‹ Considérations médico-légales sur la délinquance des bradyphréniques post-encéphalitiquesChapitre 20 sur 28 · LENS ANSE · texte numérisé non relu

LENS ANSE

Il est à noter que toutes ces condamnations sont postérieures à 1925, c’est-à-dire consécutives à l’effroyable infirmité nerveuse dont il est atteint.

Examen de l’inculpé. — F.., que j'ai examiné à la Santé, est atteint d’une terrible maladie du système nerveux : syndrome parkinsonien post-encéphalitique.

Son aspect est absolument caractéristique et ne peut en aucune façon être simulé.

Il se présente avec un état de rigidité musculaire prononcé et un tremblement très intense.

Il se tient soudé. Le visage est figé, il y a une extrême rareté du clignement normal des paupières. La physionomie reste inexpressive. Les membres supérieurs sont en flexion, les avant-bras pliés sur les bras. Les doigts sont en demi-flexion, suivant l'attitude caractéristique de l’émiettement du pain.

Les membres inférieurs sont en extension.

La rigidité musculaire est très marquée et l’on note le phénomène dit de la roue dentée. La rigidité s’atténue et cesse après plusieurs mouvements passifs imprimés aux membres.

La rigidité prédomine dans le côté droit du corps.

Il y a un tremblement rapide, brusque, d’assez grande amplitude de tout le corps, mais il prédomine aux membres supérieurs et du côté gauche.

Ce tremblement apporte une gêne considérable à tous les mouvements et empêche tout travail normal. Il s’atténue un peu pendant l’exécution des mouvements volontaires.

La face est rigide, figée, sans battement des paupières.

Pendant la marche, on note la perte complète des mouvements automatiques des membres supérieurs.

On constate aisément les phénomènes dits de retro-latero et autopulsion, le malade perdant son équilibre quand on

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le pousse très légèrement en arrière, de côté ou en avant.

Les yeux présentent de la paralysie de la convergence et la parésie de l’accommodation.

Les troubles de la parole sont caractéristiques, palilalie avec tachyphémie paroxystique.

Tous ces troubles sont révélateurs d’un syndrome parkinsonien post-encéphalitique.

L’encéphalite aurait existé en 1917, c’est-à-dire pendant la grande épidémie de cette maladie.

Elle aurait été caractérisée par des accès de somnolence survenant n'importe où, au travail, dans le métro, dans les cabinets d’aisances. Il y aurait eu également du nystagmus et de la diplopie.

Néanmoins, malgré ces symptômes, le diagnostic d’encéphalite n’a pas été porté de suite et le malade lui-même invoque un coup qu'il aurait reçu sur la tempe et qui est certainement incapable à lui seul de produire un tel syndrome.

Ce n’est qu’ultérieurement que le diagnostic a été fait, semble-t-il. En tout cas les graves désordres neurologiques ne se sont installés que lentement, progressivement, de telle sorte que l’infirmité actuelle n’existe que depuis 1925. Entre 1918 et 1925, le malade a encore pu travailler, mais depuis 1925 tout travail est devenu impossible.

Il a été soigné deux mois à l'hôpital Boucicaut et il a reçu également des soins à la Salpêtrière et à l’asile Sainte- Anne où on lui aurait fait des injections intra-veineuses de salicylate de soude.

Ce syndrome parkinsonien post-encéphalitique s’accompagne habituellement de troubles psychiques importants, portant moins sur l'intelligence que sur le caractère, la moralité, la conduite, l’impulsivité.

Or, ce qui permet de distinguer les vols commis sous

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