‹ Considérations médico-légales sur la délinquance des bradyphréniques post-encéphalitiquesChapitre 24 sur 28 · PRES · texte numérisé non relu

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le viol : onanisme, exhibitionisme, actes homo-sexuels, petits attentats à la pudeur, sont le plus fréquemment rencontrés.

Observation (due à M. Truelle. Résumé du rapport d’expertise). — T..., 33 ans. — Inculpé d’outrage public à la pudeur. Arrêté sur la plainte de M*° D... qui déclare que, pendant plusieurs jours consécutifs, il s’était exhibé le soir, en se masturbant devant sa fillette, âgée de 14 ans. L’inculpé déclare qu’il n’a pu s’exhiber aux jours et heures indiqués par la plaignante, étant donné qu'il se trouvait chez lui. Il reconnaît s'être reboutonné le jour de son arrestation devant les fillettes qui l’accusaient, mais nie formellement s'être masturbé ; qu’au surplus il est malade, ayant eu une encéphalite léthargique.

Un certificat du docteur Sicard atteste, en effet, que T... a été atteint d’encéphalite épidémique en 1920, ayant abouti à un état parkinsonien, d’où une gêne et une lenteur des mouvements pouvant laisser supposer, quand il s’agit d’uriner ou de rétablir la braguette du pantalon, une intention immorale. M. Sicard ajoute que « T... suivait un traitement par injections sous-cutanées et c’est immédiatement après avoir reçu une de ces injections qu’il a été arrêté. La médication a pu également, en engourdissant pour un temps les facultés intellectuelles, avoir un certain retentissement sur la lenteur des mouvements du malade ». L’examen révèle, en effet, l’existence d’un syndrome, parkinsonien typique très prononcé. Les mouvements sont malhabiles et lents ; on s’en assure en particulier en faisant déboutonner et reboutonner les bretelles du pantalon. Par ailleurs, le syndrome est trop complet pour être le produit d’une supercherie ou même d’une exagération quelconque.

Mais, en dehors d'une certaine bradypsychie, susceptible

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de ralentir les manifestations de l’activité volontaire, le malade ne présente aucun trouble intellectuel. Avant son encéphalite, T... jouissait d’une bonne santé physique et morale, et en particulier, n’avait jamais présenté aucune anomalie dans ses tendances psycho-sexuelles (fait confirmé par son frère). Il explique que le soir de son arrestation, sortant du dispensaire où on venait de lui faire son injection de scopolamine, pris du besoin d’uriner, il s’était installé contre une palissade. Au moment où il se reboutonnait, il entendit crier : « C’est lui, c’est lui ! » ; il se retourna, le pantalon non encore fermé, et c’est ainsi qu’il fut arrêté. Il précise, qu'après chaque injection de scopolamine, il est comme ivre pendant quelques minutes et ne peut « diriger ses mouvements », mais ses idées ne sont nullement troublées et il conserve toute sa lucidité d’esprit ; « sa tête est libre ».

M. Truelle conclut : « T... est atteint d’une maladie nerveuse (encéphalite épidémique) qui ralentit et rend maladroits ses mouvements volontaires, mais qui ne s’accompagne pas de troubles psychiques, de nature à affaiblir son intelligence, ni à diminuer sa lucidité d’esprit. Il n’est pas atteint d’aliénation mentale. Les faits qui lui sont reprochés — et qu’il nie — n’ont pas été accomplis en état de démence au sens du Code pénal.

L'inculpé doit rendre compte des dits faits à la justice.

Nous arrivons maintenant à une autre réaction de l’encéphalitique chronique : le meurtre. Là encore, comme pour les autres réactions antisociales, on retrouve les mêmes éléments de genèse : impulsion, déficience de la volonté,

irritabilité.

Observation (due à M. Roubinovitch. Résumé du rapport d’expertise). — D... Étienne, 27 ans. — Traduit en Cour

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d’Assises pour meurtre. Veilleur de nuit au Jardin d’Acclimatation, il était chargé d'ouvrir et de refermer un portillon. Dans la nuit du 18 mai 1927, à deux heures et demie du matin, il fut éveillé en sursaut par un chien qui aboyait contre un groupe de gens qui, sortant d’un restaurant du jardin et trouvant la grille fermée, l’avaient secouée. Le gardien D..., saisissant brusquement son revolver, tira dans la direction du groupe de personnages et tua M°° L... qui venait de se marier le jour même. Arrêté et interrogé, il répondit qu’il avait tiré « sans réflexion aucune ».

Père éthylique chronique. Mère décédée à 46 ans, après dix ans d’hospitalisation pour « anémie cérébrale ». Bonne santé physique et morale jusqu’à 21 ans (1922). À cette époque, il fut atteint d’une affection étiquetée « angine ». Mais deux ans après, cette affection fut suivie d’un tremblement du côté gauche, avec parésie du membre inférieur de ce côté. En 1925, il fut obligé d'abandonner son métier de cultivateur, car il ne pouvait plus tenir les instruments aratoires. Des troubles oculaires apparurent : strabisme convulsif. Il présentait donc un syndrome parkinsonien post-encéphalitique bien caractérisé. Il obtint alors à Paris un poste provisoire de gardien de la paix qu’il ne put conserver que trois mois, car, en mai 1925, au stade de Gentilly, il tomba au cours d’un étourdissement. Il fut réformé en juillet 1925. De retour à la culture il ne put continuer, revint à Paris, fut traité un mois à l'hôpital Bichat, sans amélioration. En mai 1926, il fut enfin embauché comme gardien de nuit au Jardin d’Acclimatation. À l’examen (mai 1927) : Hémisyndrome parkinsonien gauche très accusé avec hypertonie musculaire et tremblement exagéré par l’interrogatoire et lémotion. Tachycardie à 123. Troubles vaso-moteurs.

Intelligence, lucidité d'esprit et jugement normaux. Mais hyper-émotivité extrême. Depuis l’apparition de son Syn +

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