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trôle public, est presque toujours une faute, souvent même une calamité.
Les gouvernements de l'Angleterre, des Pays- Bas, ont voulu, comme le gouvernement impérial, ordonner, exécuter des canaux sur les fonds publics , et aucun de ces ouvrages n'a rendu ou ne rendra probablement pas même les frais d'entretien ; le capital est donc perdu , puisque la même somme, employée à d'autres ouvrages moins fastueux et plus utiles, eût payé l'intérêt des fonds, et procuré au pays de grands avantages.
Ainsi les bonnes intentions, les lumières, le génie même du chef d'un gouvernement ou d'un premier ministre, ne garantissent point le pays des fautes et des pertes. Lorsque les décisions sont prises sans consulter le public, l'erreur de la veille ne sert pas de conseil le lendemain ; un ministre n'estime souvent la puissance que par le plaisir de l'action et les chances de renommée. Le faste, les monuments promettent une gloire facile, mais le public qui paie devient victime de toutes les dépenses que sa raison, plus prévoyante que le génie, ne jugeait pas nécessaires et ne demandait pas.
On exposerait sans doute le pays à un inconvénient plus grave en consultant sur les améliorations à faire les classes peu aisées, qui, vivant au jour le jour, sans instruction , sans prévoyance, s'alarment des changements et les repoussent de leurs vœux.
Mais il existe en France une population nombreuse de propriétaires, de négociants éclairés, que
n'influencent pas les habitudes, les préjugés, qui peuvent donner sur ehaque question à résoudre des solutions complètes, et créer, en s'associant, les améliorations qui nous manquent.
Des canaux ont été entrepris en France, les uns par le gouvernement, les autres par des compagnies. Les résultats contraires qui ont été obtenus justifient nos observations, et conduisent au meilleur système; il est temps encore de profiter de cette expérience, puisque la plupart des importantes communications restent à ouvrir.
Une bonne navigation intérieure n'est pas seulement ulile à la prospérité publique , elle est devenue nécessaire à la sécurité, à la stabilité et à la puissance de l'État. En laissant plus long-temps les rivières comme abandonnées, la plupart des 277 arrondissements, sans commerce, sous le poids de charges excessives, ne paieraient les impôts qu'avec des difficultés toujours croissantes; on verrait bientôt la culture de la vigne délaissée, les fabriques se fermer, plusieurs millions d'ouvriers sans travail, la France de plus en plus tributaire du commerce étranger. Une stagnation mortelle frapperait les contrées les plus favorisées par le sol , le climat et d'heureuses institutions.
Le ministère animé des meilleures intentions ne peut manquer de reconnaître qu'il suffira d'une bonne législation des travaux publics pour procurera la Francede nouvelles sources de richesses, et faire fleurir toutes les branches d'agriculture et
des manufactures. Pour hâter 1 exécution des améliorations qui nous manquent, nous essaierons de nouveau de discuter les questions à résoudre, et de combattre lés oppositions, les préjugés et les obstacles à vaincre.
Nous pensons que le gouvernement doit donner à des compagnies exécutantes la concession à perpétuité de tous les canaux achevés ou commencés, et des rivières navigables et flottables; c'est le seul moyen d'obtenir une bonne navigation intérieure, sans laquelle nul grand commerce n'est possible. Si l'État continue de conserver la propriété de quelques canaux, du canal de Neuf- Fossés, par exemple, et d'en laisser l'entretien à l'administration de la guerre, qui depuis trente ans n'a pas fait d'améliorations et de réparations; tous les canaux du Nord qui viennent aboutir des places de la Flandre et de l'Artois à ce passage forcé, ne rempliront point le but qu'on s'était proposé; le pays ne retirera pas les avantages qu'il avait droit d'attendre des travaux entrepris sur la ligne de Dunkcrque à Paris. Les commerçants et les contrées qui ont payé les dépenses n'ayant aucune action à exercer contre l'administration de la guerre, continueront à éprouver des retards et des pertes incalculables,
Le gouvernement occasionc au pays un plus grand préjudice en se réservant de même la navigation delà haute Seine et. de l'Yonne, ou viennent déboucher les canaux de Bourgogne^ duNivernois,
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du Centre , de Briare , d'Orléans et de la Loire , et la navigation de la Saône, la plus belle rivière de France, où se réunissent les canaux de Monsieur, de Bourgogne et du Charolais. L'état d'imperfection de ces rivières repousse le commerce des canaux intermédiaires, fait perdre à la France l'intérêt et le capital des sommes empruntées et dépensées en canaux. Le voiturage des marchandises ne peut se faire que par terre et à grands frais ; les grandes routes sont dégradées, et la cherté des transports met obstacle à la prospérité du commerce.
Le perfectionnement des rivières est donc indispensable et urgent; maintenant cette nécessité est si bien reconnue que les conseils généraux sont unanimes sur ce point dans leurs votes. Mais dans le choix des moyens, il est probable que des avis contraires seront proposés, fortement appuyés, et suspendront les décisions du ministère. Les personnes les plus influentes demanderont que l'Etat prenne les ouvrages à sa charge; d'autres, en pi us grand nombre, prétendront que les ouvrages sur les rivières inonderont le pays , nuiront aux riverains, imposeront au commerce de nouvelles charges.
Nous répondrons aux uns et aux autres par des faits.
Lorsqu'un gouvernement veut exécuter luimême, ne connaissant que rarement les besoins des campagnes, il se laisse souvent séduire par les souvenirs des grands règnes, les doctrines des