‹ Considérations gérales sur la législation des travaux publics /Chapitre 41 sur 67 · CONSIDÉRÉ RELATIVEMENT AUX ASSOCIATIONS ET AUX COMPAGNIES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRÉ RELATIVEMENT AUX ASSOCIATIONS ET AUX COMPAGNIES

Les ingénieurs des divers grades sont chargés de rédiger ou de modifier les projets , de diriger ou d'inspecter les ouvrages, et de donner leur avis sur les affaires de grande voirie et de cours d'eau; ils ne font que proposer, surveiller, contrôler; ils n'ont pas d'autorité directe, de décisions à prendre, de fonds à dépenser, de nominations à faire, de récompenses à donner à leurs propres agents. Tout pouvoir appartient au directeur général des ponts et chaussées, ou à son délégué, le préfet.

Les occupations des ingénieurs sont à ce point variées et difficiles, que la'plus longue vie suffi l [à peine pour acquérir les connaissances et l'expérience nécessaires aux applications des diverses branches de la science.

Dans aucune carrière publique on n'exige d'un seul homme des travaux plus pénibles et plus continus; ce qui faisait dire au plus célèbre professeur de l'École polytechnique : « Les officiers de » génie et d'artillerie font quelques campagnes qui • leur sont comptées, les ingénieurs des ponts et

ce

» chaussées sacrifient le jour , la nuit , leur vie » entière à leur service sans chance de gloire. »*

L'administration des ponts et chaussées, comparée à celles de la marine, de la guerre, des finances , est de toutes la mieux réglée ; les fonctionnaires y sont moins payés et exécutent les constructions analogues aux moindres frais. Mais comme aucune n'est encore conforme au gouvernement représentatif, et doit y être coordonnée, le public s'occupe d'abord du service qui touche à ses intérêts les plus matériels et les plus visibles , et demande avec instance des routes et des canaux aussi nombreux et aussi utiles que ceux de nos voisins.

En Angleterre les communications ouvertes dans toutes les directions , entretenues avec vigilance, avec luxe même, font prospérer le commerce, garantissent des fatigues et des dangers, etdonnentaux voyages l'attrait du plaisir. Tels sont les résultats uniquement dus à l'intervention du public.

En présence de ces termes de comparaison qu'on opposera toujours à l'administration française , se borner à terminer les routes et les canaux , à les bien réparer dans le système actuel, serait une tache incomplète et pour ainsi dire inutile. Les mêmes plaintes se renouvellent avec amertume , avec justice même; et tout le zèle et les talents des ingénieurs , sous l'empire des obstacles actuels , ne sauraient satisfaire l'exigence motivée du public.

CCJ

Nous avons déjà montré que dans le cas même où le gouvernement ouvrirait un emprunt de 200 millions pour achever ou réparer les routes et les canaux commencés, la France n'aurait pas encore une bonne navigation, un système complet de communications, puisque le mauvais état des rivières, dont on ne s'est pas encore occupé, rend les canaux comme inutiles , et les dépenses faites comme perdues.

Les décisions à prendre doivent donc embrasser l'ensemble des améliorations, et il faut coordonner par un même système l'achèvement des routes et des canaux. Ces questions, plusieurs fois présentées et discutées dans cet écrit, doivent être examinées maintenant relativement à l'administration des ponts et chaussées.

Les ingénieurs sont chargés de la réparation des grandes routes; mais on ne leur donne ni les fonds nécessaires, ni des agents de leur confiance, ni le choix des méthodes; ainsi on ne peut sans injustice leur attribuer le mauvais état de quelques chaussées.

Les ingénieurs français , plus nombreux que ceux du reste de l'Europe, soumis à des épreuves plus fortes, à des examens plus sévères, connaissent tout ce qui a été écrit et fait au dedans ou au dehors du royaume; ainsi, sous le point de vue de l'art, la France peut disposer de plus grandes ressources que les autres Etats.

Mais on veut en France qu'un ingénieur soit à

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