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QUESTION DE LA CONTAGION

La transmission du tétanos par contagion est une des considérations les plus intéressantes.

Il existe de nombreux faits qui démontrent ce caractère.

Le tétanos frappant aussi bien l’homme que les animaux, nous envisagerons la question de cette maladie à quatre points de vue différents : |

1° Transmission de l’homme à l’homme (tétanos inter-humain);

% Transmission de l'animal à l'animal (tétanos interéquin);

3 Transmission de l'animal à l’homme (tétanos équino-hu-

main) ;

En DT =

% Transmission de l’homme à l’animal (tétanos humanoéquin).

Si dans cette classification l'usage a admis le mot équin, c'est que, parmi les animaux, le cheval est surtout celui qui devient tétanique.

L'emploi de ce mot doit donc être considéré à sa juste valeur.

1° TRANSMISSION DE L'HOMME A L'HOMME. — L'existence de cette transmission ne fait aucun doute si l’on observe les épidémies d’hôpitaux, les faits de transmission par lits, par instruments de chirurgie.

Des causes secondaires peuvent faciliter cette transmission, telles sont le refroidissement, la misère, les émotions.

Le tétanos est le résultat d’un agent infectieux; mais, à l'instar de la peumonie, le froid préparerait le terrain au développement et à l'éciosion du bacille.

Le mode de contagion, la transmissibilité d’un individu à un autre se produit d’une façon indirecte, et cela d’après l’étude des faits, il existe, en effet, presque toujours un intermédiaire entre le premier tétanique, et les autres blessés contractant le tétanos.

Ce sont tantôt des objets matériels, tantôt des personnes en contact avec le sujet; nous signalerons notamment les objets de literie, les mains des opérateurs, les instruments de chirurgie.

Un cas de contagion par transmission par les mains d’un Opérateur nous est cité par un médecin bavarois, le docteur Amon, il venait de soigner un ouvrier, qui en fauchant s'était blessé à la main, et qui à la suite avait été atteint de tétanos.

Le lendemain même, Amon dut assister une parturiente et pratiquer chez elle l'extraction artificielle du placenta.

Malgré une désinfection des mains, qu'il dit avoir été minu-

és

Le8 AO EE tieuse, cette femme présenta le neuvième jour de ses couches des symptômes de trismus et succomba cinq jours après.

Dans une observation publiée par Heinricius, nous voyons une sage-femme contaminer une accouchée par le toucher vaginal, après avoir donné des soins à un enfant atteint de trismus, dont elle avait pansé la plaie ombilicale.

Concernant les instruments de chirurgie, agents intermédiaires de contagion, nous voyons Verneuil accuser nettement les instruments de chirurgie des médecins militaires en temps de guerre. |

Combien, ajoute Verneuil, de cas de tétanos observés, relatés en chirurgie militaire, n’ont point eu d’autres causes. N'est il pas admissible qu’à ce moment bien des opérations doivent être faites avec des instruments servant du matin au soir ; la désinfection doit être alors plus ou moins rigoureuse.

La contagion peut s'effectuer à de longs intervalles, ce qui explique pour le virus tétanique une fixité, une longue persistance de ses propriétés infectieuses, une forte résistance aux causes de destruction.

2° TRANSMISSION DE L'ANIMAL A L'ANIMAL. — La transmission de l’animal à l'animal se dégage très nettement des observations publiées par les vétérinaires. Ici encore lacontagion est, dans la plupart des cas, indirecte. C’est encore souvent par les instruments de chirurgie que le mal se propage, ou bien encore par la paille de litière, par le bois souillé des stalles d’écurie.

Nous trouvons dans divers articles de la Gazette hebdomadaire de médecine, publiés en 1887, sous la rubrique : Tétanos équin et humain, diverses observations dont voici une

des principales :

Sen | et 1° L'une est une communication faite par M. le docteur Dantel à Verneuil, ci-dessous relatée.

Dans un petit village du département des Ardennes, pendant l’année 1886, un jeune vétérinaire, M. X..., vint pratiquer la castration de trois chevaux de diverses écuries.

La coutume est de coucher tous les chevaux à opérer sur un {as de fumier.

Au bout de quelques jours, les trois chevaux moururent du tétanos ; on n’avait pas observé de cas de pareille maladie depuis de nombreuses années.

M.X... va, au même moment, faire de nouvelles castrations dans les villages voisins.

Tousles chevaux, au nombre de huit, succombent au tétanos. Un autre vélérinaire vient dans la contrée, opère dans les mêmes villages, aucun de ces chevaux n’est atteint de tétanos.

Auger, en 1882, fait à la Société de chirurgie la relation suivante :

En 1870, étant prosecteur à Clermont, deux chevaux moururent tétaniques ; dans la même écurie étaient une chienne et ses petits. La chienne mourut du tétanos, ainsi que les petits chiens.

Nous relatons le fait qui s’est passé dans la maison. Mon grand-père savait par expérience que le tétanos inter-équin existait. Ayant une propriété dans un village du département de l'Hérault, propriété administrée par un homme d'affaire, il eut un de ses chevaux qui se blessa et mourut du tétanos en peu de jours. Dans cette même écurie moururent deux mois après les deux autres chevaux, succombant à la maladie.

4° TRANSMISSION DE L'ANIMAL A L'HOMME. — Cette étude offre un réel intérêt, car le cheval n’est pas soumis seul aux attemtes du tétanos. Des animaux domestiques comme le bœuf,

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