I -1 3 " son étude
de faire servir la richesse et l'industrie, bien mieux indique parie nom
appréciées et bien connues dans leurs effets et d'arithméti-
l l que politi-
dans leurs causes, à un juste et utile usage de iue la puissance publique, et le concours de cette puissance à l'action combinée de toutes les causes de l'accroissement de la prospérité d'un pays, fut celui d 'arithmétique politique. Ce nom, parfaitement approprié au véritable but de cette étude , avertissait ceux qui avaient le désir de s'y consacrer, que ce n'était pas à des idées vagues , à des notions abstraites, à des définitions arbitraires , à des principes contestables, que leur intérêt devait s'attacher, mais à des objets matériels, sensibles, accessibles, comparables, appréciables et réels; les chiffres sont des numérateurs de choses effectives et de faits positifs; les
( io8 ) calculs servent à les rapprocher, à les classer, à les coordonner; la synthèse en forme des généralités ; l'analyse, quand il en est besoin, les décompose, et l'observateur ayant toujours sous les yeux des élémens de comparaison qui, par leurs rapports , lui montrent sans cesse le but vers lequel il doit tendre , ne s'écarte jamais des seules voies qui peuvent l'y faire arriver, et ne s'arrête pas avant d'être certain qu'il y est parvenu. C'est ainsi que toutes les sciences se sont formées ; et tels sont les résultats certains d'une bonne direction donnée aux études par une dénomination bien choisie.
Premiers William Petty fut le premier, en Angleterre, travaux. ^^ mjj cette scjence en honneur. Le temps où
i»et^.m il vivait était cependant peu favorable aux connaissances exactes. Toutes les classes de la population étaient agitées par un genre de passion qui préoccupe le jugement des hommes les plus droits et qui fausse toutes les idées en attachant tous les intérêts , toutes les espérances et toutes les craintes à des opinions vaines où, lorsque le temps en a fait justice, on voit avec surprise que la connaissance des choses présensentes a moins contribué à les former, qu'une trop présomptueuse prévoyance de l'avenir; et tel fut en effet, dans ce temps de discordes, le
Recherches mal faites ; dangereuses erreurs qui
( io9 ) caractère des opinions qui égarèrent et divisèrent tous les esprits en Angleterre.
William Petty ne mit pas alors plus de prudence et de soin dans ses recherches scientifiques que dans ses opinions politiques. Il croyait savoir et il publia que l'Angleterre de 1G60, eU{l™l e que l'Angleterre de Charles II , était comparativement le plus riche et le plus puissant État de l'univers; que la France de Louis XIV, aux plus beaux jours de son règne, n'était que de trèspeu plus étendue que l'Angleterre , que les deux populations étaient à peu près égales , et que les supériorités individuelles compensaient surabondamment en Angleterre la faible infériorité du nombre de ses habitans. Il pensait que le commerce anglais avait alors trois fois plus de valeur que celui que Colbert venait de donner à la France; que jamais la France n'atteindrait à aucun degré de puissance sur mer ; et enfin que dans sa population maritime, elle ne comptait que quinze mille matelots, dont dix mille seulement étaient propres au service de mer.
Ces opinions se propagèrent; Willam Petty était un écrivain ingénieux et fort accrédité : mais elles ne servirent qu'à mieux constater peu de temps après le besoin qu'on avait en An-
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gleterre des lumières de la science dont William Pettv recommandait l'étude , et dont il connaissait si mal les principes ; les événemens ne tardèrent pas à démentir ses jugemens, et la situation relative des deux pays se fit bien mieux connaître par l'épreuve qu'ils eurent à faire de leur puissance réelle. Davenant , qui en a écrit avec plus d'exactitude, déclare qu'en flattant ainsi l'orgueil national , les fausses notions que William Petty avait données des forces du pays avaient produit le fâcheux effet de justifier, de populariser le système d'indolence et d'inertie qui prévalut pendant toute la durée du règne de Charles IL Et il va jusqu'à lui imputer d'avoir fourni un motif à la détermination qui détacha le prince des intérêts de la triple alliance et à toutes les fausses mesures qui signalèrent la dernière période de ce règne.
William Petty n'était attaché à aucune administration, et ses recherches se restreignirent dans la sphère bornée des rapports et des facultés d'un homme privé: l'administration anglaise était d'ailleurs alors peu et mal organisée; l'insouciance du pouvoir souverain, l'inaction forcée des pouvoirs collatéraux, les désordres, la pénurie, les expédiens ruineux, pour couvrir les déficits de recette, et les abus de la dépense,