‹ Considérations gérales sur la législation des travaux publics /Chapitre 25 sur 67 · CXV1J · texte numérisé non relu

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anciennes académies , et les prédilections du peuple des capitales ; il ordonne de préférence , comme en Angleterre , en Belgique a et même en France, des ouvrages fastueux, très difficiles et, par cela même, improductifs, comme les canaux Calédonien, du Rhin à la Meuse, du Nivernois, et les canaux latéraux à la Meuse à la Loire. Maintenant les hommes expérimentés reconnaissent que ces canaux ne rendront pas les frais d'entretien, et qu'on ne devait pas les ouvrir.

L'intérêt public commande également de n'entreprendre que des ouvrages nécessaires, et de les exécuter au plus bas prix possible. Une compagnie responsable peut seule résoudre ce grand problème. Si elle se trompait, elle paierait seule ses erreurs; le public n'est jamais appelé à partager que ses succès.

La canalisation d'une rivière nous paraît en général préférable à un canal latéral ou artificiel ; la dépense des travaux de perfectionnement et les droits de navigation sont plus faibles; on n'ôte pas aux riverains l'usage d'un droit établi; on rend la communication plus facile pour tous, on augmente la valeur de toutes les propriétés; personne ne perd par une amélioration utile à tous.

Lorsqu'on ouvre un canal parallèle à une rivière navigable, on est forcé, par respect pour des droits acquis, de conserver la navigation naturelle plus mauvaise mais peu imposée. Les bateliers, cédant à Piqfluence de l'habitude, et préférant la

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gène et le danger à une dépense en droits de passe, aiment à suivre l'ancienne ligne ; ils comptent, comme tous les hommes, sur leur habileté et leur bonheur, et s'exposent sans peine à des périls qu'ils ont heureusement bravés la veille. La leçon du malheur ne suffit pas pour les déterminer à suivre une voie nouvelle, plus prompte, plus sure, en définitive moins chère pour le commerce. Ainsi les marins d'Angleterre et de Hollande continuent à affronter les chances de la mer, et préfèrent la navigation maritime au trajet plus court des canaux du Rhin à la Meuse et à l'Escaut, et du canal Calédonien. Ce dernier canal n'est utile qu'aux bâtiments à vapeur, inconnus lorsque le projet en fut adopté. En France, les bateliers probablement suivront aussi la Loire, surtout en descendant, de préférence au canal latéral.

Ainsi les canaux artificiels ouverts pour remplacer une navigation naturelle coûtent beaucoup plus que le perfectionnement des rivières, servent peu , ne rendent pas les intérêts des capitaux, et ne peuvent être entrepris que par les gouvernements, qui, ne retirant, pas de revenus des fonds publics dépensés, considèrent avec raison cet emploi comme plus avantageux que tous les autres.

Une compagnie exécutante , étudie, consulte, et ne sacrifie ni au luxe, ni aux prédilections dans le choix des lias aux cl des hommes; elle exige l'utilité dans les projets, l'économie dans lVxécu-

lion , le zèle, le talent et l'expérience dans la direction; elle ne se confie qu'aux plus habiles. Les travaux Sont plus rapidement exécutés et toujours bien entretenus. Les erreurs sont plus rares, plus tôt réparées, et ne sont jamais supportées par le public.

Les compagnies doivent être autorisées à faire rédiger les projets par des ingénieurs de leur choix, et à les exécuter tels qu'elles les présentent. Si l'administration veut changer les projets, imposer des directeurs, même des surveillants, elle repousse les associations recommandables; elle prend sur elle la responsabilité des travaux; elle s'expose sans avantages à des grandes chances de pertes. Plusieurs événements ont confirmé ces conjectures que nous avions depuis long -temps présentées. L'administration n'impose pas à chaque malade, à chaque plaideur, un médecin ou un avocat; elle laisse à chacun pleine liberté, mais elle exige, et avec raison, que l'on ne choisisse que parmi les personnes reçues. L'art de l'ingénieur n'a-t-il pas aussi ses conjectures, ses difficultés, n'exige-t-il pas la même confiance? Il faut laisser aux inventeurs la possibilité d'exécuter, de se tromper, lorsque les tentatives ne coûtent rien à l'Etat; cent découvertes doivent être essayées avant d'en trouver une profitable. Lorsque le trésor paie, toute novation esl repoussée et devient comme impossible, pareeque les tentatives sont souvent rui-

neuses ; on reste ainsi fort en arrière des autres nations, et de plus en plus leur tributaire.

Pour obtenir une bonne navigation intérieure, sans laquelle nulle prospérité n'est possible, plusieurs conditions semblent nécessaires : il faut laisser aux ingénieurs la faculté d'exécuter leurs projets tels qu'ils les proposent, lorsqu'une compagnie offre d'en payer les dépenses ; il faut autoriser les compagnies à désigner les ingénieurs , et accorder à perpétuité la concession des canaux et des rivières à canaliser.

Mais le perfectionnement des rivières, sans lequel nulle bonne navigation n'est complète, semble encore un problème très difficile à résoudre , qui partage les hommes de l'art les plus exercés et effraie les propriétaires riverains, le commerce et les compagnies. La certitude qu'on peut le résoudre partout, et l'espoir de convaincre le publieront les principaux motifs qui nous ont déterminé à entreprendre l'ouvrage que nous publions.

Plusieurs ingénieurs ont proposé de resserrer le lit des rivières navigables pour augmenter pendant les sécheresses le tirant d'eau.

D'autres jugent nécessaire d'en creuser le lit, de draguer les bancs de sable, de couper les seuils, pour rendre la profondeur égale.

Mais ces travaux ne donnent pas dans les temps de crue une bonne navigation ; le fleuve plus resserré augmente de vitesse ; la remonte devient impossible. Une profondeur uniforme qu'on obtient

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