‹ Considérations nouvelles sur l'anesthésie obstétricale. Premiere partieChapitre 8 sur 12 · U2 CONSIDÉRATIONS NOUVELLES · texte numérisé non relu

U2 CONSIDÉRATIONS NOUVELLES

elles onl réellement existé à cet égard — ont tenu probablement à ce que tous mes faits n'ont pas été recueillis aux mêmes dates de l'histoire progressive de l'anesthésic obstétricale, ni avec le même degré d'habitude acquise dans la tactique des inhalations, ni avec la même instruction dans le maniement des faits idiosyncrasiques, ni peut-être avec la môme disposition d'esprit de la part de l'observateur.

Sur les 947 faits d'anesthésie qui me sont passés sous les yeux et par les mains, les uns n'ont pas été notés au moment même du travail et ne peuvenl guère être comptés que comme des négations répétées d'accidents immédiats quelconques. Ce sont, pour moi, aujourd'hui autant d'observations incertx sedis, mais non inutiles.

Ils peuvent figurer, à un autre titre, dans ma récapitulation numérique de faits parce qu'ils sont, presque exclusivement, les premiers faits de ma clientèle privée et que, comme tels, je suis sûr au moins qu'ils étaient — comme ont été, depuis, ceux que j'ai notés avec le plus de soin — l'objet d'une anesthésie des plus réservées. Car, ainsi que je l'ai déjà dit, j'ai toujours été, en anesthésie, obsédé d'une certaine préoccupalion timorée, dont je ne tiens nullement à me défaire même aujourd'hui, tant elle me paraît devoir être, ici comme ailleurs, la première garantie de la sagesse des entreprises.

Placé entre les audaces toutes magistrales deSimp-

SUR L'iVNESTIIÉSIE OBSTÉTRICALE. 145 son — dont je n'osais jamais, je l'avoue, adopter les pleines doses initiales — et la judicieuse prudence de mon maître, Paul Dubois, — dont je confesse d'avoir parfois regretté les lentes réserves, — je me contentais de viser à obtenir, vers la fin du travail, une expulsion indolore. Ce n'est que bien plus tard, après que M. Danyau eut fait connaître au public médical et m'eut particulièrement relaté en détail les faits qu'il avait observés à la Maternité, en 1854, que j'osai faire remonter, quoique bien rarement encore, l'influence anesthésique jusqu'à la période du travail où se fait l'engagement de l'œuf à travers l'orifice utérin, et là, obtenir un demi-sommeil que je ne maintenais déjà plus aussitôt que la tête de l'enfant avait pénétré dans le vagin, mais que je savais reprendre pendant qu'elle franchissait les derniers obstacles combinés de l'orifice vaginal, du périnée et de la vulve.

Cependant et à mesure qu'on avançait dans la pratique de cette anesthésie discrète et très-sauvegardée, tout en laissant prendre à l'indoloréité procurée à la femme une plus grande part en étendue et en durée, les faits d'innocuité d'une pratique similaire se multipliaient à l'infini partout, excepté en France. Ils s'accumulaient autour de nous par milliers. On était absolument étonné de voir que cette immunité des femmes parturientes contre les accidents chloroformiques était si générale. Je l'attribuais, quant à

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