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Parfois, il part avec de l’argent sur lui, d’autres fois sans argent. Et cela l’a fait condamner deux fois pour filouterie d’aliments,
Histoire du malade. — Né à terme. Le dernier de neuf enfants. Scarlatine. Abcès froid à six ans. Guérison à Berck. Service militaire dans artillerie lourde. Il se portait bien lorsque, en décembre 1922, il fait, à la voltige, une chute sur les talons. Quelques jours après il ressent des douleurs très vives dans la nuque et tout le côté gauche. Il est hos-” pitalisé à l’infirmerie. On l’envoie en permission à Paris. Là, il se fait porter malade et entre à l’hôpital militaire de Clamart. À ce moment, apparition de myoclonies. A l'hôpital on ne lui fait aucun traitement. Peu à peu, les douleurs et la raideur s’atténuent, les myoclonies disparaissent. Le malade sort de l'hôpital en février, conservant une douleur au niveau de l’aine. Il rejoint son corps et termine son service militaire.
Pendant cette période de deux mois il n’a pas présenté de fièvre, pas de troubles visuels, mais en plus des douleurs, de la contracture des membres, de la raideur de la nuque, de l’insomnie, de l’inappétence et un amaigrissement considérable.
Après sa libération, il travaille régulièrement jusqu’en novembre 1925. Pendant cette période, il se porte bien. En novembre 1925, de nouveau il est atteint de roideur de la nuque et du bras gauche. Il se fatigue vite. Il ne peut plus assurer son service. Il présente des myoclonies dans le bras. Il s'inquiète et commence à se sentir en proie à l’obsession de partir. (A cause de la gêne de son bras, ditil). Sa première fugue date de 1925. En mai 1927 il va à la Pitié où l’on fait le diagnostic d’encéphalite épidémique. On lui fait un traitement au datura. Il sort du service un peu amélioré. Puis il se livre à une nouvelle fugue au cours
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de laquelle il est hospitalisé à Avignon. Il est hospitalisé ensuite à Mâcon, puis à nouveau à la Pitié en mars 1928. En mai, découragé, il fait une tentative de suicide au datura qu’il avait pu accumuler. Il est transféré à l’hôpital Henri- Rousselle où il reste cinq mois, traité au salicylate intrarachidien.
Il en sort en septembre 1928, se sentant amélioré. Il travaille régulièrement comme comptable jusqu’au 8 janvier, date de la dernière fugue. Il est à noter qu’en mai 1928 il avait fait une autre tentative de suicide en se jetant dans le lac du Parc Montsouris.
Antécédents familiaux. — Père mort à 65 ans. Sa mère, âgée de 62 ans, serait une « nerveuse ». Elle aurait été soignée en 1902 par douches.
Sur ses huit frères et sœurs, deux sont morts en bas âge,. un autre est mort à 11 ans de tuberculose. Cinq sont vivants et bien portants.
Cette observation montre bien les caractères de la fugue bradyphrénique post-encéphalitique. Dans ce cas particulier, le malade ne pouvait s'empêcher d’obéir à une impulsion qui, soudain devenait son maître. La déficience de sa volonté l’empêchait de lutter, et la conscience de son état le poussa même à deux reprises à des tentatives de suicide. Au cours de ces fugues, notamment au cours de la dernière: qui, comme on le sait, fut compliquée d’un abus de confiance, il ne dépensait que ce qu'il lui fallait strictement pour sa nourriture et ses transports. Cela marque bien la. stupidité du vol important qu'il avait commis et son caractère nettement pathologique.
Comme on a pu le voir dans cette observation, P... a fait deux tentatives de suicide. Le suicide est quelquefois. une réaction médico-légale de l’encéphalitique chronique. On sait que les troubles mentaux observés à ce stade de: