusieurs articles et de crochets.
La hanche, dans les pattes de devant ou thoracine s, fait partie du corselet; dans les autres pattes, dites moyennes et postérieures, cette partie se confond souvent, et se soude même quelquefois avec la pièce solide qui forme la poitrine en-dessous. Tantôt la hanche est globuleuse , tantôt transverse. Elle est toujours subordonnée, par ses formes, à la nature des mouvemens de l'insecte , suivant qu’il à besoin d’une grande force, pour fouir la terre, pour saisir les corps, pour nager, sauter ou courir : c’est ainsi que les hanches des scarabées sont fort différentes de celles des carabes , des dytiques, des capricornes , des altises.
Il en est de même du fémur ou de la cuisse, qu’on pourroit appeler bras dans les pattes de devant. Cettt pièce, ordinairement assez alongée, est tantôt arrondie , tantôt plate, globuleuse, rarement anguleuse, souvent sillonnée le long de son bord , comme dans les byrrhes, les escarbots et beaucoup d’autres, pour recevoir, dans sa longueur, l’un des bords de la jambe, auquel elle sert de gaine, comme le manche à la lame des couteaux à ressort.
. La jambe, ou la troisième partie des pattes , correspond à l’avant-bras et au tibia. Ses formes, ses proportions, varient comme celles de la hanche et du fémur. Ainsi, dans les espèces de coléoptères qui fouissent la terre , comme les trox, les scarabées , les scarites, la pièce de corne qui supporte le tarse est aplatie, souvent triangulaire, dentelée en dehors : tandis que cette sorte de tibia est plus ou moins alongée, plate, ou cylindrique , dans les carabes, les capricornes ; terminée par une ou deuXj éminences pointues , dans les hydrophiles , les dytiques.
C’est principalement le tarse que les entomologistes ont étudié avec soin , parce qu’ils se sont servis, depuis GeofiFroy, du nombre de ses articles pour déterminer les sous-ordres
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dans cet ordre nombreux. Chez quelques mâles de coléoptères, comme dans ceux des hydrophiles et des dytiques, les articles des tarses, surtout ceux des pattes antérieures et des moyennes, sont dilatés en boucliers, spongieux en-dessous, paroissant destinés à les faire adhérer plus aisément sur les élytres des femelles, à l’époque de la fécondation. Dans d’autres, comme dans les lamellicornes, et surtout dans les scarabées, les articles sont très-grêles, tandis qu’au contraire, dans les lignivores, les rhinocères et dans les herbivores, ils sont larges, veloutés en-dessous, et souvent à deux lobes.
On a fait cette remarque assez curieuse et qui, jusqu’ici au moins, n’a été contrariée par aucune observation, que le nombre des articles aux tarses est semblable et constamment le même dans les pattes moyennes et dans les antérieures, de sorte qu’il suffit de compter le nombre des articles des pattes antérieures pour connoître celui des pattes moyennes , et réciproquement. On a encore remarqué que le nombre des articles aux-tarses est absolument le même sur toutes les pattes, excepté dans certains genres qui ont quatre articles aux tarses postérieurs seulement et cinq à ceux de devant, et par conséquent aux moyens; et cette particularité a fait réunir tous ces genres en un seul sous-ordre , que nous avons le premier désigné, dans la Zoologie analytique , sous le nom adjectif d’hétéromérés, et non d’hétéromères, comme l’ont adopté la plupart des entomologistes françois.
Cette considération du nombre des articles aux tarses a donné lieu à l’établissement de cinq sections, ou sous-ordres, parmi les coléoptères. Ce sont,
1. ° Les Pentamérés, qui ont cinq articles à tous les tarses , et que l’on a souvent désignés en écrivant ainsi ce nombre des articles, 5,5, 5 ;
2. ° Les Hétéromérés , ou à cinq articles aux deux premières paires de tarses, et quatre aux postérieurs, ou à articles des tarses disposés ainsi, 5,5, 4 ;
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