CONCLUSIONS GENERALES
Nous avons fait remarquer combien il est difficile, pour ne pas dire impossible, de dire quelle est la part de l'impôt que chacun doit payer pour la justice. La seconde partie, de ce travail fait voir combien la difficulté
(*) Soit un fonds de terre dont la valeur en argent sera À à l'origine du temps; supposons que cette valeur A ne varie pas avec le temps et qu'elle produise annuellement un revenu a constant et évalué également en argent. Représentons par p la probabilité qu'aurait eue le capital A (s'il eût élé en argent) d'être conservé (sans être volé) pendant un an, et p' la même probabilité, ce capital étant un fonds de terre.
A = , p=cp A=-
Ainsi, rk étant l'intérêt, pendant un an, de la somme d'argent A, le fonds de terre A produira un revenu a < r A si p' > p.
Si l'on suppose actuellement que la valeur en argent du fonds de terre augmente avec le temps (soit parce que la terre vaut mieux ou parce que l'argent a diminué de valeur), de telle sorte que A devienne A(i-M) au bout d'un an, A(i-M) 3 au bout de deux ans, etc., etc.;
On aura
I [6> ) s'augmente encore par suite de la diffusion de l'impôt et par suite des "effets indirects qu'il présente alors même qu'on en empêcherait la diffusion.
Si le philosophe doit hésiter a se prononcer sur ce qu'il y aurait à faire pour établir la justice, l'homme d'État devra se montrer assurément encore plus réservé. Que de belles théories incontestables sont difficiles à appliquer ! Comment, par exemple, pourra-t-on jamais connaître les biens que possède chacun ? Nous ne désespérons pas de Pavenir ; nous ne prétendons pas dire que toute réformé est impossible, que l'impôt ne sera jamais mieux établi. Loin de nous cette pensée. Nos fils, espérons-le, sauront un jour perfectionner notre œuvre comme nous avons perfectionné celle de nos pères ; le temps seul peut permettre aux hommes intelligents de réfléchir et de trouver. Puissent les citoyens possédés de l'amour de T humanité chercher à approfondir une étude que nous n'avons fait qu'ébaucher! Nous serions heureux d'être parvenu à attirer l'attention d'hommes éminents sur une question d'un aussi grand intérêt.
Puisse un jour quelque citoyen bien inspiré réaliser les conceptions philosophiques de ses prédécesseurs !
Mais quel que soit le génie des hommes appelés à remplir cette grande tâche, quelles que soient les améliorations qu r apporteront nos fils a nos institutions, leur œuvre ne sera jamais à l'abri de toute critique; elle ne sera pas parfaite parce qu'elle sera l'œuvre des hommes. L'esprit humain marche vers la perfection comme une courbe vers son asymptote : il en approche de plus en plus, mais ne pourra jamais y atteindre.