‹ Considérations générales sur la régence d'AlgerChapitre 10 sur 20 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Principes absolus des partisans de la colonisation.

11 est des gens qui croient avoir tout dit lorsqu’ils se sont écriés : « II faut coloniser Alyer! /.... » Tous ceux qui repoussent la colonisation demandent,

» par cela meme , l’abandon Pourquoi discuter

» sur des systèmes? — Il n’y en a pas d’autre que v celui delà colonisation.... »

La moindre objection est écoutée avec impatience. On ne comprend ni les intérêts, ni l’honneur, ni la gloire delà France, si l’on manifeste le plus léger doute sur le brillant avenir que les partisans ardents de la colonisation réservent au sol africain . Quelque sincères que soient vos

protestations pour la conservation de la conquête, on vous place tout de suite dans le dilemme :

Ou vous êtes pour la conservation , ou vous êtes contre.

Dans le premier cas , vous ne devez mettre aucune limite à la colonisation ; car , sans la colonisation , la Régence serait onéreuse à la France.

Si vous désirez, ajoute-t-on, l’abandon d’Alger, on comprend que vous portiez le découragement dans l’esprit de ceux qui veulent rattacher nos possessions à la France, et créer en agriculture des intérêts nouveaux tellement importants, que la Régence deviendra une province française.

Voilà Sa question sur laquelle nous ne pouvons être d’accord, et que nous n’accepterons jamais, si elle est posée en ces termes.

La plus forte preuve que nous voulons la conservation d’Alger, c’est que nous discutons, avec loyauté et conscience, sur le système le plus utile pour assurer notre possession.

Nous sommes convaincus que c’est précisément la colonisation qui aggraverait notre situation , et rendrait la Régence encore plus onéreuse à la France. Nous pensons enfin que ceux qui veulent concilier la conservation d’Alger avec les véritables intérêts du pays, doivent désirer que

l’occupation ne devienne pas ruineuse pour nous, et que le sol soit cultivé par les indigènes.

Si vous ne laissez pas cultiver le sol aux Arabes, vous verrez, peu à peu, le pays se dépeupler, et les habitants émigrer pour passer à Abd-el-Kuder.

Il entre dans un bon système d’administration de s’entourer de renseignements positifs , de dissiper toutes les illusions , de prévoir et de calculer, autant que possible , tout ce que la possession de la Régence peut entraîner de charges et d’avantages pour le pays.

La colonisation civile ou militaire entraînerait après elle tant de dépenses, qu’elle ne pourrait jamais indemniser la France des sacrifices qu’elle s’imposerait, puisque ces sacrifices n’abouti' raient (ainsi que nous allons bientôt le prouver) (ju’à donner à la métropole les produits qu’elle possède déjà.

A ces objections , on répond en invoquant l’exemple de la colonisation dans les Indes et de la colonisation en Amérique. Nous en dirons deux mots dans les chapitres suivants.

Page 1