‹ Considérations gérales sur la législation des travaux publics /Chapitre 30 sur 67 · CXXX11J · texte numérisé non relu

CXXX11J

le tiers du prix du fret ; les deux autres tiers servent à payer les droits des ranaux ou des rivières canalisées. En France, le salaire du batelier s'élève à dix et vingt fois les péages, parceque la navigation, interrompue plusieurs mois chaque année, est toujours difficile; il faut indemniser le batelier des retards et des frais. On évalue en France la perte des transports par eau aux sept dixième de la dépense, et à plus de 200 millions, sans compter le préjudice causé par les transports sur des routes parallèles aux rivières navigables.

Les améliorations de l'Angleterre n'ont été obtenues que depuis soixante- quinze ans, et par la seule influence de la législation, qui met au compte des voituriers les dégradations et les frais d'entretien des routes, et donne à des associations les canaux et les rivières. La rapidité et l'économie sur les transports ont augmenté la prospérité du commerce et la puissance de ce pays.

Lorsque le gouvernement français adoptera une législation analogue, des associations se formeront, et prendront de même à leurs frais et périls l'amélioration des rivières, l'achèvement des canaux. Les premières compagnies, les plus entreprenantes et les plus habiles, retireront d'immenses bénéfices, et soulèveront l'envie; mais un tel succès, qui ne s'obtient que par des avantages publics, encouragera les capitalistes les plus timides à se réunir en association, et déterminera l'exécution de tous les travaux utiles. La confiance en Angleterre n'a été

Page 1