‹ Considérations générales sur le tétanosChapitre 26 sur 38 · CITE · texte numérisé non relu

CITE

Après anesthésie légère, on fendit crucialement la face palmaire de l'index, au lieu de la blessure; on fit saigner abondamment et on appliqua un pansement humide.

Le soir même, on le transporta d’abord à la salle St-Jean (n° 19), puis, quelques heures après, à la chambre d'isolement de St-Maurice.

Potion avec chloral, 10 grammes; KB, 5 grammes : une faible quantité seulement a pu être absorbée.

A trois heures et demie de l'après-midi, injection dans le tissu cellulaire sous-cutané, de 50 cc. de sérum antitétanique envoyé par l’Institut Pasteur, quelques semaines auparavant.

Le malade est revu quelques heures après ; on ne note aucune amélioration dans les symptômes d’excitabilité réflexe. Une excitation tactile un peu forte détermine une contracture brusque dans le sens de l’opisthotonos.

Il existe du spasme pharyngé qui rend la déglutition presque impossible.

Depuis deux ou trois jours, le malade est enrhumé et tousse fréquemment et expectore avec beaucoup de peine des crachats muqueux.

A l’auscultation des poumons, on n’entend que quelques ràles sous-crépitants, rares et disséminés. Au moment où le malade a été transporté salle Saint-Jean, le pouls était à 150 environ, régulier.

La température était de 40°6, il existait une dyspnée notable ; quelques heures après, la température avait baissé à

Au milieu de la nuit, on pratiqua une injection sous-cutanée de 1 centieramme de morphine.

13. — Lavement avec chloral 5 grammes, rendu presque de suite.

Le matin, à la visite, amélioration lézère.

La deuxième partie de la nuit s’est passée sans crises de

contractures. Les mâchoires s'ouvrent plus facilement de quelques millimètres. La température est cependant de 40°1.

À dix heures, injection sous-cutanée, sous la clavicule droite, de 50 centigrammes de sérum antitétanique (restant de la fiole qui contenait 100 centigrammes de sérum limpide et sans odeur, ambré). Le lieu de la première injection (région sous-claviculaire gauche) est à peu près indolore.

A ce moment, l’excitabilité réflexe est aussi grande qu'avant tout traitement.

La stricture des mâchoires et le spasme du pharynx ont empêché toute alimentation solide ou liquide. Le malade a une soif et une faim très vives.

Pour parer à la nécessité de l’alimentation, on se décide à introduire une sonde uréthrale en caoutchouc rouge d’un calibre moyen, par le nez, jusque dans l'œsophage.

Injection de morphine de 1 centigramme.

Malgré le lavage de la narine avec une solution de cocaïne à 1 pour 100, les essais d'introduction déterminent un état de crises très pénibles. Après plusieurs essais infructueux de cathétérisme, on y renonce provisoirement et l’on essaie de desserrer les mâchoires au moyen d'un écarteur à vis; on obtient un écartement de quelques millimètres, suffisant pour faire passer le bout d’une sonde.

Mais la moindre goutte de liquide injecté détermine un réflexe pharyngien, suivi de crise de contractures avec opisthotonos.

A deux heures, on trouve le malade en opisthotonos ; on tente de nouveau un cathétérisme nasal, cette fois avec une sonde œsophagienne de petit calibre. La tentative est précédée d'inhalation de chloroforme jusqu’à début de résolution.

Cette inhalation fait cesser instantanément les contractures. Après quelques tentatives infructueuses, on parvient à faire pénétrer la sonde très loin dans l’œsophage :

Caféme, 0 gr. 50 en injection ; lavement nutritif additionné de chloral, 5 grammes; laudanum, X gouttes, à six heures.

À ce moment, le malade est calme, respire librement, ne paraît en aucune façon gêné par sa sonde.

À neuf heures, lavement identique au précédent.

Une partie seulement de ces lavements est gardée, partie impossible à apprécier.

On essaie alors d’injecter par la voie de la sonde du café au lait. Malheureusement, bien que la sonde ait été minutieusement essayée, le liquide ne passe pas, et, si l’on force la pression, on provoque des efforts de toux. On suppose que l'œil latéral (le seul) de la sonde a été obstrué ou bute contre une paroi; et qu'il s’est fait une fissure dans le pharynx au niveau de la coudure.

On laissse néanmoins la sonde en place inutilisée.

Le pouls est assez bon; il présente cependant des variations singulières, de 110 à 160 et plus, à courts intervalles. Dans l’après-midi, le malade a été tranquille ; il n’a pas pris une seule contracture, et a dormi d’un sommeil calme avec une respiration fréquente mais régulière.

Le soir, à cinq heures et demie, pouls mauvais, fréquent, très irrégulier, dépressible. Le malade est très omnibulé. Les mâchoires, la nuque, les muscles spinaux, sont toujours contracturés. Les crises n’ont pas reparu.

A neuf heures et à onze heures, nouveaux accès convulsifs. Les injections sous-cutanées ne sont pas senties.

A minuit et demi, le pouls est détraqué, les pupilles très resserrées et insensibles à l'obscurité et à la lumière.

Mort à quatre heures du matin.

L’albumine en quantité abondante à été trouvée dès le début

dans les urines.

pose

Observation VII (P. BERGER)

Note sur un cas de tétanos traumatique chronique à marche progressive, guéri par l'amputation.

M... (Charles), trente-huit ans, cantonnier, est blessé au petit doigt de la main gauche, le 23 juillet, par la chute d’une tige de plomb, plaie contuse au niveau de la face palmaire de l'articulation inter-phalangienne inférieure.

Quinze jours après l'accident, le 6 août, il constate de la raideur des mâchoires, et, trois jours plus tard, le 9 août, il entre à l'hôpital Lariboisière avec un tétanos limité aux muscles masticateurs et aux muscles de la face. L'existence du tétanos chronique ou subaigu d'emblée est manifeste. La limitation des phénomènes, le peu d'extension qu’ils ont pris depuis trois jours, font porter un pronostic assez favorable.

On nettoie la plaie avec soin ; pansement à l’iodoforme, appareil ouaté. On prescrit par jour 12 grammes de chloral, 6 administrés en potion et 6 par voie rectale.

Jusqu'au 16 août, l'état reste à peu près le même.

16 août. — Dans la journée, survient une crise caractérisée par un accès d’étouffement très sérieux qui dure deux heures et paraît dû à un spasme laryngé. En même temps, la contracture s'est emparée de la nuque et des membres inférieurs avec alternatives de raideur et de résolution. Cet état se prolonge de dix heures du matin à cinq heures du soir.

La dose de chloral est portée à 18 grammes, dont 10 administrés en lavement.

Malgré ce traitement, surviennent des crises quotidiennes de plus en plus graves; la dose de chloral est portée, le 19 août, à 20 grammes, le 20, à 22 grammes.

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