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blables exécutés aux Étals-Unis, ou par nous dans le département du Nord.
Le barrage d'un fleuve construit avec les précautions et l'art nécessaires n'est ni plus exposé, ni plus difficile h entretenir que les barrages établis pour créer la chute d'une usine ; la dépense n'est plus élevée qu'en raison d'une longueur et d'une profondeur plus grandes, et des batardeaux à construire.
On remarque dans le projet du barrage une disposition nouvelle que nous jugeons indispensable. Le barrage très alongé à l'aval se relève à son extrémité , dans le but de donner à l'eau une direction ascendante, de lui ôter son action et de prévenir tout affouillement. Par une précaution analogue, nous avons arrêté lesaffouillements qui auraient emporté une écluse, et la fosse déjà creusée s'est bientôt remplie par lesatterrissements naturels.
Le barrage projeté remplit trois destinations : il fait perdre la chute de la rivière sur une place préparée et défendue contre l'action des courants ; il donne par le pont une communication utile au pays ; il sert à créer une grande puissance plus avantageuse encore sur une rivière navigable, où les transports faciles de matières premières et des produits assurent le succès des manufactures.
Le canal de dérivation commence à l'amont du
barrage , et finit à l'aval , à des points où la vitesse de la rivière n'est pas sensiblement altérée par le barrage; ainsi les bateaux pourront entrer dans le canal et en sortir sans difficulté, quelque soit le niveau de l'eau. Les digues et les bajoyers des écluses étant plus élevés que les plus hautes eaux, le canal sera une gare où les bateaux station neront pendant les glaces et les crues extraordinaires.
On remarque à l'aval de chaque barrage des bassins larges et profonds creusés par la violence des courants, et plus loin des bancs de gravier et de sable déposés aux points où la vitesse diminue. Ces écueils rendent le passage des écluses en rivière et des anciens ponts très dangereux ; non seulement le courant est excessif, mais il change brusquement de direction et jette souvent les bateaux sur les atterrissements. On est forcé de suspendre la navigation , soit dans les crues , soit dans les basses eaux, et le fret est augmenté par les retards et les assurances contre les dangers. Ces inconvénients, inhérents aux projets d'écluses en, rivière, sont prévenus par le nouveau projet.
A chaque barrage on aura trois produits : i° les droits de navigation ; 2° les droits de passage sur les ponts ; 3° la location des usines. Ces revenus suffiront pour acquitter les frais de réparation des ouvrages et les intérêts des capitaux ; et on peut, compter en outre que les bénéfices croîtront
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à mesure que les autres branches des canaux et les rivières seront perfectionnées.
Dans le règlement des tarifs , on fixera des droits tels que le fret de la navigation descendante n'augmentera pas, et que celui de la navigation ascendante diminuera beaucoup.
Le projet de barrage proposé pouvant s'appliquer à toutes les rivières, il assurera surtout des produits proportionnés aux dépenses. Des associations offriront de se rendre concessionnaires à leurs frais et périls des travaux qui manquent; ces ouvrages rendront productifs les canaux payés par l'État, qui retirera alors l'intérêt des i5o millions consacrés aux ouvrages entrepris.
Le gouvernement parviendra dans peu à ces résultats en adoptant les principes de législation de Henri IV et de Louis XIV, principes long-temps abandonnés pendant que l'Angleterre savait les adopter et fonder par eux sa grandeur.
Le gouvernement n'a plus besoin d'une plus longue épreuve pour s'assurer des dangers de son intervention dans les entreprises. Des emprunts à un taux élevé, des augmentations dans la dépense, des réductions dans les receltes présumées, des primes à payer par les retards ne sont encore que les plus faibles inconvénients delà marche adoptée. Le système actuel repousse les compagnies, empêche d'exécuter des travaux indispensables, d'occuper les ouvriers sans travail ; il occasione au pays
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les plus graves préjudices; car le repos forcé d'un million d'ouvriers est une perte par an de 5oo millions, et une cause de mécontentement et de malheurs publics.
Les compagnies exécutantes sont maintenant repoussées par des obstacles insurmontables x les oppositions de l'administration de la guerre, les contestations sur les projets, les retards par les discussions , des modifications dangereuses; enfin la certitude que les nouveaux ouvrages resteraient improductifs, parceque l'État conserve des canaux et des rivières qu'il ne peut améliorer.
Lorsque les compagnies sauront qu'on peut, sans de grandes dépenses, rendre la navigation des rivières aussi prompte que celle des canaux; que l'Etat est décidé à céder aux associations les canaux entrepris et les rivières à perfectionner; qu'il veut encourager comme autrefois les concessionnaires par des titres honorifiques, tous les travaux utiles seront soumissionnés, et en peu d'années partout entrepris. Les classes ouvrières, enrichies par le travail, feront prospérer l'agriculture et les manufactures maintenant en souffrance; la navigation, étant plus rapide et meilleure, les frais de transport et de fabrication seront réduits , notre commerce prendra au dehors une extension maintenant impossible.
Nous ne cesserons de le répéter, les seules dispositions à prendre pour obtenir une bonne navi-
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galion intérieure et assurer une prospérité durable, peuvent se réduire aux. suivantes :
Le gouvernement concédera à perpétuité à des compagnies exécutantes les canaux achevés ou commencés et les rivières navigables et flottables, à la condition d'exécuter dans un délai déterminé les travaux d'amélioration jugés nécessaires.
Ces compagnies adjudicataires devront terminer les ouvrages dans un délai de cinq ans , et les entretenir constamment en bon état, de manière à assurer un trajet au moins de seize lieues par jour en descendant, et de treize lieues en remontant, en retranchant un sixième de lieue par écluse à traverser.
En cas de retard et de chômage prolongé au-delà d'un terme fixé par an et par canal , chaque compagnie sera responsable des pertes causées aux négociants et aux bateliers.
Lorsqu'une association de propriétaires et de capitalistes aura terminé à l'époque fixée les ouvrages, et fait constater que les conditions du marché ont été remplies , les six principaux associés dénommés par le contrat recevront les distinctions honorifiques accordées par Henri IV , Louis XIII et Louis XIV aux concessionnaires des canaux de Briare, du Languedoc et des canaux de dessèchement.
Les obligations imposées à chaque compagnie de canaux donneraient au public et aux autres associations l'assurance que la navigation ne serait