IDÉES GÉNÉRALES DES FORMES ET DE LA STRUCTURE DES INSECTES
La plupart des insectes ont six pattes et sont dits, pour cela même, hexapodes. Beaucoup ont des ailes. Leur corps est le plus souvent formé de seize pièces ou articulations distinctes , que l’on considère comme formant trois régions principales; la tète, le corselet ou thorax, et Vahdomen ou le ventre.
La tête s’articule constamment avec le corselet ou thorax; mais ce mode d'articulation varie suivant les ordres, les familles et les genres. 11 n’y a que les araignées, les scorpions, les faucheurs et les autres insectes sans ailes de la famille des acérés, dont la tête n’est pas articulée et mobile sur le tronc et ne porte pas d'antennes. *
On distingue dans la tête des insectes la bouche, dont les parties diffèrent beaucoup, non-seulement dans tous les ordres, mais même par de petites modifications dans tous les genres et très-probablement aussi chez toutes les espèces. Ces modifications des parties de la bouche ont été étudiées avec beaucoup de détails par quelques entomologistes, qui non-seulement ont établi, d’après cette considération, des ordres qu’ils ont appelés à tort des classes parmi les insectes, mais qui même en ont tiré tous les caractères des genres.
Il suffira de rappeler que, sous ce point de vue, tous les insectes peuvent être rapportés à deux grandes divisions : les espèces à mandibules et à mâchoires libres, disposées par paires, mobiles isolément; ce sont les insectes mâcheurs ou broyeurs: tels sont les quatre premiers ordres, les coléoptères, orthoptères, névroptères et hyménoptères , et la plupart des familles des insectes parmi les aptères. Mais, déjà dans l’ordre des insectes hyménoptères, et en particulier dans les familles des mellites, des ptérodiples et des chrysides,
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les mâchoires s'alongent, s’aplatissent et forment, à l’aide de la lèvre inférieure, une sorte de tube et de langue qui donne à ces insectes la double faculté de broyer les alimens et de les pomper par une sorte de succion.
La bouche des insectes màcheurs est à peu prés composée des mêmes parties : en-dessus une lèvre supérieure supportée par une portion avancée du front nommée chaperon ; puis deux mâchoires supérieures, appelées mandibules; au-dessous de celles-ci deux autres mâchoires plus grêles dites inférieures, ou simplement mâchoires, garnies extérieurement d’un ou plusieurs appendices articulés mobiles, nommés antennules et mieux palpes supérieurs ou maxillaires; enfin au-dessous des mâchoires on observe une autre partie unique qu’on nomme languette ou lèvre inférieure, laquelle porte aussi deux appendices articulés qu’on a appelés palpes labiaux ou inférieurs. Cette lèvre est elle-même supportée ou cachée par une avance solide du dessous de la tête, qu’on nomme menton ou ganache. Dans quelques insectes màcheurs, comme chez tous les insectes orthoptères et quelques névroptères, les mâchoires sont recouvertes d’une sorte de palpe d’un seul article, souvent concave, qu’on a désigné sous le nom de casque ou de galette.
Chacune de ces parties varie, comme nous l’indiquerons plus bas, en traitant de la nutrition; car c’est sur cette variation que Fabricius a fondé les ordres et établi les caractères des genres dans son système. Cependant chacune remplit dans toutes les espèces, et quelle que soit sa forme, à peu près les mêmes fonctions. Les palpes paroissent destinés à palper, à tâtonner l’aliment, à le toucher en tous sens, pour reconnoître ses qualités : aussi les voit-on continuellement en action lorsque l’insecte mange. Dans beaucoup d’espèces ils servent évidemment à redresser l’aliment, afin qu’il soit mieux saisi par les mandibules, dont l’office est d’agir comme les dents incisives et laniaires chez les mammifères.
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C’est avec les mandibules que l’insecte coupe, arrache ou retient les alimens ; tandis que les mâchoires recoupent, broient ou écrasent la partie qui se trouve comprise entre leurs efforts. Ces mâchoires et ces mandibules se meuvent latéralement de dehors en dedans, et non de haut en bas ou verticalement Comme dans les animaux vertébrés. Les deux lèvres ne paraissent destinées qu’à former la bouche, à en couvrir l’ouverture, ou à s’opposer à la sortie des portions d’alimens déjà broyées ét réduites en petits fragmens. Elles se meuvent toutes deux de devant en arrière et verticalement.
Dans les insectes suceurs proprement dits, les alimens ne peuvent être avalés qu’autant qu’ils sont liquides ; mais les organes qui servent à produire cette succion, sont trèsdivcrsifiés dans les différens ordres. Ainsi chez les hémiptères c’est un lec articulé, sorte de tube composé de plusieurs pièces qui vont, en diminuant de grosseur, de la base à la pointe, et dans l’intérieur desquelles sont contenues des soies fines et aigues, espèces de lancettes, ordinairement au nombre de trois.
Chez d’autres, comme dans les lépidoptères, la bouche consiste en un instrument particulier, roulé ordinairement en spirale sur lui-même, auquel on donne le nom de langue. Cette langue forme un canal composé de deux demi-gaines qui correspondent aux mâchoires des autres insectes, mais excessivement alongées, à la base desquelles on retrouve les palpes souvent très-velus, et tous les rudimens des autres parties de la bouche.
Enfin, dans les diptères, la bouche forme tantôt une trompe charnue , terminée par deux lèvres qui font l’office d’une ventouse, au centre de laquelle se trouve l’orifice du canal de la digestion ; et les genres dans lesquels on observe cette sorte d’instrument, sont forcés de prendre leur nourriture telle qu’elle se trouve à la surface des corps, ou de la dissoudre en la liquéfiant, afin de pouvoir ensuite l’avaler.
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Chez d’autres il y a ce que les entomologistes sont convenus d'appeler un suçoir: c’est une sorte de trompe non évasée à son extrémité libre et dans laquelle se retrouvent des soies, instrumens vulnérans dont l’insecte se sert pour percer la peau des êtres organisés, des humeurs desquels il doit se nourrir.
Après la bouche, les parties les plus constantes de la tête sont les antennes , sortes de cornes de formes très-variables, articulées, et au nombre de deux dans tous les insectes, excepté dans la famille des araignées. On ignore encore complètement l'usage des antennes, et il est probable qu’elles sont destinées à faire percevoir divers modes de sensation. Il est évident en particulier que beaucoup d’insectes s’en servent comme de tentacules pour explorer les circonstances dans lesquelles ils se trouvent ; mais il est notoire aussi que leur existence et en même temps leur excessive brièveté dans quelques espèces, en particulier dans la plupart des diptères et dans quelques hémiptères et névroptères, ne peut pas s’accorder avec cet usage. Au reste, nous reviendrons par la suite a l’étude des modes de sensation dans les insectes.
Les jeux sont encore des organes dont la présence est constante à la tête des insectes. Ils sont aussi le plus souvent au nombre de deux, situés sur les parties latérales. Ils ne sont pas couverts par des paupières; leur surface est taillée à facettes, dont le nombre varie excessivement. On les distingue très-bien sur les yeux des demoiselles, des papillons, de certaines mouches. Leur couleur varie. Dans les diptères, les mâles se distinguent souvent par la grosseur des yeux, qui occupent toute la tête.
Outre ces yeux à facettes ou composés, qui sont constans dans tous les insectes sous l’état parfait, on en observe dans plusieurs ordres d’autres, petits, le plus souvent au nombre de trois, situés non sur les côtés de la tête, mais dans la ligne moyenne du front, au-dessus de la bouche et entre les an-
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ternies. Ces 'petits jeux ne sont pas taillés à facettes ; aussi les nomme-1-on lisses, ou en un seul mot, qui convient mieux, les stemmates. On ignore leur usage. On croit cependant qu’ils servent également à la vision , parce que les yeux des araignées ont à peu près la même forme, et que ces derniers insectes n’en ont pas d’autres. Il est vrai que la plupart en ont huit, de la forme de ceux qu’on nomme stemmates.
On distingue encore sur la tête des insectes diverses régions, dont le développement, les couleurs ou les enfoncemens et d’autres particularités ont offert quelques caractères que nous croyons en conséquence devoir faire connoître. Tel est Vocciput, qui sert à l’articulation avec le corselet, tantôt par un seul condyle, tantôt par deux; il est quelquefois tronqué, arrondi, aplati, déprimé, prolongé en une sorte de col, etc. : le vertex ou le sommet de la tête ; le front, le chaperon, qui supportent immédiatement la bouche ou la lèvre supérieure ; les joues , entre les yeux et la bouche ; la ganache ou le menton, sur lequel s’articule la lèvre inférieure. Telles sont les diverses régions de la tête des insectes.
Le corselet ou le thorax est la partie du tronc qui est placée entre la tête et le ventre ou l’abdomen : elle supporte constamment les membres, tels que les pattes et les ailes. Voilà la définition la plus générale que l’on puisse donner de cette région du corps; car elle se compose de plusieurs autres parties, que quelques auteurs avoient déjà distinguées, mais sur lesquelles M. Audouin vient de présenter (Mai 1820) un Mémoire très-curieux, dont nous allons extraire les faits qui suivent, d’après le rapport que M. Cuvier en a fait à l’Institut.
M. Audouin distingue dans le thorax trois anneaux ou segmens du corps, dont chacun porte une paire de pattes, et que , d’après leur position de la tête à l’anus, l’auteur nomme prothorax , mésothorax et métathorax. Chacun de ces trois segmens présente quatre faces : une supérieure, que nous décrirons par la suite, et qui correspond au dos, en
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latin tergum- deux latérales et une inférieure, constituant, à elles trois, la région de la poitrine. La portion ou face inférieure forme le sternum , et les latérales portent le nom général de lianes. On y distingue trois pièces principales.- la plus voisine de la ligne moyenne ou inférieure, et qui s’appelle épisternum; l’autre, placée plus en arrière, qui reçoit la première articulation de la patte, se nomme épimére; et la troisième, enfin, porte le nom d'hjpoplère. C’est par cette troisième pièce du flanc que les ailes sont supportées dans les scgmens appelés moyen et postérieur, ou mésoihorax et métathorax ; de plus, il y a quelquefois une petite pièce autour du stigmate, que l’on nomme péritrème.
Le dos ou le tergum se compose de quatre régions dans chaque segment ; l’auteur les nomme de devant en arrière : præscutum, scutum, scutellum et postscutellum. Les deux extrêmes sont souvent cachées dans l’intérieur.
D’après cette étude extérieure du thorax, on conçoit qu’il doit y avoir de très-grandes différences pour la forme et l’étendue de ces diverses parties dans les differens ordres. Ainsi le mésothorax est peu dévAippé dans les coléoptères et les orthoptères, qui ont des élytres de peu d’usage dans l’action de voler. Dans les cigales , c’est l’épimère qui se prolonge sous le premier anneau de l’abdomen , pour former la grande plaque concave qui recouvre l’instrument du chant chez ces insectes. Les quatre régions du dos sont plus sensibles et mieux divisées sur le mésothorax, dans les ordres des lépidoptères, des hyménoptères et des diptères. Dans les libellules ou demoiselk-s, c’est l’épisternum qui a pris le plus grand développement. Dans les coléoptères, c’est le métathorax qui offre la même augmentation d’étendue, en raison de l’usage auquel il est destiné, puisqu’il reçoit les véritables organes du mouvement, les ailes membraneuses.
L'abdomen ou le ventre est la troisième région du tronc dans les insectes ; il ne porte pas de pattes articulées. Le
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nombre des anneaux qui composent cette région, varie d’un à quatorze ou quinze. La plupart portent un trou ou un pore qui se nomme stigmate , et qui est l’orifice d’une trachée. L’abdomen est articulé avec le métathorax dans la région postérieure, tantôt par une large surface ; il est alors dit sessile, comme dans les coléoptères, les orthoptères, etc.: tantôt, au contraire, l’articulation offre un rétrécissement marqué, qu’on nomme pétiole ou pédicule, comme dans les guêpes, les sphéges.
L’extrémité libre de l’abdomen est le plus souvent percée par l’anns. Le dernier anneau varie beaucoup pour la forme: car souvent il est disposé de manière à favoriser le rapprochement des sexes, ou à faciliter la ponte ou l’introduction des œufs dans les matières qui doivent les recevoir ; souvent encore il est organisé de manière à devenir une arme d’offense ou de défense. Les crochets, les tarières, les aiguillons, les pinces, les lames, les scies, les queues, les filières et les autres instrumens font souvent partie de cette région du tronc.
On distingue également dans chacun des anneaux du ventre les régions inférieure, supérieure et latérales, pour en indiquer la forme, la structure, les taches, lesmouvemens, qui fournissent de très-bons caractères, non-seulement pour les genres, mais même pour les espèces et les différences de sexe.
Les ailes sont de véritables membres, à l’aide desquels les insectes s’appuient sur l’air et se transportent dans l’atmosphère. Elles consistent en pièces articulées sur le mésothorax et sur le métathorax, dans l’intérieur desquels sont placés des muscles très-puissans, qui les meuvent,'les étendent, les plissent et les déplissent, les élèvent, les abaissent alternativement, et les portent en dehors et en dedans; enfin, ce sont de véritables rames légères, mais solides, constituée* par des membranes, soutenues par des rayons ou touches, diversement disposés pour leur donner la souplesse, la résistance et la mobilité dont elles ont besoin.
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Aucun insecte ne naît véritablement ailé, et quelque^ uns, qu’on dit Aptères, ne prennent jamais d’ailes ; tantôt les insectes n’en ont que deux, on les nomme alors Diptères, ou ils en ont quatre, et on les dit alors Tètraptères. Quand il y a quatre ailes, on nomme supérieures celles qui sont insérées plus prés de la tête ou sur le mésothorax ; on appelle inférieures, celles que supporte le métathorax.
Dans les insectes à quatre ailes , lorsque les supérieures sont plus épaisses, lorsqu’elles ont une autre consistance que les inférieures et qu’elles servent comme de gaines ou d’étuis aux véritables ailes membraneuses, on les nomme des élytres ou des demi-éljtres ; tels sont les Coléoptères, les Orthoptères en général et les Hémiptères.
Chez les autres insectes, qui ont quatre ailes à peu près d’égale consistance et qui servent également à l’action du vol , on distingue celles qui sont cflmme couvertes d’une poussière écailleuse, et celles qui sont à peu près nues. Les premières sont celles des Lépidoptères, et les autres s’observent dans les Gymnopteres. Ces dernières se distinguent en ailes à nervures disposées principalement dans la longueur, comme chez les Hyménoptères, et en celles dont Içs nervures transversales sont nombreuses, comme en réseau : telles sont celles des Névroptères.
C’est d’après la présence, le nombre et la forme des ailes, qu’on a classé les insectes ou plutôt formé les huit ordres dans cette classe, comme on lé voit par le tableau que npus présenterons dans la suite de cet article. Il y a en outre beaucoup de modifications dans la forme des ailes, dans leur structure, et même dans quelques appendices, qui tantôt lient les ailes entre elles, comme les anneaux, les boucles, les crochets, les ardillons, les bal^ncUr^, Jes euill^rçnf ou ailerons, etc.
Les pattes ou les pieds des insectes sont, comme nous l’avons déjà, dit, le plus souvent au nombre de six dans les
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véritables insectes : elles sont disposées par paires, reçues chacune dans une des pièces du thorax. On distingue en général dans les pattes des insectes quatrej'égions, savoir, la hanche, la cuisse, la jambe et le tarse.
La hanche [coxa) est une pièce courte, le plus souvent enchâssée , mais mobile, dans le prothorax pour la première paire de pattes, dans le mésothorax pour la paire moyenne, et dans le métathorax poué la paire postérieure. La forme de cette hanche et son mode d’articulation varient le plus souvent; il est le même pour les postérieures, mais tout-àfait différent pour la paire de pattes qui se porte en avant, tandis que les deux autres sont dirigées en arriéré. Tantôt cette pièce de la hanche est globuleuse et ressemble à une sphère reçue dans une cavité arrondie, comme le genou des mécaniciens ; tantôt elle est aplatie , ovale , alongée, linéaire, et tellement engagée (fans la pièce correspondante du tronc qu’elle semble en faire partie et s’y confondre ; voilà pourquoi la plupart des auteurs n’en font pas mention. Cependant on l’a observée dans quelques dytiques, où elle forme une sortè d’oreille, ce qui leur a fait donner le nom de cnémidotes. On l’a aussi remarquée dans les blattes, les forbicines.
La cuisse ou le fémur est la seconde articulation de la patte; sa forme varie beaucoup, ainsi que ses proportions. Quelquefois elle porte à sa base une sorte d’appendice mobile qu’on nomme trochanter, et dont on ignore encore l’usage : il a été observé en particulier dans les coléoptères créophages. Cette cuisse est remarquable, tantôt par sa grosseur, comme dans les alurnes, les altises, les donacies, les œdémères, quelques syrphes, les hirtées ; tantôt par sa longueur, comme dans les sauterelles, les criquets, les truxales, les puces, les chalcides on y observe aussi les pointes, les épines, les membranes, les rainures, les arêtes et plusieurs autres particularités.
La jambe ou le tibia est la troisième portion wou articula-
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tioû de la patte, placée entre le tarse et la cuisse. Elle présente autant de variétés que le fémur par sa conformation : elle en a ordinairement la longueur. Sa forme varie suivant les usages : son bord est dentelé et sa surface aplatie dans les insectes fouisseurs. Ce tibia est cilié dans les insectes nageurs; garni de brosses ou de poils roides dans quelques abeilles, comme celle dite à manchettes; armé d’épines mobiles dans beaucoup de lépidoptères, dans les hydrophiles, etc.
Le tarse ou le doigt est ordinairement composé de plusieurs articulations ou phalanges qui terminent la patte. Ces articles varient, pour le nombre, depuis un jusqu’à dix ou douze, selon les ordres. Il est à peu près constant dans certains ordres ; quelques aptères en ont seuls plus de cinq. Ce nombre est le plus considérable qui ait été observé dans les autres ordres. Ordinairement les pattes moyennes ont le même nombre d’articles aux tarses que les antérieures ; mais celles qu’on nomme postérieures ont souvent moins d’articles que les autres. On a étudié avec soin, depuis Geoffroy, ce nombre des articles aux tarses; il a même fourni de bons caractères pour établir des sous-ordres parmi les coléoptères. Ainsi, nous avons nommé dimérés, ceux qui n’ont que deux articles aux tarses; trimérés, ceux qui en ont trois; tétramérés, ceux qui en ont quatre; pentamères, ceux qui en ont cinq; enfin, nous désignons sous le nom de coléoptères hétéromérés, les espèces qui n’ont que quatre articles aux pattes de derrière, tandis qu’on leur en compte cinq aux deux autres paires. L’avant-dernier article des tarses, ou le pénultième, présente quelques variétés pour la conformation et les usages auxquels il est destiné dans les insectes. Il en est de même du dernier, qui supporte un, deux, trois ou quatre crochets ou ongles, dont la forme présente également beaucoup de modifications; quelquefois il est tellement réduit qu’il semble manquer tout-à-fait. Dans quelques espèces il n’offre qu’une seule pièce , et les mâles ont souvent les tarses antérieurs disposés
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de manière à pouvoir adhérer sur le corps des femelles, qui sont, à cet égard, autrement conformées : tels sont quelques hydrophiles , quelques dytiques, quelques crabrons, quelques asiles. Chez d’autres, cette dilatation des tarses a des usages différens, comme dans les abeilles. Chez quelquesuns tous les articles des tarses sont velus en-dcssous, comme dans quelques donacies, dans quelques charahsons ; parfois, quelques articles seulement, comme le pénultième ou le dernier, offrent cette conformation, ou une Sorte de pelote, de houppe, de ventouse, de disque ou de demi-disque épaté, comme dans les capricornes, les asiles, les mouches.
Les crochets ou les ongles sont aussi différemment organisés ; car ils forment la^pince, la griffe, la serre, le tirebourre , suivant les mœurs et les habitudes des espèces.
Telles sont à peu près les formes extérieures des insectes. Notre intention ne peut être d’exposer toute la structure de ces animaux, ce qui exigeroit des détails qui ne sont pas de la nature de ce travail. Nous croyons cependant devoir indiquer avec plus de détails les modifications que les fonctions principales paroissent avoir éprouvées, dans les insectes, sous le rapport des mouvemens, des sensations, de la nutrition et de la reproduction.